Voilà une démonstration flagrante des graves carences que la France connait encore aujourd’hui dans la mise en œuvre de l’aide humanitaire vers ses territoires ultramarins. Ce mercredi 6 septembre les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélémy ont été frappé par Irma, un ouragan de catégorie 5, causant des dégâts considérable et tuant plusieurs de nos concitoyens. Pour y remédier un pont aérien a été enclenché par les autorités depuis Paris, rendu compliqué par l’état des infrastructures sur les deux îles. En prévention de ce qui allait arriver le trafic aérien civil avait été suspendu dès mardi 5 septembre.

De mémoire d’habitants de ces deux îles mais aussi de météorologistes jamais les Antilles n’avaient été frappées dans les cent dernières années par un ouragan aussi puissant qu’Irma. On considère qu’au total entre 80 et 90% des installations de la partie française de Saint-Martin (l’autre moitié étant hollandaise) et de l’île de Saint-Barthélémy a été totalement détruit. Près de 90% des habitations sont atteintes avec des toitures arrachées, des vitres éclatés, des pans de murs effondrés, et des canalisations qui ont rompu ça et là.

À Saint-Martin l’aérogare de l’aéroport internationale, sis côté néerlandais, est totalement inutilisable tandis qu’à Saint-Barth’ l’aéroport Saint-Jean–Gustave III ne permet pas de recevoir des gros porteurs. Il est donc pour l’instant inenvisageable d’engager les Transall C.160R et Lockheed C-130H et C-130H-30 de l’Armée de l’Air, et donc à fortiori les Airbus A400M Atlas. De ce fait un seul avion-cargo militaire semble adapter aux opérations, le toujours très apprécié et hyper polyvalent Casa CN-235. Le bimoteur à turbopropulsion de transport moyen de facture espagnole est engagé pour des rotations entre Fort-de-France et la piste de Saint-Martin rendue quasi praticable par une équipe franco-néerlandaise.

En fait le gros des rotations d’aide humanitaire est réalisé grâce à des hélicoptères avec en première ligne les machines de la Marine Nationale employées depuis les frégates antillaises Ventôse et Germinale. Il s’agit de deux Eurocopter AS.565 Panther. Ceux-ci peuvent réaliser aussi bien des missions de vertrep que d’acheminement en soute, avec des médicaments, des couvertures, de la nourriture, de l’aide de première urgence. Et puis aussi les femmes et les hommes qui depuis la Guadeloupe, la Martinique, et la métropole participent à l’effort humanitaire. Ils sont désormais soutenus par des Aérospatiale SA.330 Puma de l’Armée de l’Air venus tout spécialement de Guyane et qui peuvent eux-aussi se poser là où les CN-235 ne vont pas : sur des plages, des places de ville, des stades, partout où la situation l’exige.

La prochaine étape concerne l’appareillage mardi prochain du BPC Tonnerre qui devrait rejoindre les Antilles en fin de semaine avec de l’aide humanitaire qu’on ne pourra plus vraiment considéré comme d’urgence puisque ce navire arrivera sur zone une semaine après le passage de l’ouragan Irma.

En attendant dans la nuit de ce samedi 9 à ce dimanche 10 septembre 2017 les deux îles se préparent à subir un nouveau choc : l’ouragan de catégorie 4 José et ses pluies diluviennes. De quoi rajouter de l’horreur à l’horreur, et un peu plus de travail encore aux secouristes et militaires présents dans la région.

Photo © Ministère de la défense

9 COMMENTAIRES

    • Il est vrai que de devoir louer des avions de transport stratégiques, qui plus est aux russes, qui peuvent s’avérer être des partenaires plutôt volages , alors que nous faisons parti d’une organisation partageant les capacités logistiques donc par exemple, les C17 anglais…est un peu rageant.
      Soutien et compassion maximum aux victimes et aux secouristes.

      • En fait la majorité des Antonov et Ilyushin que la France loue appartient à des transporteurs ukrainiens, ce qui nous évite tout contrat un peu tendu avec l’actuelle Russie. Et comme la France a défendu l’Ukraine au moment de l’annexion russe de la Crimée ces contrats ont une certaine assurance de pérennité. 🙂

  1. La FS Ventôse avec un AS.565 Panther et la FS Germinal avec une Alouette III SA316B.
    Bon courage à tous ces intervenants qui vont travailler dans des conditions difficiles.
    Une pensée à tous les habitants de tous l’Arc Antillais…

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