Ça va finir par devenir risible tout ça à force. Des mécanos de l’US Air Force ont détecté lors d’une phase d’entretien d’importantes zones de corrosion au niveau des panneaux qui composent le fuselage d’un F-35A Lightning II, obligeant le constructeur Lockheed-Martin à stopper temporairement la livraison des avions destinés aux forces américaines. En outre l’US Department of Defense a ordonné une inspection approfondie des quelques 250 exemplaires déjà livrés dans les trois versions du chasseur multirôle.

Même si chez Lockheed-Martin les dirigeants se veulent rassurant, cet énième écueil au programme du chasseur américain de nouvelle génération a de quoi laisser pantois. En fait on finit par se dire que le F-35 Lightning II connait plus de problèmes de jeunesse que des avions plus anciens comme le F-16 Fighting Falcon ou même le F-15 Eagle qui en leur temps avaient représenté de véritables bonds en avant technologique. Alors qu’en fait le chasseur multirôle conçu par Lockheed-Martin n’est que la juste évolution des technologies nées avec les F-117 Night Hawk et F-22 Raptor.

En fait la découverte réalisée par ces mécanos américains stationnés à Hill AFB est bien plus grave que ce que pourrait vouloir faire croire l’avionneur. Et on comprend donc mieux la volonté du Pentagone de faire inspecter tous les avions déjà en service ou bien en phase d’essais dans l’US Air Force, l’US Navy, et l’US Marines Corps. Pour autant aucune restriction particulière de vol n’a été ordonnée à l’encontre de la flotte américaine des F-35 Lightning II.
Les investigations ont démontré qu’en usine un enduit anti-corrosion n’avait pas été correctement appliqué sur certains boulons servant à fixer les dits panneaux de fuselage.

Il faut se souvenir que la corrosion est considérée comme un des maux les plus dangereux pour un avion, qu’il soit militaire ou civil. En effet une fois repérée, en cas de non traitement, celle-ci s’insinue dans toutes les parties métalliques de la machine. Et autant dire que sur un avion de combat cela peut provoquer des dégâts considérables. Elle est d’ailleurs souvent comparée par les mécaniciens aéronautiques à une forme de cancer de l’avion, car elle agit comme des métastases se multipliant et fragilisant dangereusement les parties vitales de l’aéronef. C’est pourquoi de manière préventive tous les constructeurs d’avions traitent leurs machines avec ces enduits. Bon visiblement chez Lockheed-Martin certains avaient oublié de le faire proprement ! Gageons que maintenant ils y penseront.

Photo © US Department of Defense.

23 COMMENTAIRES

  1. Quelle scandaleuse propagande anti-américaine ! (étonnante sur ce site…)
    Si l’information est exacte :
    « en usine un enduit anti-corrosion n’avait pas été correctement appliqué sur certains boulons », cela ne signifie pas que des ouvriers ont oublié de l’appliquer, mais que le processus très élaboré mis au point par les ingénieurs, n’est pas suffisant…
    Et pas non plus que la corrosion va se généraliser, puisque les autres parties ont été traitées. C’est d’ailleurs ce que doit penser l’Us Air Force, puisqu’elle n’a pas interdit de vol ses F-35.
    A priori F-35 A ? Tandis que votre (belle) photo est celle d’un F-35 B, qui n’est pas présent dans l’inventaire de l’Us Air Force (et est trois fois plus cher… !)

    • Xav520, Lockheed Martin a bien indiqué que la pose de l’enduit a été oubliée (elle est prévue dans le protocole de montage) et apriori les trois versions de l’appareils seraient concernées.

      • Cette déclaration date déjà pas mal, si l’on mesure ça sur le « temps » politique 2.0 de Trump ;).,
        Il a certes fait couler beaucoup d’encre à l’époque, mais très honnêtement je ne pense guère que les Etats-Unis rétropédalent sur le programme F35 : tant d’argent investi, tant de partenaires à soutenir, tant d’avions vieillissants à remplacer si l’on veut -comme Trump- avoir une armée de l’air à la pointe du progrès (et si par pointe du progrès on entend « dotée d’avions de gen5 »). C’est d’ailleurs le seul vrai argument que le ministère de la défense possède pour faire avaler actuellement la pilule à la majorité des contribuables américains, vu la juvénilité de l’avion. Tant qu’il n’aura pas fait preuve de sa souplesse d’utilisation et fiabilité (façon F-15/16) ou réalisé un coup d’éclat réellement marquant sur le terrain (façon F117), il sera entouré de scepticisme et autres sarcasmes (qui avouons-le ne sont pas volés pour l’instant).
        Oui le programme subit d’indéniables surcoûts / retards / déboires, mais l’appareil est encore jeune et pourrait à terme être parfaitement exempt de vices, voire même surprendre après un inévitable temps de mise au point. A tort ou à raison, il est de toute façon tout simplement trop TARD pour faire machine arrière.

        Dans les faits, cette affaire de corrosion fait certes du bruit (et ça se comprend aisément, ça fait tâche…), mais c’est un non-événement aisément corrigible, preuve en est la non-interdiction de vol des appareils en tests et en service (car l’enduit peut être appliqué lors de la maintenance régulière sur les panneaux / boulons oubliés, c’est d’ailleurs ainsi que le problème a été découvert).
        Il suffit de voir la volonté actuelle du DoD et des politiques US d’envoyer un nombre croissant des premiers F35A et B opérationnels en déploiement « bon de guerre » (cela se voit sur les armes emportées) ces derniers temps en Europe et Asie Pacifique.
        Il y a sans doute une bonne part de coup de com’ là-dedans je n’en doute pas, mais ça n’est pas non plus anodin que des grandes huiles du Pentagone mettent si rapidement sous les feux de la rampe un avion nouveau-né si controversé. Le F22, sans conteste mieux né, est loin d’avoir reçu un tel traitement (utilisation « politique » très faible, et baptême du feu timide en Syrie 9 ans après sa mise en service), et de fait je pense en mon for intérieur que le Lightning2 est loin d’être aussi mauvais que beaucoup voudraient le croire (ou faire croire ^^).

        • Le premier F-35 de série est sorti il y a dix ans de la chaine de production et 250 appareils ont été livrés. On peut donc difficilement le qualifié de juvénile. Bien qu’il soit officiellement opérationnel il ne compte aucune intervention sur un vrai théâtre d’opération au levant. On ne peut donc pas dire que sa mise en service soit rapide. Et d’après les infos de Lockheed-Martin les problèmes, qui sont quand même conséquents, ne seront pas réglés à court terme. Le F-22 lui, est principalement destiné à la défense aérienne. Or les champs de bataille US au moyen orient étaient exempt d’aviation ennemie, on avait donc pas besoin de lui.

    • Allons, allons, « propagande anti-américaine » !!? Vous avez la main un peu lourde là. Anti-F-35 à la rigueur. Je pense que si vraiment le site était anti-américains on lirait des articles (écris par des amateurs et pas des journalistes on rappelle) contre tous les avions US. Hors je pense qu’ici tout le monde est d’accord pour chanter les louanges du F-16, du F-15, du F-18, du A-10, du MQ-9, etc… la liste est longue.

      Le F-22 a lui aussi connu de gros retard et des coûts stratosphériques. Aujourd’hui ça reste le must de la supériorité aérienne (bien que sous employé). Et à l’époque personne n’était tendre avec lui. Tout comme personne n’était tendre avec le Rafale, qui lui aussi a subit de lourd retard.
      Bref, quand on voit un avion dont le programme coûte le PIB de l’Espagne subir autant de retards et autant de soucis techniques (récemment https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/030699197253-des-donnees-sensibles-sur-le-f-35-piratees-en-australie-2121666.php) on est en droit d’émettre des critiques.

      Je suis moi-même assez chauvin sur les questions aéronautique et suis un fan absolu du Rafale, mais je n’hésite pas à critiquer le programme de l’A-400M qu’on nous a vendu comme le messie, et on voit aujourd’hui tous les problèmes que l’on a avec son développement. Je conspue. Lockheed-Martin sur le programme F-35 mais je les remercie de nous vendre des C130J largement plus capables que ces pauvres Atlas.

      N’ayons donc pas une vision du monde et des autres si obtuse et restreinte, Évitons les amalgames et les formules simplistes qui nous font passer plus de temps à nous crêper le chignon qu’on parler d’avions 😉

      • C’est marrant ce besoin (bien franchouillard) de rechercher le bashing constant ! Un article ne peut être un minimum critique sans qu’immédiatement on nous taxe d’être pro-machin ou anti-truc. Perso j’ai de plus en plus de mal à comprendre cela, je finis par n’y voir que de la paresse intellectuelle. C’est navrant et ça ne donne pas envie de relancer ce genre d’articles !

  2. On peut, il est vrai, s’étonner qu’à l’heure de la modélisation numérique, qui devrait accélérer et simplifier la conception des appareils, les nouveaux programmes d’avions de chasse mettent de plus en plus de temps à éclore, coutent de plus en plus cher, et présentent de surcroit des défauts de conception.
    Mais ils ne faudrait pas sous estimer l’ambition qui était celle du F-35. Cet appareil n’est pas une simple modernisation de ses prédécesseurs, mais il devait en un seul model réunir les qualités d’un avions de l’armée de l’air (opérer depuis une piste), de la Navy (décollage à partir d’une catapulte et atterrissage à l’aide de de brins d’arrêt), et surtout du Corps des Marines (décollage et atterrissage vertical), les trois versions devant présenter 80% de pièces en commun. Une gageure qui ressemble fort à la quadrature du cercle ! De ce point de vue on peut d’ores et déjà considérer le Lightning II comme un échec, puisque le F-35A, le F-35B et le F-35C ne sont composés que d’environs 20% de pièces en commun. Les trois versions présentent par exemple trois tailles d’ailes différentes. Dans ces conditions peut-on encore parler d’un même model d’avion ? Au final les trois versions ne sont pas identiques et ne s’avèrent pas non plus très performantes dans chacun de leur domaine. Au lieu d’avoir un avion bon en tout on a trois avions moyens.
    A l’image du F-16, le Lightning II devait également être un avion de chasse très abordable grâce aux économies d’échelle engendrées par le très grand nombre de models fabriqués. Or s’il apparaît d’ores et déjà comme un succès commercial, il est aussi considéré comme un des avions de chasse les plus chers de l’histoire, en dépit de la baisse prévue de sont coût unitaire.

  3. J’avais lu cette info ailleurs (source US), et elle mentionne comme le dit François un « oubli » de primer anti-corrosion sur boulons / panneaux… quelle situation ubuesque quand on songe à la complexité et au coût des process mis en œuvre !…
    Cela dit, rien d’irrémédiable, car le protocole d’entretien (par lequel cette corrosion a été découverte) prévoit le démontage desdits panneaux, donc au bout du compte les appareils « oubliés » seront assainis puis réenduits. Quant aux nouveaux appareils, l’omission sera réparée en usine et il y a fort à parier que l’accent sera mis sur ce point.

    PS : le site est de nouveau spammé, c’est une horreur, toutes les 3 minutes une page publicitaire / sondage s’ouvre… j’ai du réécrire 4 fois mon commentaire…

  4. Le problème a été découvert sur la version A,
    j’espère pour eux qu’il n’apparait pas sur les versions marines, où la progression serait bien plus rapide.

    Je ne pensait pas que sur des avions aussi chers, ils utilisaient des matériaux oxydables, qui nécessitent d’être enduits.

    • La corrosion ne provient pas de matériaux choisis à l’économie. La matière idéale n’existe pas, les pièces devant résister à des contraintes contradictoires, le choix des matériaux est une question de compromis.
      L’aluminium présente par exemple l’avantage d’être léger et de résister à la corrosion. Toutefois ses caractéristiques mécaniques sont souvent insuffisantes c’est pourquoi on le renforce en l’alliant à du cuivre ou du zinc, mais il perd alors une partie de sa résistance à la corrosion. Le contact de matériaux entre eux peut aussi provoquer des réactions chimiques à l’origine de corrosion. Il convient alors de protéger la jonction des pièces présentant ces matériaux par un isolant comme par exemple un enduit anti-corrosion.

  5. Non je ne plaisante pas ! 🙂 Mais vous avez raison Arnaud les exemplaires sortis en 2007, s’ils ne sont plus considérés comme des prototypes, ne sont pas encore des modèles de série, et sont plutôt considérés comme des modèles de présérie. C’est une erreur de ma part.
    Après si j’étais de mauvaise fois je dirais que les exemplaires qui sortent aujourd’hui ne sont pas encore au standard définitif et devront encore subir des modifications et des mises à jours, alors quand aura -t -on atteint la vrai série ?

    • Voilà les avions produits entre 2007 et 2012 étaient des machines de présérie. Celles qui ont été assemblées depuis 2012 sont en capacité d’être engagées au combat, simplement le DoD en a décidé autrement.

      • Merci d’avoir débattu en mon absence, mais voilà où je voulais en venir 😉 .
        Quand à l’exemple du F22 que je mettais en parallèle avec le F35, je parlais, faute de réel besoin en combat, du rôle « d’instrument diplomatique », le fameux « show of force » si caractéristique des USA. Et pour cela, il faut tout de même accorder un certain crédit à l’appareil en question, ne pas montrer de craintes quant à son déploiement, surtout en période de controverse.

  6. Et encore des critiques contre le F-35, cette fois ci provenant du National Audit Ofice du Danemark qui critique le choix du ministère de la défense en faveur du Lightning II, craignant que celui-ci n’atteigne pas ses objectifs opérationels et qu’il revienne plus cher que prévu.

    • Et oui, beaucoup de nations participatrices du programme et donc actuellement ou future acquereuses d’une flotte de F-35 craignent que cet appareil de 5e génération « low cost » devienne un véritable éléphant blanc.

  7. Si malheureusement la crise Nord coréenne se termine par une guerre ,le f35 montrera ( comme le f117 en sont temp) son avance et sa supériorité technologique , à moin que se soit un échec et que se soit les f15 f16 f18 qui fassent encore une fois le job. Qui vivra verra

    • Mmmh, ce programme partait d’une bonne intention, mais reconnaissez tout de même que nombre des problèmes rencontrés ne sont pas du fait ou de la volonté de Lockheed Martin 😉 . Après tout, les américains étaient tout de même en droit d’imaginer pouvoir réitérer avec le F35 ce qu’il avaient réussi avec brio pour le F16, c’est humain !

      Maintenant c’est à en croire finalement, vu les nombreux écueils rencontrés par le Lightning 2, que l’immense succès du programme Fighting Falcon ait plus tenu du coup de chance que d’une stratégie réellement planifiée !!
      Comme quoi, parfois, le bon alignement des planètes, le karma, une bonne conception de l’avion du premier coup, j’en passe ^^…

    • Il aurait mieux fallu faire 2 programmes assez distincts
      : Avion commun Air/Marin comme …un certain Rafale et un avion STOVL.
      Ça coûterait probablement plus cher au départ mais ça aurait beaucoup moins de problèmes

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