Ce sont des avions qui ne passent pas vraiment inaperçus sur la base aérienne lituanienne de Siauliai. Pour encore quelques semaines quatre McDonnell Douglas F-15C Eagle appartenant au 493rd Fighter Squadron assurent la mission de souveraineté de l’OTAN assurant la protection des espaces aériens baltes contre la menace d’intrusion des aéronefs russes. C’est la première fois depuis le premier semestre 2014 que ces chasseurs de supériorité aérienne assurent la mission Baltic Air Policing !

Alors bien entendu ces quatre F-15C Eagle ne sont pas les seuls avions actuellement déployés par l’OTAN afin de protéger les espaces aériens souverains de l’Estonie, de la Lettonie, et de la Lituanie puisqu’ils opèrent aux côtés de quatre General Dynamics F-16AM belges. Mais tout de même reconnaissons que le vieux chasseur biréacteur américain est un avion qui a une sacrée gueule.

Ça et aussi une capacité de combat aérien qui en fait une arme de premier choix pour les généraux atlantistes. En effet malgré son âge le F-15C Eagle est pleinement capable de se mesurer à la très grande majorité des chasseurs russes. Ce sont en effet généralement des dérivés de Mikoyan MiG-29 Fulcrum et de Sukhoi Su-27 Flanker, des biréacteurs contemporains de l’avion de McDonnell Douglas.

D’autant que niveau armement avec leurs missiles air-air AIM-120 AMRAAM ces quatre F-15C Eagle sont pleinement adaptés à leur mission. Sans compter bien sûr le recours éventuel au canon de 20mm que les pilotes de l’US Air Force in Europe maîtrisent parfaitement. Il faut dire que le 493rd Fighter Squadron vole sur ces machines depuis maintenant vingt-trois ans. Ses pilotes les connaissent donc sur le bout des doigts, leurs capacités ainsi que leurs limites.

Il est intéressant de voir que depuis l’affectation des quatre McDonnell Douglas F-15C à Siauliai le nombre de viols d’espaces aériens par des aéronefs russes a fondu comme neige au soleil. De là à supposer que les vénérables chasseurs de supériorité aérienne font encore peur à l’état-major moscovite il n’y a qu’un pas. Que je ne franchirais pas.
Alors oui ce sujet est totalement partial car comme bon nombre d’aérophiles je suis un vrai fan du F-15 Eagle !

Photos © OTAN.

8 COMMENTAIRES

  1. Intéressant de noter que dans le cadre de ces QRA dans un espace aérien non contesté et hors zone de conflit, les AIM-120 de nos amis US -et autres participants à Baltic si l’on remonte l’historique des participants- visibles sur cette photo sont bons de guerre (bandes jaunes) et non inertes (bandes bleues), ça n’a l’air de rien comme ça mais c’est assez révélateur de la gravité des relations internationales dans la région.
    Tout comme ceux embarqués sur les 4 Typhoons britanniques basés en permanence aux Malouines, ou les F35 déployés pour un « show of force » en Corée du Sud récemment.

    • Vark, la défense de l’espace aérien n’a rien d’un exercice ou d’un entrainement. Dans tous les pays disposant d’une aviation suffisamment conséquente pour pratiquer une posture de permanence aérienne (ou Quick Réaction Alert ou Scramble), les avions mis en alerte sont dotés d’un armement réel, y compris en France. Le fait que l’espace aérien est non contesté ou hors zone de conflit n’y change rien. L’armée de l’air estime par exemple que les Rafales ou les Mirages 2000 alertés doivent, si nécessaire, pouvoir abattre un avion de ligne détourné par des terroristes qui menacerait de se crasher sur une agglomération.
      En 1965 un pilote de Starfighter allemand s’était évanouis dans son cockpit et son appareil continua de voler sur pilote automatique vers la Norvège. Les chasseurs norvégiens de la police du ciel en alerte décolèrent avec l’ordre d’abattre le Starfighter avant qu’il ne s’écrase sur Narvik. Ils n’eurent pas à le faire il est tombé en panne sèche avant.
      La France excelle dans la QRA puisque sa posture de permanence aérienne lui permet de décoller en 7mn maximum. Le délais le plus court au sein de l’OTAN . Cette rapidité de mise en action faisait partie du cahier des charges des Rafales et Mirages 2000 lors de leur conception. La plus part des autres avions de chasse ont des temps de mise en route des moteurs qui ne permettent pas de tenir ce délais.
      A noter qu’avant l’attentat du 11 Septembre 2001 les Etats Unis ne pratiquaient pas de réelle QRA sur leur territoire.

      • Le problème avec les petites aviations est l’usure du matériel avec des alertes a répétition. On voit les bulgares qui ont usé leurs quelques MiG-29 prématurément a surveillé les activités russes. Et l’on sussure que les F-15 nippons qui font des scramble par centaines face aux incursions sino russe commencent eux aussi a avoir des problèmes de disponibilité…
        Cela devrait donné a réfléchir aux pays estimant que deux douzaines de F-35 haute technologie est suffisant pour leur défense, leurs adversaires s’ils ont de simples coucous pas cher voir des avions de ligne ayant une grosse autonomie peuvent les rincer simplement en les obligeant a rester en vol H24 sans tirer un coup de feu.

    • Vark j’ai envie de dire encore heureux que leurs missiles air-air sont bons de guerre, vu qu’ils sont là pour protéger un espace aérien. Ils ne vont pas le faire avec des munitions d’exercice.

      • François, Arnaud, pardon pour la lenteur de ma réponse j’étais éloigné de mon PC.
        J’entends bien vos remarques et suis au fait de tout cela, quand une armée de l’air en QRA défend son territoire national ou protège ses aéronefs dans une zone de conflit, c’est absolument normal / nécessaire / incontestable.

        Or c’est là le but de mon propos : dans le cadre très particulier qu’est la mission Baltic, qui fait intervenir des appareils étrangers « sous-traitant » la défense aérienne d’états souverains tiers, je ne suis pas surpris en soi de voir des missiles « live », mais questionnais toutefois la doctrine.
        Le simple « acte de présence » des appareils intercepteurs (et leurs photos) n’est-il déjà pas signifiant et suffisant en soi, ou bien la dissuasion réelle par la force -et de facto l’emport de munitions bonnes de guerre- peut-elle être sérieusement envisagée ?

        Car en cas d’accrochage sérieux, gageons que la situation serait autrement plus délicate qu’une QRA dans les règles d’un pilote au-dessus de son territoire national (comme François le rappelle en détail dans l’exemple tricolore, et c’est toujours une précision intéressante pour qui en ignorerait les modalités).
        Sous l’égide de quel commandement la décision de shooter le bogey serait-elle prise ?
        OTAN ? Le pays utilisateur des appareils ? L’état souverain dont l’espace est menacé / violé ?
        Les 3 à la fois ? Il en résulterait à n’en point douter un incident international majeur.
        Non pas que je verse dans un excès de candeur, les tensions dan la région -et d’autres- sont bien réelles et les « menaces » identifiées, mais cela mériterait tout de même à mon sens d’être débattu 😉 .

  2. F15 ou MIG25, comme dirait l’autre, « c’est du brutal » ! Ce sont deux avions qui même s’il ne font pas partie de mes préférés, « en jette ». Comme je préfère un « 2000 » à un Rafale même si ce dernier est plus moderne. Pareil le F35: J’aime pas ! 🙂

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