Un hélicoptère jaune et rouge qui fend l’air dans le ciel bleu parisien. Au sol des sapeurs-pompiers en tenue rouge qui l’attendent, c’est presque devenu dans la capitale une image d’Épinal. Sauf que finalement ils ne l’attendent que rarement depuis le plancher des vaches.
Pour ses opérations de sauvetage les plus délicates la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris peut compter sur une poignée d’hommes et de femmes triés sur le volet, tous aguerris aux opérations héliportés grâce à une véritable complicité avec les équipages des deux Dragon 75 : le GRIMP.

Focus sur ce drôle de binôme qui de manière quasi quotidienne intervient partout où la BSPP a besoin de lui.

« Grimpeurs » sous le Dragon75.
Pour beaucoup de Français, et les Parisiens n’y font pas exception, l’hélicoptère de sauvetage est encore un moyen de secours rare car onéreux. C’est vrai et faux à la fois. Si l’heure de vol sur Eurocopter EC145 demeure d’un coût financier assez élevé il est très vite amorti par la qualité du service rendu. Qu’il s’agisse d’évacuer vers un hôpital adapté un blessé, un grand brûlé, ou un malade, ou bien encore assurez un sauvetage périlleux l’hélicoptère demeure un outil de premier choix.

Et ça les hommes et les femmes du GRIMP l’ont bien compris, ainsi que l’état-major de la BSPP. C’est la raison pour laquelle ces sapeurs-pompiers d’élite s’entraînent très fréquemment avec les pilotes et mécanos de la Sécurité Civile et leurs biturbines. Hélitreuillage, descente sur corde lisse, dépose sur le toit d’immeubles de grande hauteur (ou IGH) ou encore travail en hauteur le Dragon 75 permet d’aller là où aucune échelle automatique ne peut aller, pas même les pourtant puissants camions bras élévateurs articulés.

Mais au fait c’est quoi le GRIMP ? Sous cet acronyme se cache le Groupe de Reconnaissance et d’Intervention en Milieu Périlleux. Basé en banlieue parisienne il peut intervenir dans n’importe quelle partie du secteur défendu par la BSPP, à savoir Paris intramuros et ses trois départements limitrophes que sont les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, et le Val-de-Marne. La mission première du GRIMP est le RSMU, à savoir la recherche et le sauvetage en milieu urbain. Il faut dire que si les zones rurales et semi-rurales existent sur le ressort de la BSPP, elles ne sont pas fréquentes. Ses membres sont naturellement surnommés des «grimpeurs».

Le GRIMP assiste l’équipage du Dragon 75 dans l’hélitreuillage d’une victime.
Il est important de se souvenir que quelques soit le département où il intervient l’hélicoptère de la sécurité civile conserve son indicatif radio de Dragon 75. Même au-dessus de l’aéroport du Bourget, du port de Gennevilliers, du quartier d’affaire de la Défense ou encore du château de Vincennes le Dragon 75 reste le Dragon 75.

Pour les Parisiens (au sens large du terme) l’arrivée du Dragon 75 avec à son bord les sapeurs-pompiers du GRIMP est souvent synonyme d’intervention à haut risque. C’est là encore vrai et faux. Bien entendu ces sauveteurs de l’extrême véhiculent une image d’élite largement méritée. Assistés de l’hélicoptère jaune et rouge ils peuvent parfaitement descendre par le treuil dans un puit ou encore aller démonter une antenne GSM au sommet d’un mât. Mais ce n’est là qu’une petite partie des missions du duo Dragon 75 / GRIMP. Et l’évacuation sanitaire est une composante importante de cette charge de travail. La technicité des personnels du GRIMP, allié au professionnalisme des pilotes et mécanos du Dragon 75 leur permet d’héliporter à bord des victimes d’accidents de la route, mais aussi des victimes de malaises ne pouvant pas être extraits de chez eux autrement que par les airs, à l’exemple notamment des personnes souffrants d’obésité morbide.

Pour autant les hommes et les femmes du GRIMP savent s’affranchir du Dragon 75 dans leurs déplacements. Ils possèdent également leur propre flotte de véhicules spécialement adaptés à leurs missions. Un des exercices les plus impressionnants auxquels les Parisiens peuvent parfois assister concerne le Dragon 75 avec une autre composante des pompiers de Paris : les SIS pour spécialistes en intervention subaquatique. Voir ces plongeurs se jeter dans la Seine depuis le patin du biturbine est un spectacle saisissant !

Ce court sujet a aussi pour but de rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui de manière très fréquente mettent leur vie en danger au profit des millions d’habitants et de touristes de Paris et de sa région. Plus que jamais la Ville Lumière doit beaucoup à ces anges gardiens volants. Merci donc au GRIMP et aux équipages des Dragon 75.

Photos © Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

2 COMMENTAIRES

    • En fait oui et non. Beaucoup de SDIS (services départementaux d’incendie et de secours) disposent de structures type GRIMP mais peu sont aussi étroitement liés aux équipes Dragon. Mais en effet il est envisageable un jour de faire un article pour affiner cela.

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