Ce contrat était dans les cartons du ministère des armées depuis plusieurs semaines. La Direction Générale de l’Armement vient de finaliser l’exportation de cinq chasseurs-bombardiers Super Étendard Modernisé à destination de l’Aviacion Navale Argentina. Ces avions viendront bientôt s’ajouter aux dix modèles plus anciens déjà en dotation depuis le début des années 1980 et qui se sont illustrés aux Malouines.

Un an et demi après leur retrait du service dans notre marine ces cinq vieux guerriers vont donc traverser l’Atlantique et rempiler. Et ce n’est pas rien de dire que le Dassault Super Étendard Modernisé est loin d’être un avion dépassé, notamment pour un pays comme l’Argentine. Avec ses capacités air-air et air-sol accrues permettant aussi le bien l’emport et le tir de missiles R-550 Magic ou de bombes à guidage laser l’avion est très différent de ce qu’il était à sa sortie d’usine il y a plus de quarante ans.

Actuellement ces monoréacteurs embarqués sont préservés sous cocons dans les installations de l’Élément Air Rattaché 279 de Châteaudun d’où ils seront extraits dans les prochaines semaines. C’est là qu’ils vont être remis en état afin d’être rapidement pleinement opérationnels pour les marins argentins.

Pour autant si ces Super Étendard Modernisés ont souvent opérer depuis le pont du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle aucune chance qu’ils revoient de sitôt la haute mer, hormis depuis le ciel. En effet depuis 1997 et le retrait du service opération de l’ARA Veinticinco de Mayo la marine argentine ne possède plus aucune capacité de projection navale de la force aérienne. Ces cinq «nouveaux» Super Étendard seront donc comme leurs équivalents plus anciens des chasseurs navals terrestres.

Le sifflement si caractéristique du SNECMA Atar 8K ne va donc pas encore cesser de se faire entendre, tout du moins sur le continent sud-américain ! Pour le plus grand bonheur des aérophiles argentins.

Photo © Marine Nationale.

14 COMMENTAIRES

  1. D’après mes informations, ces Sem ne devraient pas voler (vues leur quantité d’heures de vol et leur usure…), mais servir de modernisation et de magasins de pièces détachées pour les vieux Sué (au standard de 1980) qui ont un potentiel bien plus élevé.
    Ceci dit, ça a pu changer ?

    • C’est pas plutot l’inverse car je crois que par manque de pièces détachées, les 11 SUE argentins sont cloués au sol. Et puis pourquoi se passer de super étendard les plus moderne alors que les sue argentins sont quasiment dans leur version de base.

  2. Des infos que j’avais eut il y a 2-3 ans, il était question de moderniser la flotte de SUE, argentin avec des pièces de la cinquantaines de SEM restant. Probable qu’il est acheté aussi les 5 avec le moins d’heures de vol. et d’appontages.

  3. Effectivement il s’est dit que l’ Argentine comptait acquérir des SEM français pour alimenter en pièces détachées ses SE. Mais dans ce cas pourquoi auraient-ils acheté précisément les 5 derniers appareils qui avaient encore un potentiel de vol ? Il n’a pas été précisé ce que comptait faire l’Argentine de ces 5 SEM.

  4. Le contrat est de 14 millions d’€. On parle aussi de la vente de 10 moteur Atar 8K50, de pièces détachées et d’un simulateur de vol mais je ne sais pas si cela est inclus dans les 14 millions d’€.
    Entre les mirages F1, jaguars, transall, SEM, mirage 4, nord 262 et futurs 2000N il y a de la brocante à faire à Chateaudun.

  5. Après l’assistance des Britanniques dans la recherche du malheureux sous-marin San Juan qui avait fait grincer pas mal de dents du côté argentin, voir des SEM arriver outre-Atlantique -car leur image dans l’inconscient collectif britannique reste forte avec la perte du Sheffield et de l’Atlantic Conveyor durant les Malouines- risque fort de faire changer la grogne de camp.
    En ce qui me concerne, loin des désidératas géopolitiques, c’est avec un certain contentement que je regarde nos fringants retraités (Mirage F1 avant eux inclus) s’envoler sous d’autres cieux et poursuivre leur déjà longue carrière.

    • Sauf que 38 ans ont passés depuis la guerre des malouines et l’Argentine qui devrait être un pays riche est aujourd’hui en pleine difficulté économique et est un nain militaire. Les britanniques ont 4 typhoons positionnés en permanence dans les malouines. Ce n’est pas 5 SEM qui vont leur faire peur. Et puis vu ce qu’ils ont pris, je pense qu’ils ont oubliés l’idée de reprendre les malouines par la force, privilégiant l’hypothétique voie pacifique.

      • Tout à fait, tout à fait, je suis d’accord avec vous. Mais il n’empêche que l’opinion publique britannique reste très sourcilleuse quant à toute tentative de réarmement de l’Argentine, si infime et peu menaçante soit-elle (car les Typhoons armés jusqu’au dents d’AIM-120 bons de guerre veillent, et comme vous le dites, 5 SEM ne seraient pas une menace pour eux).
        Quant aux Argentins, même si mineure en termes opérationnels, c’est une immense victoire diplomatique pour eux et un bon coup de pub pour leur aéronavale (qui il faut le dire, réalise des prouesses pour maintenir en vol sa flotte de Super Etendard). Durant et après le conflit, il suffit d’observer les tentatives des Argentins pour obtenir des pièces / missiles et des Britanniques pour les en empêcher pour comprendre l’importance que revêtit le tandem SEM/Exocet pour les gouvernements de ces deux nations. Aujourd’hui certes moins, mais tout de même.

        Car les Super Etendard argentins (avec 2 navires coulés pour 5 missiles lancés) restent un symbole traumatique majeur de la Royal Navy de ces dernières décennies, et un des événements mémorables de la guerre des Malouines pour le peuple britannique (et sur le plan aéronautique en ce qui nous concerne).

  6. qui sait si « la perfide ALBION » souhaite encore conserver les Malouines?
    Si le conflit reste encore fortement gravé dans les esprits , le temps passe et ces iles n’ont plus la valeur stratégique d’antant.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom