Sur ce coup là la célèbre compagnie aérienne à bas coût irlandaise a encore frappé fort. Coutumière des annonces chocs celle faite au début du weekend risque bien de laisser des séquelles auprès de certains de ses clients. Ryanair a en effet annoncé avoir décidé de supprimer 2000 vols commerciaux prévus jusqu’à la fin du mois d’octobre, impactant ainsi de nombreux passagers qui avaient réservés et payés leurs places. Le transporteur argue du fait que cela lui permettra d’afficher de meilleurs taux de ponctualité.

Alors bien entendu ses responsables ont immédiatement tenté de déminer la situation en annonçant que tous les passagers touchés seraient remboursés ou bien que des solutions seraient trouvées sur d’autres vols quand cela est possible. Sachant qu’en moyenne les Boeing 737 de la compagnie décollent avec un taux de remplissage avoisinant les 90% la seconde possibilité demeure très hypothétique.
Donc ce sera le remboursement.

Sauf que ce que ces chers financiers ont semble t-il omis de se souvenir c’est le cas des passagers immédiatement touché dans toute l’Europe par la décision. C’est à dire ceux qui entre vendredi et samedi avaient pris l’avion pour des raisons professionnelles et/ou touristiques et se retrouvaient littéralement le bec dans le sable sans aucun moyen de rentrer chez eux.

Il semble que ce soit surtout les vols à destination ou en provenance des petits aéroports régionaux qui sont concernés. L’exemple de ces touristes français bloqués dans l’aéroport portugais de Porto (rapporté par le journal Ouest-France) et qui devaient rejoindre Lorient alors même que Ryanair leur propose des nuitées d’hôtel ou bien un retour vers Beauvais, l’aéroport picard situé à une centaine de kilomètres au nord de Paris et à près de 500 de leur destination finale.

Ce qui choque le plus dans cette décision de Ryanair c’est qu’on a vraiment l’impression que la compagnie irlandaise prend ses clients pour des imbéciles. Elle sait très bien que si elle draine toutes les couches sociales, la grande majorité de ses clients sont des gens qui sans ses prix attractifs ne prendraient jamais l’avion et donc voyageraient moins. En gros, pour faire simple, les compagnies à bas coût sont bien souvent les transporteurs des classes les moins aisées de la population européenne. Or ce sont ces classes que le transporteur paupérise un peu plus avec ce genre de politique commerciale !

Alors bien sûr Ryanair sait très bien qu’elle n’a rien à craindre de transporteurs comme Air France, British Airways, ou Lufthansa mais par contre elle a tout à craindre de leurs filiales à bas coûts qui peuvent désormais avoir un levier pour s’attaquer à sa toute puissance.
Pas sûr au final que le jeu de la compagnie en vaille la chandelle, seul l’avenir nous le dira.

Photo © Wikimédia Commons.

5 COMMENTAIRES

  1. Dans un premier temps Rayanair a déclaré que ces annulations concernaient des vols qui n’étaient pas suffisamment ponctuels.
    La compagnie a en suite déclaré qu’elle s’était planté dans la gestion des congés de ses pilotes.
    Il se dit qu’en fait elle aurait des problèmes de recrutement de pilotes. Depuis le début de l’année 140 pilotes auraient quitté Ryanair pour rejoindre Norwegian Airlines.

    Ryanair a subi en septembre un sérieux revers de la part de la cours de justice de l’union européenne, qui a décidé que le personnel dépendait désormais du droit du travail du pays dans lequel il résidait.
    Jusque là Ryanair affirmait que le personnel dépendait du droit irlandais, sous prétexte que les avions étaient immatriculés en Irlande, alors même que le contrat de travail stipulait que l’employé devait résider à moins d’une heur de l’aéroport français par exemple.

      • Ce n’est pas la question. Une mesurette car ce n’est pas une solution a long terme. Déjà que les pilotes de Ryannair ont un rythme de travail élevé, si en plus ils se font soustraire des jours de congés, au niveau fatigue ça va commencer à être dangereux.

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