Les autorités chinoises, via les médias d’état, ont largement communiqué sur l’évènement. Ce dimanche 24 décembre 2017 l’amphibie polyvalent AVIC AG600 Kunlong, le plus gros actuellement au monde, a réalisé son premier vol devant un aréopage d’ingénieurs et d’officiels. Un vol inaugural qui a duré une petite heure et s’est déroulé avec succès.

Malgré ce que certains médias généralistes (notamment français) ont pu écrire l’AG600 Kunlong n’est actuellement pas prévu pour assurer des lignes commerciales. C’est avant tout un avion amphibie à caractère militaire et/ou parapublique. En fait il s’agit de l’héritier du méconnu Harbin SH-5 conçu dans le courant des années 1970 et en service dans l’aéronavale chinoise depuis la moitié des années 1980. Malgré de bonnes qualités ce dernier n’a pas été produit en grande série, à peine six exemplaires destinés à la patrouille maritime et à la guerre électronique.
Un SH-5 avait été transformé en bombardier d’eau mais sans connaitre de production en série.

C’est en partie en tirant les enseignements des échecs du SH-5 que l’AG600 a été développé. Le consortium AVIC annonce d’ailleurs d’ores et déjà un carnet de commande qui s’élèverait à dix-sept machines. Soit donc un succès déjà plus important que son prédécesseur.

Si dans les missions de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine il y a peu de chances de lui trouver un concurrent pour les futurs marchés intérieurs chinois à l’export c’est une toute autre affaire. Car l’AG600 Kunlong devra affronter un autre amphibie de grande taille : le Shin Meiwa US-2 japonais, lointain dérivé du légendaire US-1 datant de la guerre froide. Et ce dernier à l’avantage d’être déjà en production.

Car ce premier vol survenu ce dimanche implique que les premiers AG600 ne sortiront des chaînes d’assemblage d’AVIC qu’à l’horizon 2022 / 2024. Si le développement se passe dans les meilleurs conditions possibles.

En fait plus qu’une machine offensive le nouvel amphibie va surtout être un appareil parapublique destiné à des missions de lutte contre les feux de forêts ou bien de recherches et sauvetages en mer à long rayon d’action. Sa capacité d’amerrissage devrait lui permettre d’accueillir jusqu’à 50 personnes, rescapés et équipes de secours réunis !
En tant que pompier volant l’avion chinois devrait pouvoir larguer environ douze tonnes d’eau et de produit retardant par passage, soit l’équivalent de deux Bombardier CL415.
C’est donc un «gros» concurrent pour l’avion canadien.

Bien entendu nous suivront de près l’évolution de ce programme, et essayeront de vous tenir au courant de ses actualités.

Photo © AFP.

10 COMMENTAIRES

  1. Intéressant appareil.
    A noter, en terme de concurrence, que le Japon est en pourparlers depuis quelques années avec l’Inde pour l’exportation de Shin Meiwa, ce qui serait -s’il aboutit- pour ces deux pays un contrat exceptionnel à plus d’un titre.

    • On compare effectivement souvent l’AG-600 chinois à l’US-2 Shin Meiwa japonais car ils se ressemblent beaucoup. On accusera pas ici les chinois d’avoir mis en oeuvre leur célèbre talent de copieurs et l’on dira plus pudiquement que les lois de l’hydrodynamique sont les même pour tout le monde.
      Si les deux appareils diffèrent par leur taille, le chinois étant plus grand (53.5 t de mass. max au décollage contre 43 t), ils se différencient également par le fait que les japonais ont conçu un appareil STOL, c’est à dire à décollage et amerrissage court. Pour ce faire ils ont mis en oeuvre un procédé rarement employé. Outre les quatre turbopropulseurs Rolls-Royce Allison de 4600 ch chacun (les même que l’Hercule C-130J) qui propulsent l’avion, ils l’ont équipé d’une cinquième turbine RR de 1600 ch (la même qui équipe les hélico Super-Lynx) qui souffle la couche limite par des jets d’air comprimé autour de la carlingue..
      Pour le moins originale, cette méthode n’en est pas moins efficace puisque l’US-2 décolle sur l’eau à pleine charge en 280m et amerrit en 330m . On ne connaît pas encore les performances à ce niveau de son homologue chinois.

  2. Le procédé de récupération de victimes en pleine mer par l’amerrissage d’un hydravion me laisse perplexe. Quelles sont en effet les réelles capacités d’amerrissage d’un avion amphibie dans une mer démontée ? En théorie l’US-2 japonais peut amerrir par des creux de 3m (pour comparaison c’est 1,8 m pour un Canadair CL-415. ) mais une houle longue et régulière de 3m de haut ça n’est pas la même chose que des vagues hachées de 3m ?
    Pour l’US-1, le prédécesseur de l’US-2, les autorités japonaises revendiquent 900 vies sauvées depuis sa mise en œuvre, mais je ne sais pas si l’appareil les a tous récupérés ou s’il s’est contenté d’en repérer une partie qui a été prise en charge dans un deuxième temps par un navire ou un hélico.
    Certes ce n’est pas parce que l’occident n’emploie pas cette méthode qu’elle est inefficace. L’hydravion dispose d’une allonge et d’une capacité d’emport bien supérieur à l’hélico.

    • Ce qui est bien avec vous François c’est qu’on est jamais déçu. Vous avez une propension à essayer d’instiller le doute qui me laisse toujours pantois. Je vais finir par penser que seul vous François avez raison et que toutes les informations n’émanant pas de votre personne sont contestables. C’est dommage car souvent vos propos sont vraiment intéressants mais finalement polluer par vos remise en question permanentes de faits avérés.

      • Il me semble que mes propos sont nuancés puisque je concède que ce n’est pas parce que nous les occidentaux nous n’employons pas une méthode qu’elle est inefficace.
        Mais convenez qui si nous sommes habitués à voir des victimes récupérés en pleine mer par hélitreuillage on est moins habitués à voir un hydravion amerrir à côté de la victime ! Pour ma part j’en ai jamais vu.
        De quel fait avéré parlez vous ?

  3. Je ne les remets pas en cause, mes informations à ce sujet étant incomplètes, je me pose des questions.
    Mais si vous aves des infos sur le fonctionnement des secours en mer japonais je suis preneur.

  4. Le 13 décembre le Japon a mis à la retraite son dernier avion amphibie U-2A encore en fonction dont seulement 14 exemplaires avaient été fabriqués. Ils sont remplacés par les U-2 dont le Japon détient pour l’heur 6 exemplaires.
    A début les U-2A pratiquaient la recherche et le sauvetage en mer ainsi que la lutte anti-sous-marine, mais par la suite ils on été remplacés dans cette dernière fonction par les P-3 Orion puis par les Kawasaki P-1.

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