Dans sa présentation de la gamme Diamond, vendue aux Chinois, nous vous avions peut-être fait découvrir le DART-450, un nouveau venu sur le marché des turbopropulseurs biplaces d’entraînement. L’appareil devra affronter une concurrence acharnée sur ce secteur. Outre des machines déjà éprouvés, plusieurs avions fraichement éclos des bureaux d’étude vont se disputer les premières places. Faisons le point des différente aéronefs proposés.

Honneur aux anciens, commençons par les deux finalistes du programme américains OA-X, destiné à sélectionner un appareil d’observation et d’appui tactique : le Beechcraft/Ratheon AT6-B Volverine extrapolé du T6 Texan II et l’Embraer A29A Super Tucano.

AT-6 Volverine
Super Tucano

Ces deux vétérans étaient confrontés au début du processus de sélection au Scorpion. J’ai hésité à l’inclure à la liste car il s’agit d’un avion à réaction. On peut toutefois considérer qu’il s’agit d’un appareil de la même catégorie.

Le groupe Trextron, maison mère de Bell et Cessna, associé à la startup Airland, a réalisé l’exploit de passer des ébauches sur ordinateur au premier vol en deux ans. Afin de tenir ce calendrier très serré, les ingénieurs ont repris une grande partie des éléments de la gamme des jets d’affaire Cessna Citation. C’est un des tous premiers appareils à réaction avec une cellule en carbone. Il n’a pas encore trouvé preneur.

Le Scorpion

Un quatrième participant était venu se mêler in extremis à la compétition OA-X. Il s’agit de l’Air Tractor, le rustique avion d’épandage agricole, transformé en avion armé par Air Tracor Inc. associée à L3 et dénommé AT-802L Lonsbow. Les Emirats Arabes Unis l’emploient depuis 2011 et ont commandé sa dernière version appelée Archangel. Cette machine n’est pas destinée à la formation des pilotes.

L’Air Tractor AT-802 L

Le Pilatus PC-21 est un avion d’instruction haut de gamme, de part ses capacités de vol et les performances de son avionique. Celle-ci est capable de reproduire les différents comportements des avions de chasse auxquels sont destinés les aspirants pilotes. Il a déjà connu un réel succès, puisqu’il a été vendu aux armées de Suisse, Singapour, Australie, Jordanie, France, Grande Bretagne, E.A.U., Qatar et Arabie Saoudite. Il n’est pas proposé en version armée, neutralité de nos voisins helvètes oblige.

Il est également le seul turbopropulseur a pouvoir assurer l’ensemble du spectre de la formation des pilotes de chasse, sans passer par un jet. Les pilotes suisses passent directement du Pilatus au F-5 ou au F-18. L’armée de l’air française va employer le PC-21 sur les étapes intermédiaires et avancées de son cursus de formation. Elle conservera dans un premier temps les Alphajet pour la phase finale. Ces derniers n’étant toutefois pas éternels, la France n’a pas encore décidé si elle va imiter la Suisse ou acquérir un avion d’entraînement à réaction. A titre d’essai, deux élèves officiers français ont effectué leur formation complète sur PC-21 au sein de l’escadrille d’instruction helvète. Il sont passés avec succès directement sur Mirage 2000-5 pour l’un et sur Rafale pour l’autre.

Pilatus PC-21

La Pologne a commandé à PZL Warzawa-Okecie, une filiale locale d’Airbus, une remise à niveau complète de 12 de ses PZL-130 Orlik. Elle espère convaincre des clients à l’export. Il s’agit d’une rénovation lourde puisqu’elle concerne le remplacement du moteur, de l’avionique, des ailes, de l’empennage, d’une partie du fuselage, ainsi que du faisceau électrique.

L’aile est caractéristique d’un avion ancien ayant été rénové. Elle présente en effet deux caissons sur le bord d’attaque (les petits plans verticaux aussi appelés fences, qui canalisent le flux d’air), appendices qu’on ne trouve que sur les appareils d’un certain âge, alors que d’autre part elle se termine a son extrémité  par des winglets , ailettes qu’on ne trouve que sur les appareils les plus modernes. On notera la queue particulièrement courte.

Le PZL-130 Orlik

Arnaud nous avait déjà présenté le Calidus B-250 émirati, tout en carbone et conçu sous l’égide d’anciens ingénieurs d’Embraer.

CALIDUS B-250

Marcel, également, vous avait présenté le DART 450 de Diamond également en carbone.

DART 450

Du côté de l’Asie, la firme coréen KAI a mis au point, le KT-1P qu’elle a vendu au Pérou et à l’Indonésie. L’avionneur turc TAI en a extrapolé le Hurtkus.

Un KT-1P Péruvien

On terminera par le très original Ahrlac des firmes Paramount et Aérosud. Il n’est pas conçu pour la formation et se destine à la reconnaissance et l’appui rapproché. Il s’agit du premier avion de combat conçu intégralement en Afrique du Sud.

L’AHRLAC

Tous ces appareils sont équipés de la turbine PT-6 de Pratt & Whitney, déclinée en différentes puissances, à l’exception bien sûr du Scorpion qui possède deux réacteurs Honeywell TFE730, ainsi que du DART-450 qui utilise une turbine ukrainienne Ivchenko Progress et Motor Sich.

Mais cette liste n’est pas exhaustive.

L’intérêt de tels aéronefs pour l’appui rapproché ne réside pas seulement dans le faible coût d’acquisition et d’entretien. Preuve en est que les Emirats Arabes Unis, qui ne sont pas réputés pour l’indigence de leurs moyens, en emploient. Leur faible vitesse peut être un atout dans le combat que les américains qualifient de COIN (Counter Insurgent, antiguérilla) ou CAS (Close Air Support, appui rapproché). Leur action s’apparente dans ce cas à celle des hélicoptères d’attaque.

26 COMMENTAIRES

    • Oui vous avez raison Philippe, en particulier pour l’AT6 Volverine extrapolé du T6 Texan lui même inspiré du PC 7. Entendons nous bien, il ne s’agit pas de copies pirates du PC7, mais de rachat de licences, de plans ou d’études au près de Pilatus. A la décharge des constructeurs il faut bien avouer que les règles de l’aérodynamique sont les mêmes pour tout le monde. Avec une formule mono-turbopropulseur et biplace en tandem, on arrive rapidement à des similItudes. Et si certains appareils se ressemblent fortement en photo, on s’aperçoit en les comparant de visu qu’ils diffèrent tout de même. Le DART 450 par exemple est plus petit. Et à ce sujet avouez que les sud-africains ont su faire dans l’originalité avec leur AHLRAC !

      • En fait ils ont privilégié la visibilité. Ainsi ils ont opté pour une aile haute placée derrière la verrière pour dégager le champs de vision vers le sol et vars le haut.. La place arrière est très surélevés par rapport celle de devant afin de dégager la vue vers l’avant pour le pilote situé derrière. Une configuration à hélice propulsive a été préférée ainsi le nez de l’avion est plongeant et la vue n’est pas obstruée par un long capot moteur. La turbine et l’hélice placées à l’arrière ont engendré une double queue, et voila comment ce drôle d’oiseau est né.

        Désolé je me suis trompé dans mon commentaire l’acronyme officiel n’est pas AHLRAC mais AHRLAC, comme indiqué dans l’article, pour Advanced High Performance Reconnaissance Light Aircraft (Avion léger de reconnaissance avancée haute performance)

  1. Petite erreur, le PC-21 ne peut pas être armé. Le système de simulation qui intègre l’avion de devrait être enlevé et en resulterait une instabilité de vol. La question ne revêt pas comme pour ces prédécesseurs d’un problème de neutralité.

    Pk, avia news

    • Oui tout à fait Pascal, mais votre affirmation n’est pas contradictoire avec mon article. D’ailleurs dans l’absolu sur une version armée qui serait destinée à l’attaque le système de simulation ne serait plus nécessaire. Mais Pilatus ne s’est pas posé la question puisque il n’envisage pas de le vendre dans une telle version.

      • La précision de P. Kummerling n’est pas non plus dénuée d’intérêt : je me demandais justement si l’acheteur pouvait armer l’avion après achat, je sais à présent qu’il ne peut le faire 🙂

  2. Ca doit tout de même être très vulnérable aux armes de petits calibres ces zings ?
    Évidement le prix d’un seul de ces appareils n’a rien de comparable avec celui d’un A 10, la formation du pilote non plus.

    • C’est vrai, aussi certains peuvent être blindés sur une partie du fuselage, autour du cockpit et/ou du moteur. Mais un hélico est encore plus vulnérable. Et il n’est pas si facile de viser un appareil qui vous survole en rase-motte à plusieurs centaines de km/h. Certes quand l’appareil se rapproche de sa cible au sol il se met à portée de celle-ci. Mais plus l’avion se rapproche de l’arme qui le vise, plus celle-ci doit se déplacer rapidement pour le suivre..

      • Ces appareils emploient principalement des missiles air-sol et n’ont pas d’armement interne à, l’exeption de l’Embraer. Le danger réside plutôt dans des systèmes de défense anti-aériens légers genre Stinger.

  3. Au Bourget je trouvais le Air Tractor assez vilain, mais il a un style brutal qui a un certain cachet…

    En tout cas merci pour cette liste intéressante ! Les leçons des guerres asymétriques ont au moins eu le mérite de réveiller des gouvernements qui ont trop misé sur le chasseur omnirôle hors de prix au nez pointu !

    Par contre, ils auront beau leur coller des dents au museau, ces oiseaux n’auront jamais la classe d’un Kittyhawk !!!

  4. J’aime bien ce genre d’aeronefs, par leurs aspects et armements, on dirait qu’il sont les descendants direct des P-47, Il-2 ou autres hawker tempest. Le Airtractor quand à lui, me fait penser au A1 skyraider.

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