C’est fort discrètement que l’Aeronautica Militare Italiana a dit adieu à un de ses plus fidèles serviteurs. Ce jeudi 21 septembre 2017 l’aviation italienne a retiré du service ses derniers avions de patrouille maritime Breguet Atlantic, des bimoteurs à turbopropulsion en service là-bas depuis quarante-cinq ans. Ils avaient la particularité d’appartenir à l’aviation mais de voler pour le compte de l’aéronavale !

En fait l’Italie était jusque là le dernier pays à encore faire voler des Breguet Br.1150 Atlantic. L’Allemagne, le Pakistan, et les Pays-Bas avaient retiré du service les leurs depuis plusieurs années. De son côté la France emploie en fait des Dassault ATL-2 Atlantique, une version modernisée et très efficacement améliorée.

Avec sa capacité à tenir les airs durant près de 18 heures, en emportant une charge de combat d’environ 2500kg les Atlantic de l’AMI permettaient de surveiller et de protéger les eaux et le littoral italiens 24/24. Depuis le début de la crise humanitaire des migrants ces avions s’étaient peu à peu muer en saints-bernards de la Méditerranée, souvent au détriment de la détection et de la pourchasse des sous-marins ennemis croisant au large de la botte.

En lieu et place des Breguet Br.1150 Atlantic l’Aeronautica Militare Italiana met désormais en ligne des P-72A. Ces derniers sont en réalité des avions de transport régionaux ATR-72 profondément modifiés et équipés aussi bien pour la reconnaissance maritime que pour la recherche et le sauvetage en mer. Par contre n’emportant pas de détecteur d’anomalie magnétique ni d’armement ces nouveaux bimoteurs à turbopropulsion sont totalement incapables de remplir la mission de guerre anti-sous-marine, une capacité que l’aviation italienne perd donc avec le retrait du service de ces derniers Atlantic.

C’est donc un mini-évènement pour toute la communauté aéronautique mondiale puisque désormais plus aucun Breguet Br.1150 Atlantic ne sert de manière opérationnelle quelque part dans le monde. Un avion qui rappelons-le avait été en son temps conçu selon un cahier des charges de l’OTAN.

Photos © Aeronautica Militare Italiana

 

24 COMMENTAIRES

  1. Du coup l’Aeronautica Militare perd complètement la capacité ASM de sa patmar (comme les britanniques avant de faire marche arrière) ou un autre avion (ou une version spécifique du p-72) reprend la mission ASM ?
    Dans le cadre de la prolifération sous-marine en méditerranée c’est peut-être pas judicieux d’abandonner la capacité (très difficile de surcroît à récupérer : facteur humain) … Ce serait quand même étonnant.

    • Léonardo propose une évolution, baptisée ATR-72ASW, avec des bouées acoustiques et des torpilles sous les ailes, Peut-être que l’armée italienne donnera suite. Mais que 6h d’autonomie pour le P-72A, c’est peu par rapport aux 18h de l’Atlantic 1.
      Si la Grande Bretagne elle même, avait un temps abandonné ses capacités d’aviation ASM, alors qu’elle possède des SNLE à protéger aux approches de leur port d’attache, alors pourquoi pas l’Italie !
      (La discrétion de l’armée italienne fut toute relative puisqu’elle a tout de même organisé une cérémonie le 21 septembre sur la base de Sigonella, reprise par l’ensemble de la presse spécialisée, ainsi qu’un vol en formation rapprochée d’un Atlantic et d’un P-72A pour les photos. Certes pas de livrée commémorative)

  2. Merci Arnaud
    Une page se tourne pour l’un des derniers avions conçus pour ses missions. Notons qu’il a la particularité de flotter, difficile d’être plus marin comme zinc!

        • Le Super Frelon flotte réellement il est amphibie d’origine comme le Sea King. S’il n’y a pas trop de vagues il ne va jamais couler.
          D’autres hélicos, comme le Super Puma peuvent être munis d’un dispositif de flottaison de secours.
          Mais l’Atlantic ne flotte pas d’avantage que tout autre avion.

        • Les capacités de flottaison réelles du Super Frelon ont toujours été une cause de débat, un peu comme celles du Mi-14 soviétique ou effectivement du SH-3 américain. Il flotte par mer calme, mais chacun sait que les mers d’huile ne sont pas si fréquentes et que ce n’est généralement pas par de telles météos que les hélicoptères se vautrent ! 😉

        • Sans rire François et Dutertre je croyais qu’on avait sifflé la fin de la récré. Alors chacun dans son coin avant que ça ne dégénère. Merci messieurs.

      • Oui James l’A320 qui a amerri en catastrophe sur l’Hudson à New-York flottait également ! Et pas moins bien que l’Atlantic de votre photo apparament ! Vous prenez n’importe quel avion et le posez sur l’eau, il va flotter. D’ailleurs les normes pour l’aviation civile prévoient une capacité de flottaison minimum pour tous les avions.( Je ne sais pas ce qu’il en est des avions militaires). Mais l’Atlantic n’a pas de capacité de flottaison particulière, il ne flotte pas d’avantage que tout autre aéronef.

  3. Juste pour info James, j’ai orthographié « Atlantic » donc je parlais de l’ATL1 ( langage OTAN), l’ATL2 s’écrit « Atlantique » (orthographe francisé par Mitterrand lors de la rénovation).

  4. Oui Arnaud on est d’accord même s’il est amphibie, par mer formée un hélico ça doit pas flotter très longtemps !
    A ce sujet, suite aux incidents récurrents de transmission aux quels étaient confrontés les Super Puma , il me semble que par deux fois les occupants s’en sont sorti suite à des amerrissages d’urgence d’appareils travaillant sur les chantiers offshore en mer du Nord. Au moins on sait que ça peut fonctionner !

    • Bien sûr que les sacs de flottaison ça fonctionne, et pas uniquement chez Airbus Helicopters mais aussi chez tous les autres hélicoptéristes ! En même temps c’est un système dont la fiabilité est connue depuis longtemps.

  5. Confirmation prise auprès d’un ancien de Bréguet (passé ensuite chez Dassault) et qui a travaillé sur l’avion, la capacité de flotter après un ditching faisait partie du cahier des charges de l’ATL1, l’ATL2 conserve cette capacité mais n’a pas eu à l’expérimenter jusqu’à présent

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