C’est suffisamment rare dans les dictatures actuelles pour être souligné. Ce sont les militaires, pourtant longtemps chouchoutés, qui ont renversé le pouvoir autocratique de Robert Mugabe au Zimbabwe permettant ainsi de rétablir un semblant de démocratie. Les forces aériennes et terrestres de ce pays d’Afrique australe ont pu ainsi préparer au mieux la transition vers un nouveau pouvoir.

Hongdu JL-8 zimbabwéen.

Tout commence le 15 novembre 2017 lorsque le général Moyo, chef d’état-major des forces zimbabwéennes annonce que l’armée et l’aviation militaire prennent le contrôle des instances du pays afin de capturer des proches du dictateur Mugabe. Ceux-ci sont soupçonnés alors de trahison. Malgré de légitimes inquiétudes internationales, notamment européennes, la prise de contrôle du pays par les militaires semble se faire pacifiquement.

Dès le lendemain pourtant les militaires sont partout dans les rues de Harare la capitale du pays. Des avions et hélicoptères frappés de la cocarde nationale survolent les principaux points sensibles de la ville. Ne possédant aucun chasseur la petite Air Force of Zimbabwe déploie pour l’occasion des jets d’entraînement Hongdu JL-8 de facture chinoise. Armés de nacelles mitrailleuses et de paniers à roquettes ceux-ci ont en fait plus un rôle dissuasif que réellement offensif.

Dans le même temps des hélicoptères Alouette III, Bell 412, et Mil Mi-17 déposent des commandos dans différents quartiers de la capitale. Ils sont bientôt renforcés par des troupes plus classiques à bord de camions et de blindés. Cependant aucun tir ne se fait entendre dans les rues.

Dès le 18 novembre l’état-major fait cependant prendre les airs à ses hélicoptères de combat Mil Mi-24D, les seuls vrais appareils lourdement armés. Certains sont déployés autour de l’aéroport international où sont stationnés les avions de la compagnie Air Zimbabwe.

Le 21 novembre le dictateur Robert Mugabe est officiellement destitué et son remplaçant (temporaire) Emmerson Mnangagwa prend ses fonctions. Ses premiers remerciements vont d’ailleurs aux militaires.

Blindé zimbabwéen dans les rues de Harare.

En six jours d’opération les pilotes et équipages zimbabwéens n’ont pas tiré une seule munition, un exploit dans le cas d’un coup d’état en Afrique sub-saharienne où ce genre de changement de régime politique se fait plutôt dans le sang et la violence. Bon d’accord ici l’aviation avait surtout pour mission d’impressionner plus que d’intervenir mais tout de même.

Photos © AFP.

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