C’est une véritable légende des airs et de l’espace qui est mort ce vendredi 5 janvier 2018 au Texas. John Young était connu du grand public pour la mission lunaire Apollo 16 qu’il commanda en 1972 alors qu’il avait avant cela mais aussi après eut une riche carrière de pilote d’essais. C’est sous l’uniforme de l’US Navy puis de la NASA qu’il testa des machines de légende.

Car l’homme était réputé pour son très grand courage et son maniement hors-pair des avions de combat. Il avait servi dans les années 1950 à bord des porte-avions USS Coral Sea puis USS Forrestal respectivement sur chasseurs-bombardiers Grumman F9F-8B Cougar puis sur intercepteurs Vought F8U-1 Crusader. Par la suite il avait intégré la prestigieuse formation de pilote d’essais au sein de l’US Naval Test Pilot School. Une fois sa scolarité terminée John Young participa à plusieurs programmes majeurs dont le très étonnant (et pourtant sans suite) Vought XF8U-3 mais surtout le légendaire McDonnell XF4H Phantom II. Sur ce dernier, le pilote d’essais américain réalisa quelques-uns des premiers appontages ainsi que des essais d’armement. En 1962 Young établit deux records du monde de vitesse ascensionnelle à 3000 et 25000 mètres en respectivement 34 secondes et 5 dixième, et 3 minutes 47 secondes et six dixièmes. La même année il entra à la NASA.

C’est le 23 mars 1965 que John Young, alors âgé d’un peu plus de 34 ans, entra dans l’Histoire. Pilote du premier module habité de la mission Gemini il fut aussi le premier être humain à déguster son déjeuner en apesanteur, à savoir un sandwich pain de mie et corned-beef. Une facétie qui valut au pilote de Gemini 3 quelques réprimandes à son retour sur Terre mais aussi l’assurance d’entrer dans les livres d’histoire. Pourtant un an et demi plus tard Young retournait dans l’espace en tant que commandant de bord de la capsule Gemini 10. Son pilote et coéquipier était alors un certains Michael Collins, futur «3ème homme» de la mission Apollo 11.

Apollo justement est un programme auquel John Young a largement participé. En effet il pilota le module d’approche lunaire d’Apollo 10. Cette mission devait préparer la NASA à Apollo 11 et l’historique premier pas de Neil Armstrong sur la Lune. Quelques temps plus tard John Young participa activement à la mission de sauvetage de l’équipage Apollo 13.
C’est donc en 1972, alors que plusieurs de ses collègues et amis avaient déjà posé le pied sur notre satellite naturel, qu’enfin Young put alunir. Commandant de bord d’Apollo 16 partie de la Terre le 16 avril il resta, avec son binôme Charles Duke, un total de 71 heures sur le sol lunaire. Grâce au LRV, sorte de petit buggy lunaire, les deux astronautes américains purent rapporter sur Terre près de 96 kilogrammes de roches de la Lune. Un trésor scientifique inestimable pour bon nombre de géologues et d’astrophysiciens !

On aurait pu croire qu’après une si riche carrière la NASA allait laisser en paix John Young. C’est à la fois mal connaitre le bonhomme mais aussi l’Oncle Sam. À 49 ans, en 1979, l’astronaute rejoint le programme STS visant à doter l’Amérique d’une navette spatiale.
Le 12 avril 1981 l’astronaute américain devient le pilote d’essais du premier vol de la navette Columbia lors de la mission STS-1. Il va permettre, avec son collègue Bob Crippen, de valider plusieurs process dont le guidage et la navigation. Les deux hommes testent également en conditions réelles les moteurs-fusées ainsi que les systèmes d’ouverture et de fermeture de la soute cargo. Le 28 novembre 1983 Young prit le commandement de STS-9, une mission américano-européenne. Secondé dans son équipage par un astronaute allemand et un second néerlandais. À bord se trouvait le Spacelab, un laboratoire de recherches spatiales, précurseur de l’actuelle ISS.

Ayant atteint les limites d’âge pour les vols spatiaux John Young occupa entre 1987 et sa retraite en 2004 plusieurs postes de direction au sein de la NASA. À la fin de cette carrière il cumulait 15275 heures de vol sur tous types d’aéronefs (y compris des hélicoptères et des planeurs) et 836 heures de vol sur astronefs. Des chiffres qui donnent le tournis. Sous la livrée de la NASA Young a volé sur des avions aussi différents que le monomoteur léger Cessna 206 Stationair, les jets de combat (désarmés) Convair F-106A Delta Dart et Lockheed F-104N Starfighter. Il est à signaler que John Young eut la chance de prendre les commandes du McDonnell 188. Ce dernier était en fait la désignation américaine du Breguet Br.941. Sauf que faute de contrat civil et/ou militaire jamais l’avionneur américain ne construisit l’ADAC français.

À titre très personnel John Young fait parti de mes héros de jeunesse, quand adolescent je me passionnais pour les pilotes de la NASA autant que pour les femmes et les hommes qui avaient mis les pieds dans le cosmos. Young cumulait les deux ! C’est donc une partie de mon adolescence qui s’en est allé avec lui.

Photo © NASA.

17 COMMENTAIRES

      • C’est pas mon cas, et surtout pas ces menteurs d’américains. D’ailleur il n’y a aucune preuve formelle qu’ils sont vraiment aller sur la lune comme tu le dis dans ton article.

        • Bah en fait techniquement si des preuves formelles il y en a. On peut même dire qu’il y en a près de 96kg : les roches lunaires qui sinon n’aurait aucune chance de venir sur Terre.
          Par contre sans rire le conspirationnisme anti-américain ça n’est jamais intéressant ou marrant, même pas à petite dose. Donc à l’avenir s’il vous plait évitez ce genre de prose.
          D’avance merci.

        • Je vais laisser M. Neil Degrasse Tyson, célèbre astrophysicien, vous répondre (citation très librement traduite par moi-même) : « Regardez la fusée Saturn V. Elle fait environ 100m de haut pour 10m de large et ne contient quasiment QUE du carburant. Prenez l’Équation de Tsiolkovski (rocket equation) et faites le calcul vous-même : il y a juste assez de carburant pour propulser 3 hommes et leur matériel vers une orbite lunaire et les en faire revenir. Je veux dire : la Saturn V contient des millions de litre de carburant, où croyez-vous qu’on va avec ça ? Faire les courses au supermarché ? »

      • C’est pas du conspirationnisme antiaméricain, il faut savoir ouvrir les yeux sur les fake news de la CIA. Les soviétiques qui était plus en avance que les yankees n’ont jamais réussi a aller sur la lune du coup comment explique tu que les américains disent qu’ils l’ont faits?
        Le programme spatial américain est un énorme mensonge qui repose sur la volonté d’espionner Moscou.

    • Désolé ! bien que héros il ne faisait pas partie des seven !
      Alan Shepard, Virgil Grissom , Gordon Cooper, Walter M. Schirra, Donald Kent Slayton, John Glenn et Scott Carpenter

    • Oh bah si c’est vous Jade qui le dites on ne peut que vous croire. Ce n’est pas comme si le trollage systématique était votre marque de fabrique autant que le mensonge le plus éhonté !

  1. Pauvre Arnaud! te voilà aux prises avec les ignares entichés de conspirationnisme! Ils sont prêts en revanche à croire à des tas de balivernes comme (oui, je l’ai entendu) la pulvérisation de produits chimiques par les avions pour rendre les hommes moins fertiles : la preuve : les grandes trainées blanches laissées par les avions!

  2. Le grand public ne connait principalement que Armstrong et Garagine comme grands héros de la conquete spatiale, mais pour les passionnés Young était et reste encore le plus grand de tous de part sa carrière et son palmarès incroyable.
    Il a connu 3 types de vaisseaux différents, il a été sur la Lune, il a réalisé le premier vol sur capsule (et pas module) Gemini, ainsi que le premier vol sur la navette spatiale, et il fallait ne avoir dan sle pantalon car avant ce premier vol il n’y avait eu aucun vol d’essai pour le décollage et le retour s’était limité à des vols pané laché à 10.000m.
    Ce type c’est l’idole d’une génération de passionné et pour beaucoup de passionné c’est un grand héros au meme rang (voir plus) que Gagarine ou Armstrong.
    Pour l’anecdote, raconté par Young lui meme, le sandiwch sorti lors de Gemini 3, était destiné à son copéquiper, le commandant de mission Grissom qui détestait la nourriture en tube de l’époque. Je n’ai jamais eu de retour d’info comme quoi il s’était fait disputé par sa hierarchie au retour (1) mais Grissom lui a répondu qu’il aurait des ennuis car il avait oublié la moutarde.

    (1): la NASA a toujours sanctionné les astronautes rebelles (ex: Carpenter sur Mercury 7, et l’équipage complet d’Apollo 1) par un retrait définitif de vol, ce qui n’a visiblement pas été fait avec Young. De plus la NASA savait assurément ce que transportait Young car lors de l’habillage tout est ultra controlé par de nombreux techniciens, ingénieurs et médecins pour éviter les contaminations. Impossible de faire passer une si grosse chose en douce sans leur autorisation.

  3. merci Arnaud, cette polémique m’avait échappé et elle m’a bien fait rire!
    On se rend compte qu’il est difficile de lutter contre les thèses complotistes par des arguments rationnels, scientifiques.
    Les hommes ont besoin de croire. Pour se rassurer? donner un sens à leur colère, à leur ignorance?
    En tout cas, moi, je crois tout ce que tu écris et j’en redemande.

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