Faire en sorte de distinguer un Boeing 747-200 d’un autre Boeing 747-200 tient souvent du défi que seuls nos amis spotters sont réellement capables de relever ! Pourtant avec ses quatre réacteurs Pratt & Whitney TF33 couplés deux par deux et ses réservoirs sous voilures le 747-200 immatriculé G-BDXJ ne passe vraiment pas inaperçu. Seul point négatif : il n’a jamais volé dans cette configuration.

Gros plan sur les réacteurs du 747-200 G-BDXJ.
Et pour cause, c’est un avion fictif. Si la structure du 747 est bien réelle, les réacteurs TF33-P3 bien ceux d’un ancien Boeing B-52H Stratofortress de l’US Air Force, et l’immatriculation civile britannique exacte et valide ça n’en reste pas moins un avion statique qui ne volera plus jamais.

Pourtant je suis sûr et certain qu’à la lecture de ces lignes et aux vues des photos de l’avion beaucoup se disent qu’ils le connaissent. Et pour cause, c’est une vedette de cinéma et de télévision. Imaginez donc il a été sauvé d’une destruction par l’agent secret numéro 1 des services britanniques. Mais il a également réussi à éviter d’être déchiqueté par un dinosaure grâce à la dextérité d’un pilote d’hélicoptère et de son McDonnell Douglas MD-500E.

Vous l’aurez sans doute compris ce Boeing 747-200 est en fait le fameux Skyfleet 570 du film «Casino Royal», le 21ème James Bond avec l’acteur britannique Daniel Craig. Repeint, certains diront même maquillé, l’avion a été au centre d’une époustouflante scène d’action où 007 sauve une fois de plus la partie.
Mais alors pourquoi un dinosaure ? Y a pas de créatures préhistoriques dans James Bond.

En effet 007 n’a jamais affronté d’animal de ce genre, des requins oui, des dinos non. L’équipe de l’ARC (pour Anomaly Research Centre) par contre très fréquemment. Il s’agit bien entendu de la série de science-fiction britannique Primeval, aussi connue sous le titre «Les Portes du temps» en France et «Primitif» au Québec. Dans l’un des épisodes de la saison 4 un Giganotosaurus, un genre de très très gros T-Rex, s’échappe d’une anomalie et sème la panique et la mort sur un aérodrome britannique. Jusqu’à bien sûr que les héros interviennent et le renvoient sain et sauf à son époque, appâté par un hélicoptère ! Sauf qu’entre temps le Giganotosaurus avait découvert le 747-200 G-BDXJ et comptait bien faire de ses membres d’équipage son petit-déjeuner.
Pour une série télé les effets spéciaux numériques sont vraiment bluffants !

Et en fait l’avion continue d’apparaître parfois à la télé, au second plan d’une des émissions les plus regardées de la BBC, la télévision publique britannique : Top Gear ! Le célèbre programme automobile utilise en effet le tarmac de l’aérodrome de Dunsfold (une ancienne base aérienne canadienne de la Seconde Guerre mondiale) dans le sud de l’Angleterre comme piste d’essais et de courses pour ses bolides… et ses voitures économiques. Et c’est sur cet aérodrome qu’est remisé le 747-200 G-BDXJ.
C’est notamment là que le trio Richard Hammond, James May, et Jeremy Clarkson démolissait allègrement des tas de véhicules neufs dont certains valant quelques centaines de milliers de livres sterling. La production a fait économies après le renvoie de Clarkson en 2015 et la démission de ses deux acolytes dans la foulée. La nouvelle mouture de l’émission est d’ailleurs nettement moins délirante et beaucoup plus plan-plan.
On dirait presque Turbo, l’émission soporifique de M6. C’est dire si ça ne donne plus envie !

Objectivement, il a de la gueule ce G-BDXJ ! Remarquez le Douglas C-47 à l’arrière-plan.
Au départ c’est un véritable Boeing 747-200 de ligne, ayant volé sous la livrée de British Airways entre mars 1979 et mars 2002 sous le nom de baptême de City of Birmingham. C’est en 2005 qu’il est racheté et transformé par son actuel propriétaire Aces High Ltd qui en fait l’avion que l’on connait aujourd’hui. Cette entreprise loue l’avion aux différentes productions qui en font la demande.
L’avion apparait parfois sous l’immatriculation américaine N88892, parfaitement fictive celle-ci.

Alors reverra t-on un jour ce Boeing 747-200 voler ? Peu de chance, et aucune dans sa configuration actuelle. Les quatre réacteurs ne sont même pas branchés électriquement au reste du quadriréacteur. En gros c’est une jolie coque de noix.
La BBC et les studios de cinéma peuvent donc encore l’utiliser pendant des années et des années !

Photos © BBC.

 

9 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    Juste une question de béotien néophyte, cette configuration avec 2 réacteurs accolés ,aurait-elle des avantages par rapport à quatre réacteurs séparés ?

    Bonne journée
    Alain

    • Aucun intérêt, si ce n’est de le faire passer pour autre chose qu’un 747-200 lambda. Je pensais que c’était clair dans l’article. 🙂

      • Arnaud,
        J’ai bien compris que ce 747 de fantaisie ne volera jamais, mais je me disais que structurellement parlant, placer des réacteurs aussi loin du fuselage devait compliquer le design des ailes.

  2. Alain,
    coller les réacteurs les uns aux autres, peut présenter l’avantage de réduire la trainée aérodynamique, mais en cas d’incendie augmente grandement le risque de propagation des flammes d’un réacteur à l’autre.
    C’est pourquoi dans l’aviation civile, on sépare les moteurs les uns des autres, et c’est également pour cette raison qu’on les sépare du fuselage et des ailes.
    Mais n’oublions pas que les B-52 est muni de deux paires de réacteurs sous chaque ailes, soit six réacteurs en tout.

    • Bon visiblement c’est pas clair pour tout le monde : c’est un avion de cinéma qui ne vole pas. Il a été modifié pour ne pas ressembler à un Boeing 747-200 classique. Vous n’avez pas vu le James Bond où il apparait visiblement.

  3. Et techniquement parlant, je ne pense pas que ces quatres turboreacteurs puissent réellement équiper un 747, il serait sous motorisé. Les 8 TF33-P3 du B-52 équipent aussi le Boeing 707 au nombre de trois qui est un avion beaucoup moins imposant que le 747.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom