Les carences de l’Airbus Defense & Space A400 M Atlas font de nouveau le bonheur des autres avionneurs. Cette fois-ci ce n’est pas Lockheed-Martin mais l’avionneur polonais PZL-Mielec qui tire profit du mécontentement d’un client de l’avion européen. Le ministère allemand de la défense a annoncé son intention d’acquérir en leasing deux avions de transport léger M28 Skytruck pour des missions de formation et d’entraînement de ses troupes aéroportées. Cette mission était normalement dévolue aux quadrimoteurs à turbopropulsion du groupe Airbus.

En fait c’est l’incapacité de l’avion européen à réaliser en toutes sécurités des parachutages par porte latérale qui a conduit la Luftwaffe a cette décision. Comme dans le cas de l’Armée de l’Air elle ne peut pas employer ad-vitam ses Transall C.160D hors d’âge pour ce type de mission et a du se résoudre à trouver une alternative. Le PZL-Mielec M28 Skytruck est donc une sorte de pis-aller pour les aviateurs allemands, qui à l’instar de leurs collègues français ont eux-aussi récemment fait le choix de pallier les défaut de l’A400M au travers de son concurrent américain le C-130J Super Hercules.

Le PZL-Mielec M28 Skytruck est un petit bimoteur à turbopropulsion conçu en Pologne au début des années 1990 autour de la structure de l’Antonov An-28 soviétique mais doté d’une motorisation et d’une avionique occidentales. Développé aussi bien pour des missions logistiques que pour la patrouille côtière il a su séduire plusieurs clients militaires en dehors de la Pologne dont la puissante US Air Force qui l’utilise sous la désignation de C-145A. Cinq des seize avions acquis en 2008 volent encore au profit des forces spéciales américaines, les autres sont actuellement remisés dans le désert de l’Arizona.

Mais pour les Allemands le rôle des M28 Skytruck sera tout autre : en dehors de l’entraînement et de la formation initiale de ses troupes parachutistes ces avions réaliseront des missions de soutien opérationnel intérieur. C’est la raison pour laquelle ils vont être loués pour quatre ans au standard le plus simple, sans autoprotection particulière ni équipement de communication sophistiqué. Depuis le retrait du service de ses Let L-410 la Luftwaffe ne possédait plus d’avion de transport léger dans ses rangs.

Photo © Wikimédia Commons.

5 COMMENTAIRES

  1. Il est dommage que la France et l’Allemagne ne coordonnent pas d’avantage leurs achats de matériel. Les besoins ne sont pourtant pas si différents.

    • Pour autant nos deux aviations n’ont pas les mêmes objectifs. L’Armée de l’Air est bien plus dans la projection, comme la RAF par exemple, que la Luftwaffe.

      • C’est vrai, mais l’achat est une chose et l’emploi est une autre. S’il est vrai que les allemands, contrairement à la France, rechignent à projeter leurs forces, le matériel reste le même. A400M, NH90, Tigre, C-130J. Et le rafale pourrait parfaitement satisfaire les exigences de la Luftwaffe. Peut-être un besoin moindre de ravitailleurs pour l’Allemagne. Certes il est vrai aussi que les deux pays font des efforts dans ce sens : Formation commune pour le personnel affecté aux Tigres et l’A400M, mise en commun des C-130j récemment commandés. Je pense que cette coopération devrait être systématique. Que la commande de tout matériel devrait être systématiquement binationale.

  2. Les C-130J commandés par la France et l’Allemagne vont entrer en fonction au moment où l’A400M devrait avoir réglé ses défauts de jeunesse (capacité de ravitailler des hélicos en prolongeant le tuyau de ravitaillement, possibilité de larguer des parachutistes par les portes latérales en prolongeant les sangles de déclanchement des parachutes, et autodéfense enfin opérationnelle)
    Par ailleurs, seulement deux des quatre Super Hercules commandés par la France bénéficieront des capacités de ravitaillement.
    Aussi, au vue de ses deux éléments, on peut se demander si cette achat à réellement pour but de palier les lacunes de l’Atlas, ou s’il est n’est pas plutôt destiné à combler le trou capacitaire entre le « petit » Casa et le « gros » Atlas, causé par le retrait du Transall ?
    En dépit de son extrême polyvalence, l’A400M, seul avion de transport militaire se voulant à la fois tactique et stratégique, pourra-t-il réellement remplir l’ensemble du spectre des missions de transport ?
    Imagine-t-on, par exemple un posé d’assaut de parachutistes, en milieu hostile, avec la discrétion que cela exige, en « gros » A400M ?
    C’est une question que je pose et non un avis que je donne …

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