L’annonce récente faite par madame Florence Parly, actuelle ministre des Armées, d’un armement prochain des drones de reconnaissance General Atomics MQ-9 Reaper en service dans l’Armée de l’Air a été largement relayée par les médias hexagonaux. On en sait d’ores et déjà un peu plus sur les équipements qui permettront à nos drones de porter le feu sans mettre en danger d’équipage. En tous cas l’armurier européen MBDA semble miser beaucoup dessus.

En effet comme l’a révélé récemment le très sérieux Air & Cosmos l’industriel franco-britannique semble vouloir proposer au ministère de la défense deux de ses armes pour équiper les Reaper français. Sont donc en lice le missile air-sol Brimstone, déjà opérationnel au sein de la Royal Air Force sur les avions d’attaque au sol Panavia Tornado GR Mk-4 et récemment validé sur un Reaper britannique. Le missile air-sol Brimstone semble être une arme clairement taillée pour figurer dans l’arsenal des drones de combat.

L’autre munition proposée par MBDA est le futur missile MHT, une version longue portée du MMP conçu pour succéder au Milan dans l’Armée de Terre. Cette arme antichar permettrait aux aviateurs français de s’émanciper de l’AGM-114 Hellfire. Le MHT est une arme plus légère que le Brimstone. Pour mémoire le MHT, dans sa définition MLP doit justement remplacer le missile antichar américain sur les Tigre de l’ALAT à l’horizon 2021-2022.

Pour autant on imagine mal comme les aviateurs français pourraient ne embarquer de bombes à guidage laser GBU-12 et à guidage inertiel-GPS GBU-54, des armes largement adaptées elles-aussi à ce type d’avion sans pilote.

Par contre peu de chance de voir l’Armée de l’Air se doter de missiles ANL pour ses MQ-9 Reaper, la mission de lutte anti-navire demeurant en charge des aéronefs de la Marine Nationale à savoir les Dassault ATL Atlantique et Rafale M avec leurs missiles Exocet. Pourtant les récents engagements américains ont largement démontré que ce type de drone est parfaitement adapté à la traque et à la destructions d’esquifs et d’embarcations légères, notamment type semi-rigide !

Au final il semble bien que lorsqu’ils entreront en service les Reaper armés français seront un concentré de technologie. Reste juste à savoir si celle-ci sera 100% américaine ou bien engagera-t-elle également des systèmes d’armes développés et produits en Europe.
Un sujet sur lequel j’en suis sûr, nous reviendrons.

Photo © Armée de l’Air.

6 COMMENTAIRES

  1.  » nos drones de porter le feu sans mettre en danger d’équipage »
    Heu…Arnaud, n’y ait-il pas un point d’humour?
    Le Hellfire a plusieurs avantages actuellement: son prix, son compatibilité au Reaper depuis longtemps et sa dotation existante dans l’ALAT

  2. Il semble que dans un premier temps les Reaper français seront équipés de Hellfire, avant que ne soit adapté un armement européen proposé par MBDA, Brimstone et/ou MHP.
    Il est vrai que bizarrement aucun compte rendu ne fait état de GBU. Peut-être que cela va de soi. Et si des GBU alors pourquoi pas des AASM ?

    • Il est évident que les Reaper français devraient logiquement être dotés d’A2SM mais je ne crois pas que des essais de compatibilité aient déjà eu lieu entre ces systèmes.

  3. Jusqu’à présent en effet je n’ai pas non plus entendu / lu quoi que ce soit au sujet de GBU, uniquement des missiles légers. Et là je me permets de soulever un point, peut-être trivial pour nous autres passionnés d’aviation, mais allez savoir : ces missiles légers ayant un très faible potentiel de dégâts collatéraux, ça a peut-être son importance au niveau « communication » grand public, là où la célèbre « bombe à guidage laser » passe depuis des décennies auprès de ses détracteurs pour l’arme meurtrière / lâche des demeures.
    Les polémiques sur les drones armés ayant fleuri un peu partout depuis l’annonce du ministère de la défense, cela serait façon de dire « mais non, regardez, les drones auront de tout petits missiles pour les frappes d’opportunité, seuls les avions pilotés continueront à larguer des bombes » (alors que l’on sait pertinemment que dans les deux cas le pointage et le protocole d’engagement sont identiques, mais passons ^^).

    Il y a fort à parier dans ce cas que l’Hellfire soit privilégié, du moins dans un premier temps : soyons pragmatiques, même les Britanniques qui utilisent pourtant des Brimstone en opérations (Tornado / Typhoon) ont fait ce choix sur leurs Reapers (d’origine US il est vrai, et c’est la solution la plus simple et la moins coûteuse à mettre en œuvre).

    • Le public n’assimile pas un drone commun à un robot, à juste raison, mais dès qu’il est armé, c’est un robot tueur, sous entendu qu’il est complètement autonome

  4. La polémique sur les drones français armés est d’autant moins justifiée, que, non seulement, comme le rappelle Vark, ils sont pilotés et la délivrance de l’arme n’a rien d’automatique, mais de surcroit les pilotes de drones français opèrent depuis la base de Niamey d’où décolle l’appareil et non depuis la France, contrairement aux pilotes US, qui agissent depuis les Etats Unis par liaison satellite. Techniquement cela ne change rien à la responsabilité du pilote, mais sa présence sur le théâtre des opération accroit tout de même son sentiment d’implication.

    A noter que depuis fin décembre 2016 l’armée de l’air peut faire décoller et atterrir elle même ses Reaper, alors que jusque là ces phases du vol étaient assurées par du personnel civil du fabriquant General Atomics présent sur la base. La souveraineté de la France est ainsi retrouvée … pour autant qu’elle puisse l’être avec du matériel US.

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