On ne le dira jamais assez : le Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace est avant tout un évènement à destination des professionnels et non du grand public ou des passionnés. L’édition 2017 le prouve une fois encore. Donc oui si vous avez décidé de débourser 14 euros pour aller visiter le salon, sachez que vous ne verrez pas certaines machines visibles gratuitement par les professionnels ou supposés comme tels. Mais bon il n’y a définitivement pas de petites économies pour les grands patrons du GIFAS.

Alors certes des avions, majoritairement de collections, seront présent durant tout ce weekend alors même qu’ils étaient ailleurs pendant la semaine. Mais au final est-ce le Salon du Bourget pour lequel les gens payent ou un énième meeting aérien ? Parce que franchement si c’est pour voir les magnifiques machines de l’association Jean Baptiste Salis ou encore des Cocardes Marines est-ce que ça vaut le coup de venir sur un terrain d’aviation aussi déshumanisé qu’un aéroport d’affaire, et ce malgré tout le respect qu’on peut avoir pour le tarmac sur lequel Lindbergh posa son Spirit of Saint Louis un jour de mai 1927.

Donc oui le visiteur qui va débourser 14 euros pour lui mais aussi la même somme pour tous les membres de sa famille (sauf si parmi ces derniers certains ont la chance d’avoir moins de 7 ans) verra un salon tronqué ! Un SIAE où plusieurs acteurs majeurs du marché auront préféré plier bagage dès le vendredi soir.

D’accord la délation c’est moche ! Mais bon l’information est nécessaire. Donc le visiteur curieux ou l’aérophile convaincu doivent bien savoir que durant ces derniers samedi et dimanche de mai 2017 ils ne verront pas les machines suivantes :

  • Le prototype d’avion cargo ukrainien Antonov An-132.
  • L’avion de ligne régional européen ATR72-600.
  • Les avions de ligne canadiens Bombardier CS300 et CRJ1000.
  • Le prototype d’avion cargo brésilien Embraer KC-390.
  • L’avion d’affaire brésilien Embraer Legacy 450.
  • L’avion d’affaire américain Gulfstream G280.
  • L’avion de patrouille maritime japonais Kawasaki P-1.
  • L’avion cargo civil américain Lockheed-Martin LM-100J.
  • L’avion de ligne japonais Mitsubishi MRJ90.
  • L’avion de transport léger suisse Pilatus PC-12NG.
  • L’avion d’entraînement suisse Pilatus PC-21.
  • L’avion de ligne russe Sukhoi Superjet SSJ100.

D’ailleurs ils ne verront pas plus l’Airbus A350 aux couleurs de Qatar Airways ou encore le Dornier Do 328 présenté jusque là par la société de sous-traitance 328 Support Service GmbH.

Sans être aigri ou mauvaise langue ça fait tout de même tâche ces acteurs majeurs absents pour les journées destinées au grand public. D’autant que les contribuables auraient sûrement adoré voir ce Pilatus PC-21 qui va bientôt équiper notre Armée de l’Air autant que les passionnés auraient pu découvrir cet avion de patrouille maritime si loin de son océan Pacifique.

Alors bien sûr dans un monde idéal les dirigeants du GIFAS, et notamment son puissant patron monsieur Eric Trappier par ailleurs aussi à la tête de Dassault Aviation, auraient fait pression sur ces constructeurs et utilisateurs d’aéronefs pour qu’ils restent aussi le samedi et le dimanche. Mais bon dans ce monde idéal le Salon du Bourget ne coûterait pas aussi horriblement cher, sachant qu’à l’intérieur une simple canette de Coca flirte allègrement avec les 3 euros et que les sandwichs n’ont de gastronomique là encore que le prix !

Donc oui au risque de choquer je n’ai pas peur de dire qu’à mes yeux désormais le Salon du Bourget est devenu une foire professionnelle qui n’ose pas dire son nom et n’hésite pas à se travestir en meeting aérien pour mieux masquer l’incapacité de ses dirigeants à imposer une ligne de conduite à des constructeurs qui une fois leurs affaires finies plient bagages et rentrent à la maison. Il ne s’agirait pas de se mélanger avec ces pue-la-sueur de simples gens.

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Arnaud

Passionné d’aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j’essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d’accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

12 COMMENTAIRES

  1. Je suis tout à fait d’accord! Je viens au salon depuis que je sais marcher et en effet, lorsqu’on a la chance de visiter le salon en milieu de semaine, on a bien plus de chance de rencontrer les pilotes, les ingénieurs, les appareils! On peut facilement accéder aux cockpits, rentrer dans les soutes d’appareils tels le chinook ou encore l’hercule destiné à la surveillance des phénomènes météorologiques (Bourget 2015). Ce qu’il est presque impossible de faire lors des journées « Grand Public ». Ayant été en déplacement toute la semaine, je vais me contenter; cette année, de contempler les files d’attente…. Mais je suis un passionné, donc je ne veux pas rater le BOURGET 2017 🙂

  2. J’y étais avec ma fille le samedi, une mascarade… J’escomptais une mouture semblable à 2015, mais là on était fort loin du compte.
    En plus des grands absents annoncés par l’article, l’EF 2000 n’était pas à son point statique (panneau et maquettes de missiles étaient eux en place), le F35 non plus n’était pas visible en expo statique, et la distance aux aéronefs américains avait été doublée, avec impossibilité de surcroit d’entrer sur le stand et les approcher comme les fois précédentes, à l’instar des dires d’Ivan (2015 notamment avait été un grand cru de convivialité).

    Seul intérêt, grosso modo : les warbirds (dont un Hurricane aux couleurs de la bataille de France, et les vols des Rafale / PAF / F35 et quelques autres, autant dire cher payé. Ok la journée a été dépaysante, on a vu des avions / hélicos, mais même pour son premier « meeting » ma petite a été passablement déçue, c’est dire.

  3. C’est vrai que le salon du Bourget est décevant pour les amateurs de meetings aériens…
    Mais beaucoup moins pour les professionnels de l’industrie qui peuvent découvrir de nombreuses innovations techniques dans les allées des stands !

    Petite correction : ce n’est pas un A-350 que Qatar Airways exposait mais un Boeing 777, le 1er équipé du nouveau siège QSuite de Première classe et Classe Affaires.

  4. Je confirme, pour un vrai passionné le Salon n’a plus aucun intérêt. J’y suis allé ce dimanche, car je voulais voir le F-35.
    Déception, pas visible au statique uniquement en vol (bon ok, ça envoi du lourd) mais franchement pour le voir 5 mn…
    Toujours un plaisir de voir le Rafale Solo Display, la Patrouille de France mais uniquement en présentation « ruban » (la aussi déception) et la simulation Tigre/Caïman sans parler de l’A380, mais c’est bien peu par rapport à ce que j’ai connu dans les années 80 et 90.
    Bref, après ma dernière visite en 2013, je voulais voir ce que cela donnait et une nouvelle fois déçu. Mieux vaut privilégier les Meeting National de l’Air.

  5. Arnaud, passionné d’aéronautique, qui publie des articles sur un site d’aviation, découvre que le Bourget est avant tout un salon professionnel !!!
    Je vous félicite vous faites des progrès !!!

    • Merci pour vos félicitation François, elles me vont droit au cœur. C’est cool d’avoir la reconnaissance d’un expert en la matière.

  6. Je trouve que depuis qu’il y a eu la crise économique de 2008, le Bourget c’est considérablement dégradé, On dirait que celle-ci est resté et qu’on y ai toujours. Je me souviens de l’édition 2007 dont c’était ma première (j’avais 14 ans) et j’ai suivie la lente descente au enfer au file des éditions.
    Je trouve que c’est juste un bon moyen de rencontrer nos connaissances du milieu aéronautique et de voir quelques nouveautés. Je pense que pour profiter un minimum du salon, il faut connaitre des employés du milieu pour accéder au accès VIP avoir les privilèges des stands.

    Ps: Le vendredi, quasiment personne ne s’intéressait au P-8 Poséidon, pourtant quand j’ai expliqué à un groupe de jeune ingénieur aéronautique que j’accompagnais, les quelques capacités dont il est dotés, ils étaient un peu bouche bée.

    • En fait votre anecdote sur le P-8 Poseidon est symptomatique de cette nouvelle génération d’avions patmar qui ressemblent bien plus à des avions de ligne que leur prédécesseur. Et ce même si le Lockheed P-3 Orion et/ou l’Ilyushin Il-38 sont eux aussi issus d’avions civils.
      En gros malgré toutes ses capacités le Boeing P-8 n’est pas assez sexy !

  7. Je n’y suis allé qu’une fois et j’ai eu la même réflexion et il vaut mieux aller à la ferté-allais , de plus on ne voit quasiment pas les avions décoller, par contre et personne n’en parle, lorsqu’on est amoureux de belle mécanique, c’est de visiter les stands des sous-traitants et là vous en prenez plein les yeux : trains d’atterrissage, pièces de réacteurs, ou encore parties de carénage usinées dans la masse et j’en passe. bref de véritables œuvres d’arts et d’ingénierie à voir absolument et seulement au Bourget.

  8. « Je trouve que depuis qu’il y a eu la crise économique de 2008, le Bourget c’est considérablement dégradé, » Je vous rejoins.
    Ce n’est plus effectivement qu’un salon professionnel, et d’ailleurs, le week-end semble attirer moins de monde qu’avant. C’est sans doute voulu par les organisateurs. Est-ce condamnable ? Je comprends la déception des fans, et pour eux, mieux vaut un meeting de l’air, la Ferté Allais ou Farnborough. Mais ce n’est pas le seul salon réservé aux pros. Dans d’autres domaines, un SIAL ou un Salon Maison & Objet sont aussi réservés aux pros et tous les fans de cuisine ou de déco aimeraient y aller.

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