Cela n’aurait pu demeurer qu’une affaire privée entre la compagnie aérienne et sa passagère mais elle tourne désormais à l’incident diplomatique entre Rome et Tel-Aviv. Ce mercredi 3 janvier 2018 la célèbre concertiste israélienne Myrna Herzog a découvert à l’arrivée à Rome que son instrument de musique, vieux de plus de 300 ans, avait été détruits en soute du vol Alitalia qui l’amenait de Rio de Janeiro. Et désormais ce fait divers entache un peu plus l’image de la compagnie étatique italienne.

Selon madame Herzog les responsables de la compagnie aérienne prétendent ne pas être responsables de la situation. Il faut dire qu’ils ont tout intérêt à minimiser l’incident vu que l’instrument, une viole de gambe datant de 1685, est estimé à près d’un million d’euros. Il faut dire que c’est une pièce particulièrement rare. Pour mémoire la viole de gambe est un instrument à corde de la même famille que l’alto et le violoncelle apparu en Italie puis en France à la Renaissance. Sa maîtrise très particulière en fait un instrument particulièrement recherché.

Mais surtout l’affaire de cette viole de gambe relance le débat sur le transport de pièces culturelles d’exception à bord des avions de ligne. Selon Alitalia une proposition avait été faite à Myrna Herzog afin qu’elle achète une seconde place à bord de l’Airbus A330 pour y installer l’instrument et son étui. Ce qu’elle a refusé, visiblement pour des raisons économiques. Il peut paraître un peu simpliste pour une compagnie aérienne de se retrancher derrière l’argument de la place supplémentaire. Surtout cela impliquerait qu’aux yeux de ses dirigeants leurs soutes ne seraient pas sécurisés ? Car après tout un objet d’un million d’euros reste quelque chose de finalement assez peu élevé en rapport avec tout ce qui se trouve habituellement à bord des marchandises d’un avion.

Mais surtout désormais cette affaire empoisonne les relations entre l’Italie et l’état hébreu. Car même si l’avion venait du Brésil, où réside une partie de l’année madame Herzog, celle-ci est de nationalité israélienne. Et surtout elle enseigne à Tel Aviv. C’est donc désormais sur le terrain diplomatique que l’affaire se joue. Sauf que l’image d’Alitalia semble de nouveau écornée. C’est dommage car cette compagnie est généralement assez agréable et son personnel très professionnel !

Photo © Wikimédia Commons.

3 COMMENTAIRES

  1. Bon. Alitalia ou pas, je pense que nous sommes au sommet de la stupidité en trois points: De la compagnie qui promet une « prise en main soignée » alors qu’elle sait très bien qu’aucune compagnie ne fait cela, ou n’en a les moyens., Ensuite de ces « je m’en foutistes de chargeurs de bagages » au sol, dont la réputation n’est plus à faire ( grand moments à voir sur Youtube ) et ensuite de l’artiste qui connaît très bien la valeur de son instrument, et ne se donne pas les moyen de voyager avec en cabine. tout ceci reflète bien la société du XXI siécle ! :))) L’état de l’instrument, à voir ici: http://www.leparisien.fr/faits-divers/un-precieux-instrument-de-musique-du-xviie-siecle-detruit-sur-un-vol-d-alitalia-06-01-2018-7486152.php

  2. Un million d’euro et ça voyage en soute, Quand on connait le nombre de bagage perdu, égaré, abimé,… Il faut être complétement inconscient. Le peu de chose que j’ai de valeur quand je prends l’avion je le garde avec moi.

    • vu le volume, la soute est obligatoire.

      Le véritable problème réside dans l’assurance et la valeur déclarée par le passager à sa propre initiative, la compagnie n’étant pas tenue d’aller au-delà des normes internationales (voir ce qui se passe un simple envoi de colis postal). Avec possibilité de refus de transport par la compagnie si c’est au-delà des limites imposées par son propre assureur.

      Rien n’empêchant le passager de souscrire une assurance spéciale. Vu le prix de l’instrument et le métier de soliste internationale de cette dame, elle se doit d’avoir déjà une telle assurance qui couvre ce genre de chose (vol, incendie, transport, hôtel, etc…)

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