Les histoires de Super Puma c’est un peu l’inverse des histoires de Toto : pas franchement drôles et assez compliquées. Au gré des modifications de raisons sociales et d’adaptation aux marchés la famille des Super Puma a beaucoup évolué. À tel point même qu’il en devient très compliqué d’y voir correctement dans cette série entre ce qui est un hélicoptère civil d’un hélicoptère militaire. D’où l’idée de ce petit sujet qui devrait vous permettre d’y voir un peu plus clair !

Car même pour les passionnés de voilures tournantes comme moi il faut avouer qu’il y a de quoi y perdre son latin. À l’origine de cette famille donc il y a l’AS.332 Super Puma conçu par Aérospatiale comme une version civile et parapublique agrandie et très modernisée du SA.330 Puma. De cet hélicoptère le constructeur Eurocopter (né de la fusion d’Aérospatiale et de MBB) a tiré une version militaire désignée AS.532 Cougar. Bon je pense que jusque là tout le monde suit !

Par la suite apparait l’EC725 Caracal une version encore plus spécialisée du Cougar et notamment destinée aux opérations spéciales et aux missions de recherches et sauvetages en mer et/ou au combat. Dans le même temps Eurocopter décide de débaptiser son AS.332 pour en faire un EC225 afin de la rendre compatible commercialement avec le Caracal. L’EC225 demeurant bien entendu sous le nom générique de Super Puma.

Sauf qu’apparait Airbus Helicopters, et là tout se gâte. En fait au départ il ne s’agit que d’un changement de raison sociale pour le constructeur totalement intégré dans le groupe aéronautique européen Airbus. Du coup nouveau changement de désignations. L’EC225 et l’EC725 deviennent respectivement H225 et H225M (le M signifiant militaire) tout en conservant leur désignation de Super Puma et Caracal. Si Airbus Helicopters s’était arrêté là on en aurait déjà été bien content.

Sauf que pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est sûrement ce qu’ont du se dirent les dirigeants de l’hélicoptériste européen. Car non content de leurs H225 et H225M ils nous ont rajoutés les H215 et H215M. De nouvelles machines dans la famille ? Que nenni, les ingénieurs ont juste voulu compliquer la chose. Le H225 est basé sur l’ancien AS.332L, la version longue du Super Puma. De son côté le H215 est lui basé sur l’ex AS.332C, la version courte du Super Puma.
Donc les H215 et H215M devraient avoir un nouveau nom ? Ou pas.
En fait ils s’appellent tout deux Super Puma.

Du coup aujourd’hui dans le catalogue d’Airbus Helicopters vous avez trois aéronefs différents qui s’appellent Super Puma, les H215 et H225 civils et donc ce H215M militaire. Bon en étant tout à fait honnête il faut reconnaitre que parfois les communicants du constructeur appellent ce dernier Cougar mais ce n’est nullement son patronyme officiel.

Maintenant vous en savez un peu plus sur comment différencier un Super Puma d’un autre Super Puma. Attention je ne dis pas que vous allez pouvoir vous en sortir au premier coup d’œil venu, juste que vous en savez un peu plus !

Photo © Força Aérea Brasileira.

3 COMMENTAIRES

  1. Le responsable des Relations Presse d’Airbus Helicopters souhaite apporter ces quelques précisions, que vous prendrez comme telle :

    « Remarque liminaire : le terme « Super Puma » ne désigne pas un appareil mais bien une famille d’hélicoptères, qui pour certains ne sont plus en production. Cette famille inclut l’AS332 et toutes ses variantes civiles et militaire (dont le H215 et le H215M), ainsi que le H225 (anciennement EC225) et sa variante militaire H225M.

    1 « Dans le même temps Eurocopter décide de débaptiser son AS.332 pour en faire un EC225 afin de la rendre compatible commercialement avec le Caracal. »
    – Pas sûr de comprendre le sens de votre phrase – l’AS332 n’a jamais été « débaptisé ». L’appellation EC225 (aujourd’hui H225) a été appliquée à un nouvel appareil, certifié en 2004, qui diffère notamment de l’AS332 par une masse maximale significativement augmentée (11t vs 9t)

    2 « L’EC225 et l’EC725 deviennent respectivement H225 et H225M (le M signifiant militaire) tout en conservant leur désignation de Super Puma et Caracal »
    – L’appellation Super Puma n’a jamais été propre au H225 : comme expliqué plus haut, c’est le nom apporté à une famille d’appareils et non une variante particulière.
    – La désignation Caracal n’a pas été choisie par Airbus mais par l’armée de l’Air pour nommer ses H225M.

    3 « Car non content de leurs H225 et H225M ils nous ont rajoutés les H215 et H215M. De nouvelles machines dans la famille ? Que nenni, les ingénieurs ont juste voulu compliquer la chose. Le H225 est basé sur l’ancien AS.332L, la version longue du Super Puma. De son côté le H215 est lui basé sur l’ex AS.332C, la version courte du Super Puma. Donc les H215 et H215M devraient avoir un nouveau nom ? Ou pas. En fait ils s’appellent tout deux Super Puma. »

    C’est là que votre article se gâte. Dans l’ordre :
    – L’appellation H215 a en effet été introduite récemment par Airbus pour désigner l’AS332C1e/L1e, certifié en 2013 et actuellement en production. Pour faire court, il s’agit de la dernière évolution en date de la famille AS332, qui dispose notamment d’une avionique de dernière génération dérivée de celle du H225/H225M. Cette désignation ne s’applique pas aux anciennes variantes de l’AS332, certes toujours en service mais plus en production.
    – L’appellation H215 n’a rien à voir avec la version « fuselage long » ou « fuselage court » de l’appareil : elle couvre les deux variantes, l’une étant plus adaptée aux opérations de travail aérien et l’autre à vocation multirôle. Les deux sont disponibles en version militaire H215M.
    – Enfin, l’appellation Super Puma n’est pas propre au H215 ou H215M (pas plus qu’elle ne l’est au H225) : encore une fois, elle sert à désigner cette famille d’appareils, dont seuls le H215 et le H225 sont aujourd’hui en production.

    • On remarquera que là où mon article voulait simplifier et donc vulgariser les gens de chez Airbus Helicopters tiennent absolument à complexifier la chose. En même temps c’est leur business, je peux comprendre que ces gens là réfléchissent avec leur porte-feuille et n’en aient rien à cirer des passionnés d’aéronautique.
      Dont acte.

  2. Cher Arnaud,

    N’y voir aucune démarche mercantile, problème de portefeuille ou autre, mais simplement une volonté de rétablir l’exactitude des faits. Quant à la complexité du sujet, laissons vos lecteurs en juger, il me semble au contraire que la réalité est plus simple que celle décrite dans votre article… Quoiqu’il en soit, je suis à votre entière disposition pour en débattre ! 🙂

    Bien cordialement,

    Guillaume Steuer (passionné d’aéronautique par ailleurs !)

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