C’est une opération de très grande envergure que les forces armées et aériennes brésiliennes ont lancé ce vendredi 28 juillet 2017. Environ 8500 militaires, appuyés par 1500 policiers fédéraux, et couverts dans les airs par des hélicoptères de la Força Aérea Brasileira ont reçu l’ordre de prendre le contrôle de Rio de Janeiro et de ses faubourgs. À peine un an après que la ville ait reçu les Jeux Olympiques d’Été cette opération a de quoi surprendre.

D’ailleurs c’est justement la stupéfaction qui s’est d’abord emparée des nombreux touristes étrangers présents dans la ville des cariocas. Beaucoup ont d’ailleurs cru dans un premier temps à une parade aérienne ou bien à un exercice. Puis les rumeurs les plus folles ont couru sur les réseaux sociaux parlant d’un coup d’état militaire. Il n’en est rien puisque cette opération militaire a été décidé au plus haut niveau de l’état brésilien par son président lui-même, monsieur Michel Temer. Il a donné son aval à l’emploi des forces armées.

Et on ne peut pas dire que les généraux brésiliens y soient allés avec le dos de la cuillère. Des hélicoptères Eurocopter CH-34 Super Puma et Sikorsky UH-60L Blackhawk ont survolé en rase-motte certaines des favelas les plus dangereuses de la ville pour y déposer des membres des forces spéciales ainsi que des commandos de la police fédérale. À noter qu’il semble bien que les gundoors étaient en place sur certains de ces hélicoptères.

Outre les appareils de la police des Eurocopter UH-50 Esquilo ont aussi sillonné l’espace aérien de la ville toute la journée. Ces hélicoptères légers ont notamment déposé des personnels sur des points clefs du dispositif militaire.

On ignore le temps que durera cette opération de grande envergure mais les grands médias brésiliens insistent sur le fait qu’elle ne concerne nullement les quartiers touristiques de la ville, ni même les plages huppées. En fait clairement les forces de l’ordre et les militaires visent les quartiers très populaires où ont proliféré au cours des années une délinquance et une criminalité sans commune mesure avec ce que nous connaissons en Europe occidentale. Rien qu’au cours des deux mois passés près de cent policiers et militaires ont été assassinés à Rio de Janeiro.

Il n’empêche qu’un tel déploiement de moyens militaires, notamment aériens, a de quoi surprendre au sein d’un état de droit comme le Brésil. Certains médias indépendants locaux n’hésitent pas à dire qu’il s’agit aussi d’un contre-feu allumé par le pouvoir pour faire oublier les affaires de corruptions qui pourrissent la vie publique brésilienne. L’armée et l’aviation seraient donc instrumentalisées par la présidence brésilienne ? Chacun se fera son idée.

Photos © Força Aérea Brasileira.

 

9 COMMENTAIRES

  1. Arnaud j’ai une question: est-ce que l’utilisation d’appareils militaires pour appuyer une opération anti-criminalité serait possible en France?

    Merci d’avance,

    • Oui et non.
      Oui si on considère uniquement les hélicoptères de la Gendarmerie Nationale qui furent notamment employés lors des vagues d’émeutes urbaines survenues à l’automne 2005 suite à la mort tragique de deux adolescents qui tentaient d’échapper à un contrôle de police. Là les appareils bleus et blancs furent utilisés pour guider avec leurs phares les gendarmes mobiles, les CRS, et les BAC.
      Et donc aussi non car à ma connaissance c’est constitutionnellement impossible, dans l’état actuel de l’état de droit français. Même les Fennec MASA ne sont pas employés comme tels !

  2. Pas possible ?
    Toujours est-il que les PUMA de l’AA transportaient les Gendarmes Mobiles sur les points chauds lors des conflits avec ( contre ) les routiers en 1991 ou 1992 .
    Certes sans « Gundoor »

    • C’est la première fois que j’en entends parler, mais oui pourquoi pas. A ma connaissance pourtant la dernière fois que des moyens de l’Armée de l’Air avaient été employé pour maintenir l’ordre c’est durant la guerre d’Algérie contre les résistants du FLN.
      Merci pour cette info.

      • Des Puma de l’ALAT ont été utilisés lors de la prise d’otages d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie en 1988 pour acheminer des hommes de divers éléments de la gendarmerie et armée de terre.

        • L’affaire d’Ouvéa est presque un cas d’école puisque ce sont des gendarmes pris en otage par des résistants indépendantistes.

  3. Bonsoir je viens seulement de lire cet article. Les gendarmes du gign et du raid bénéficient du soutien aérien de l AA et/où de l ALAT lors de la nécessité d’un transport urgent et tactique (cf traque des frères ka… lors des attentats).

    • Certes Nicorry mais si vous relisez bien l’article vous verrez qu’à Rio le propos est lié à des affaires de criminalité et non de terrorisme. Lorsque les gendarmes du GIGN ou leurs collègues policiers du RAID et de la BRI ont recours aux hélicoptères militaires du GIH c’est dans le cadre d’opérations anti-terroristes, et exclusivement comme telles. Le législateur en France, pour protéger l’état de droit, a décidé au lendemain de la guerre d’Algérie de restreindre l’action des aéronefs militaires à des missions ponctuelles très limitées dans le temps (types visite papale, sommets de l’OTAN, du G7, du G20,…) ou bien au soutien à l’action anti-terroriste.
      C’est pour donc pour cela que lors d’émeutes urbaines comme la France en a connu en novembre 2005 on ne peut avoir recours aux hélicoptères de l’Armée de l’Air ou de l’ALAT. Vous n’allez pas envoyer des Puma contre des ados qui jettent des pierres ou des boules de pétanque, un EC135 et/ou un EC145 de la Gendarmerie Nationale suffisent largement.
      L’aspect « nécessité de transport urgent » n’existe pas en fait, le conseil constitutionnel est très clair là-dessus.

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