C’est en catimini que le premier véritable drone MALE (pour Moyenne Altitude Longue Endurance) en dotation en France a quitté le service actif. Ce lundi 8 janvier 2018 l’Escadron de Drones 1/33 Belfort a officiellement dit adieu à ses drones Harfang arrivés dans l’Armée de l’Air il y a un peu plus de huit ans. Des avions de reconnaissance sans pilote qui ont totalisé durant cette période 15440 heures de vol… sans le moindre accident.

Directement dérivé du célèbre drone israélien Heron l’EADS Harfang aura permis aux aviateurs français de défricher le domaine de vol des drones MALE, notamment après le retrait du service des chasseurs de reconnaissance Dassault Mirage F1-CR. Ces machines ont notamment démontré toutes leurs capacités opérationnelles lors des missions anti-terroristes dans la bande sahélo-saharienne.

Fiable, plutôt facile d’emploi et d’entretien, les EADS Harfang jouissaient d’une bonne image de marque au sein des équipes de l’Escadron de Drones 1/33 Belfort. Déjà lors de leurs essais au sein de l’Escadron d’Expérimentations Drones 1/330 Adour ces monomoteurs avaient impressionné. Et leur efficacité en opérations contre les forces djihadistes ont terminé de forger son image.

Néanmoins les Harfang n’ont jamais réussi à conquérir le cœur des passionnés d’aviation. Et cela notamment parce que les médias spécialisés (et nous même avons notre part de responsabilité !) leur ont toujours préféré les General Atomics MQ-9 Reaper de facture américaine. Ce dernier est incontestablement plus «sexy» que l’assez terne Harfang.

Désormais l’ED 1/33 est totalement tourné vers l’avion sans pilote américain. L’année prochaine six nouvelles machines, livrées au Block 5 et apte à l’emploi d’armement air-sol, sont attendues. De manière très rationnelle l’unité volera sur un seul et unique drone MALE.

On ignore encore actuellement quel sera le sort exact de ces quatre Harfang. Il est à noter que récemment le Maroc annonçait son intention d’acquérir entre deux et trois de ces drones. Et pour le dernier : direction la casse, une éventuelle revente en seconde main lui aussi, voire les stocks du Musée de l’Air et de l’Espace ? Certainement le saurons-nous dans les mois à venir.

Photo © Armée de l’Air

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