Voilà un accident qui va relancer en Inde les polémiques autour de l’entretien des avions. Ce jeudi 6 juillet 2017 un monoréacteur MiG-23UB Flogger appartenant à l’Indian Air Force s’est écrasé dans le nord-ouest du pays, le pilote instructeur et son élève ayant eu le temps de s’éjecter. L’avion réalisait une mission d’entraînement avancé.

En fait la quinzaine de MiG-23UB Flogger encore en dotation dans les rangs de l’aviation indienne ne réalise plus que des missions de transformation opérationnelle au profit des futurs pilotes d’avions d’attaque MiG-27ML Flogger. Ces avions sont hors d’âge et bénéficie d’une règlementation particulière en Inde où ils n’ont pas le droit de voler de nuit ni même de survoler des zones trop densément peuplée.
En fait plusieurs parlementaires indiens ont demandé depuis des années le retrait du service de ces avions jugés dépassés, beaucoup trop bruyants, et difficile d’entretien du fait des carences en pièces détachés.

Pourtant les Indiens sont obligés de les conserver, l’avion d’attaque et d’appui aérien MiG-27 Flogger ne possédant pas de version biplace, et aucun simulateur de vol n’existant pour cette machine d’ancienne génération. C’est donc un cercle vicieux. Car les MiG-23UB n’en sont pas à leur premier accident majeur. Déjà en octobre 2016 le réacteur d’un d’entre eux avait pris feu au décollage obligeant l’instructeur à aller échouer son avion sur le côté du tarmac. Après réparations le Flogger avait repris du service.
Même s’il fut dans les années 1970-1980 un des meilleurs avions de combat au monde le MiG-23 est désormais donc un appareil obsolète dans la majorité des pays utilisateurs.

Or l’Inde n’a pas besoin de cela pour déjà être l’un des champions du monde des crashs aériens parmi les grandes forces aériennes de la planète. Et tout y passe, des avions les plus modernes à ceux ayant déjà fait leurs preuves depuis des décennies.

Le crash de ce MiG-23UB s’est déroulé en lisière d’un village au Rajasthan. Les deux membres d’équipage ont donc pu actionner leur siège éjectable, seul l’élève souffre de quelques contusions légères. Il a été conduit dans un hôpital local et en est ressorti quelques heures plus tard. L’avion quand à lui a été pulvérisé à l’impact, seul le réacteur semble avoir «survécu» au choc et à l’incendie qui s’en est suivi.

Les quelques restes de l’avion incriminé.

Une enquête a été confiée aux militaires indiens qui d’ores et déjà écartent l’hypothèse d’une erreur de pilotage. Ils avance notamment comme cause une collision aviaire.
Cependant aucune annonce n’a été faite allant dans le sens d’une interdiction de vol, même provisoire, de la flotte des MiG-23UB indiens.

Photos © BBC & Indian Air Force.

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