Certains les disaient déjà totalement dépassées, trop légères, inadaptées aux missions actuelles. C’est bien mal connaitre ce petit hélicoptère français. En effet si elles ne sont plus aux premières loges pour affronter les (hypothétiques) colonnes de blindés ennemis les Gazelle ont su s’adapter aux besoins des forces spéciales, principalement dans les missions d’appui-feu et de liaisons. Depuis maintenant un an et demi ces monoturbines s’appuient notamment sur une arme originaire des États-Unis : la puissante mitrailleuse M134 Minigun.

Car si elle perdu sa capacité de combat et de lutte antichar depuis l’entrée en service des Tigre HAP et HAD la Gazelle n’en demeure pas moins l’hélicoptère léger standard de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre. Bien entendu beaucoup connaissent ses capacités de reconnaissance et d’éclairage tout-temps grâce au système Viviane mais qui sait que ces machines légères assurent également des missions de premier plan au profit du Commandement des Opérations Spéciales.

C’est donc forcément au sein du 4ème Régiment d’Hélicoptères des Forces Spéciales de Pau que servent ces SA-341F Gazelle pas comme les autres. Elles appartiennent généralement à deuxième escadrille, qui en compte actuellement une douzaine. Et plusieurs d’entre-elles ont d’ailleurs un nouvel armement d’appui et de soutien au combat. En effet leurs armuriers ont peu à peu commencé à troquer les vénérables (mais toujours aussi puissants) canons M621 de calibre 20mm au profit de la mitrailleuse gatling M134 Minigun de 7.62mm. Une arme française contre une autre américaine, j’en vois déjà qui blêmissent.

Gazelle & Minigun, un vrai duo gagnant.

Et pourtant la Minigun était largement attendue depuis près de cinq ans quand le Groupement Aéromobilité de la Section Technique de l’Armée de Terre (ou GAMSTAT) l’a habilité à servir sur les Gazelle du 4ème RHFS. Il faut dire que cette arme installée en gundoor permet un appui-feu de premier ordre grâce à sa puissance et à son adaptabilité : de la lutte antipersonnelle à la neutralisation de véhicules légers ou d’esquifs cette mitrailleuse a su démontrer ses capacités depuis son apparition dans l’arsenal américain au début des années 1960.

Mais les Gazelle des forces spéciales ne servent pas uniquement que pour l’appui antipersonnel avec cette puissante mitrailleuse gatling. Elles assurent aussi le rôle de plateforme pour les tireurs de précision, grâce à la maniabilité légendaire de cet hélicoptère. Équipés de leurs fusils de précision Hécate II, Ultima Ratio, et HK417 ils peuvent stabiliser leur tir, et ainsi atteindre plus aisément leur cible !

Vol tactique et tireur à la porte, une Gazelle du 4ème RHFS en action !

Alors bien entendu il serait important que l’Armée de Terre réfléchisse à un successeur futur pour ses Gazelle. Reste à savoir s’il se trouvera parmi les H160M commandés l’an dernier ou si le COS voudra son propre hélicoptère léger ? Auquel cas un appareil comme le H130 ou même le H135M pourrait largement faire l’affaire. En attendant le ronronnement si particulier de la turbine Astazou IIIA se fera encore entendre pendant plusieurs années dans la campagne paloise.

Photos © Armée de Terre & ECPAD.

6 COMMENTAIRES

  1. « Alors bien entendu il serait important que l’Armée de Terre réfléchisse à un successeur futur pour ses Gazelle. »(il manque un « s » à gazelle). Pourquoi faudrait-il un successeur ? Pourquoi ne pas faire évoluer se qui fonctionne déjà ? Changer les pièces anciennes par des plus modernes,..
    Je ne comprends pas ce consumérisme de changer quelque chose entièrement alors qu’on peut changer des pièces pour l’améliorer…

    • En fait MacGivre les cellules elles même des hélicoptères vieillissent, et l’entretien coûte donc de plus en plus cher… et on ne peut pas se permettre de faire voler des gazelles qui sont trop usées et donc potentiellement dangereuses

    • pas très fair-play la remarque sur l’orthographe… surtout qu’aucun d’entre nous n’est à l’abri ( votre « …faire évoluer SE qui fonctionne… » picote un peu). mais c’est un clin d’œil.
      Ceci dit, comme pour les F5 suisses, Brésiliens ou mexicains (40 ans, taux de disponibilité ridicules, criques dans les ailes…) , comme pour nos C135 (.50 ans, la moitié de la flotte en maintenance, fuite de kéro…), comme pour les bisons indiens (qui ont tendance à tomber un peu facilement ces temps-ci) il convient d’être prudent pour faire durer des matériels au delà du raisonnable (le gazelle seront quinquagénaires quand elles prendront leur retraite), L’aviation n’est pas l’automobile , et au delà du besoin d’avoir un matériel qui réponde au besoin, il faut absolument qu’il soit 100% (voir 110%) fiable. Quand une voiture tombe en panne, elle s’arrête; un aéronef, c’est autre chose.
      L’âge des cellules, comme la disponibilité des pièces sont des facteur limitants pour faire durer des équipements ad vitam : quand c’est usé, c’est usé ! Et mettre des rustines et des bouts de ficelle ne suffit plus.
      Quand il s’agit de la sécurité de nos combattants, je ne suis pas sur qu’on puisse parler de consumérisme.

    • Désolé MacGivre mais il ne manque aucun « s » à Gazelle car dans ce cas précis c’est un nom propre ! Or en grammaire française les noms propres ne s’accordent ni en nombre ni en genre, ça s’apprend en CE1.

      • ok, pour l’orthographe.
        Désolé pour les miennes, mais je n’aime pas quand un article est truffé de faute et reste ainsi si on ne les signale pas. Pour les commentaires, bin ça reste des commentaires :p
        Ce que je voulais dire par « pourquoi changer », je voulais dire pourquoi faire du neuf si quelque chose d’ancien fonctionne très bien. On peut continuer à le construire, aucune raison d’essayer de faire mieux (surtout si le résultat n’est pas garanti).

        • Tu veux qu’on continue a le construire alors que je crois que la Gazelle n’est plus produite depuis plus de 20 ans. Et puis si on n’avait jamais essayer de faire mieux on serait jamais passé au chasseurs à réaction et on continuerait de voler sur des Spitfire et des Dewoitine D-520. lol

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