La situation dégénère tellement dans la Ghouta que même les alliés du dictateur Bachar El-Assad s’en inquiètent. Depuis ce dimanche 19 février 2018 l’aviation et l’artillerie syriennes réalisent des frappes contre une partie de la banlieue de Damas, la capitale du pays. Celles-ci auraient déjà tué plus de 250 civils innocents dont de nombreux enfants. Selon l’état-major syrien la zone serait un foyer djihadiste.

Or même l’Iran et la Russie, les deux plus fidèles alliés de l’actuelle Syrie, dénoncent ces frappes inconsidérées. À Moscou on insiste à demi-mot sur le fait que la Ghouta soit un secteur de désescalade où plusieurs groupes terroristes islamistes ont fui, tout en indiquant qu’aucun avion russe ne participe à ces bombardements.
Pourtant rien n’y fait l’aviation syrienne continue ses raids aériens.

Mais au fait, c’est quoi la Ghouta ?
Au départ il s’agit d’une simple oasis qui a été peu à peu urbanisée au cours des siècles jusqu’à devenir la banlieue agricole de Damas, célèbre notamment pour ses productions de fruits. C’est aussi une série de quartiers déshérités où au plus fort de la guerre civile syrienne les groupes djihadistes ont su trouver des cachettes. Cependant réduire la Ghouta à un territoire islamiste serait totalement faux et mensonger.

Et là où la communauté internationale a réagi, par la voix de sa plus haute autorité Antonio Guterres secrétaire générale de l’ONU, c’est après que des hélicoptères de combat et des chasseurs-bombardiers syriens aient attaqué plusieurs hôpitaux. Des tirs de roquettes et des lâchés de bombes lisses ont tué plus de 127 personnes dans ces seuls lieux. L’une de ces structures était un centre de puériculture ! Une réunion d’urgence du conseil de sécurité des Nations Unies a été demandée.

Des avions de combat Aero L-39 et Sukhoi Su-22 ont clairement été identifié ainsi que des hélicoptères Mil Mi-8 et Mil Mi-24. Certaines informations, difficiles à confirmer, font également état de la présence au-dessus de la Ghouta de Sukhoi Su-24.
C’est à dire dans les faits le gros de l’aviation d’assaut syrienne.

Mais surtout il semble que désormais ces chasseurs-bombardiers et hélicoptères syriens réalisent leurs missions sous la protection de chasseurs purs. Des Mikoyan MiG-29 auraient eux-aussi été aperçus dans le ciel de la Ghouta. Ce qui impliquerait que Bachar El-Assad, conscient de ses crimes, redoute une réaction armée de la communauté internationale.

Photo © Keypublishing.

5 COMMENTAIRES

  1. Nous savons tous ce que la guerre entraîne comme souffrances et crimes contre des innocents . La mémoire occidentale a cela de particulier ,une mémoire courte et selective . Une question simple ,pourtant ,devrait nous titiller le reste de meninges . Pourquoi ? Peut-être devons nous creuser plus ,en se demandant , à qui profite le CRIME ? Mais je reste septique . , ce lieu se devant être loin de toutes polémiques ,par simple respect pour l’Autre !

  2. Petit reportage à charge dans les médias Français comme d’habitude, les méchants Syriens, les méchants Iraniens et surtout les méchants Russes, les Turcs ont la même posture vis à vis des Kurdes depuis plusieurs semaines……sans réaction de personne.
    La guerre est loin d’être finie, les pauvres civils vont encore dérouiller malheureusement……..

  3. Turquie , Iran, Syrie , c’est une partition difficile à comprendre autant qu’elle est mortelle pour des civils ( femmes, enfants, familles entières ) plongés dans l’horreur . Je pense que le silence de nos médias en disent long sur la position de notre gouvernement : fermez les yeux. Imaginez une intervention de l’aviation de la coalition contre l’aviation syrienne ,avec l’aviation russe au milieu de tout ça. Ouff je n’ose même pas imaginer les conséquences…

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