L’information, tombée dans la nuit de ce lundi 16 à ce mardi 17 octobre 2017, est historique et risque de causer quelques cauchemars aux dirigeants de Boeing et d’Embraer. Airbus a annoncé prendre une part majoritaire du programme d’avions commerciaux courts-moyens courriers canadiens Bombardier C-Series. C’est Tom Enders, le patron de l’avionneur européen, qui a officiellement fait l’annonce de ce rapprochement euro-canadien.

Désormais, c’est donc 50.01% du capital de C-Series qui appartiennent à Airbus. Malgré cela l’ingénierie et l’usinage des avions du type, le CS-100 et le CS-300, demeurent sur le territoire du Canada. Les deux principaux actionnaires minoritaires de C-Series sont donc maintenant Bombardier et Investissement Québec à hauteur de respectivement 30.9 et 19%.

Déjà depuis plusieurs semaines Bombardier et sa famille C-Series étaient en péril sur le marché américain en raison de mesures protectionnistes prises par Washington suite à des pressions de Boeing. À l’origine de ces mesures une entente entre le constructeur canadien et le transporteur américain Delta Airlines autour de la fourniture prochaine de soixante-quinze exemplaires du CS-100. Ces nuages sombres semblent donc désormais s’éloigner, pis Airbus annonce avoir l’intention d’ouvrir une seconde chaîne d’assemblage des Bombardier C-Series à Mobile (Alabama) afin de satisfaire d’éventuels futurs clients américains.

Airbus et Bombardier envisagent de fabriquer et commercialiser environ 6000 avions dans les vingt années à venir, sans compter un éventuel futur troisième modèle de la famille C-Series. Alors qu’on se rassure côté européen ce rachat est totalement gagnant pour Airbus et ne fait nullement de l’ombre aux productions du constructeur toulousain.

En effet les Bombardier CS-100 et CS-300 ne sont pas le sur même segment commercial que les avions de la famille Airbus A320Neo. Le seul avion qui aurait éventuellement pu pâtir un peu de cette alliance est le «petit» A318. Cependant n’étant pas intégré dans le programme Neo son avenir semble écrit : s’éteindre. Il faut dire que le biréacteur de transport régional d’Airbus n’était pas forcément une très grande réussite malgré sa communauté d’équipements avec l’A320. C’est donc aussi une manière pour Airbus de se repositionner sur le marché du transport court courrier et régional.

Dans quelques semaines c’est le drapeau bleu aux étoiles jaunes de l’UE qui flottera en terre nord-américaine. Et ça à titre personnel pour un Européen convaincu comme moi c’est une belle victoire ! Commercialement et diplomatiquement ce rapprochement euro-canadien ne va pas plaire du tout au Brésil et aux États-Unis, et à coup sûr nous vous en reparlerons prochainement.

7 COMMENTAIRES

  1. C’est une sacrée surprise quand même … Je pense qu’ils n’ont pas vu venir le coup chez Boeing et Embraer. Peut-être qu’ils pensaient se débarrasser d’un concurrent pour rationaliser le marché américain dans son ensemble : à Boeing le spectre haut et aux brésiliens le régional / court courrier.
    Ou bien Boeing, qui n’a plus le 717 en catalogue voulait affaiblir le concurrent avant un rachat … Et ils se seraient fait griller la politesse.

    • Je ne sais pas qui est le plus compréhensible des deux rédacteurs mais là vous avez la chance sur ce sujet d’avoir les deux points de vue : Canadien d’un côté et Européen. Après perso j’aime beaucoup l’article de Marcel !

  2. Mais en tant que Canadien, je suis très fier que nous (au Québec), ayons fait et conçus ces C Series a partir de zéro, qui a résulter a un avion déjà classé comme le meilleur au monde dans sa classe ( 90-150 passagers ) le plus économique.
    Et grâce au CS100, il est maintenant possible de voler de London City Airport- New York en vol direct (sans escale de ravitaillement).
    Mais extrêmement triste de ce qui arrive pour Bombardier Aviation!
    Mais, nous ne perdons pas tout ni les salariés non-plus.

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