La tension entre d’un côté l’état hébreu et de l’autre l’Iran et la Syrie est encore montée d’un cran ce samedi 10 février 2018. Après l’incursion d’un drone de reconnaissance iranien au-dessus du nord d’Israël des chasseurs-bombardiers de Heyl Ha’Avir ont réalisé une série de frappes aériennes dans le centre de la Syrie. Les principaux objectifs ont été des intérêts militaires iraniens et syriens autour de la ville de Palmyre, récemment libérée du joug de Daech.

C’est aux alentours de 4 heures 30 du matin qu’un drone de reconnaissance volant à moyenne altitude a été repéré par les radars de la défense aérienne israélienne. L’avion sans pilote survolait alors les faubourgs de l’historique cité de Tibériade quand il a été abattu par Tsahal, l’armée israélienne. L’examen de ses restes a laissé supposer qu’il s’agissait d’un Yasur, un drone de reconnaissance de construction iranienne copié à partir d’un Boeing Insitu MQ-27 Scan Eagle. Un exemplaire du drone américain aurait été capturé en 2012.

Pour nombre de pays occidentaux il ne fait aucun doute que des Yasur ont été fourni par l’Iran aux troupes terroristes du Hezbollah. Ceux-ci pourraient ainsi surveiller la moitié nord du territoire israélien.

À peine une heure après cette interception une mission de riposte a été décidée par l’état-major israélien. Entre six et huit avions de combat biplaces Lockheed-Martin F-16I Sufa ont pris les airs en direction de la ville de Palmyre. En effet selon les services de renseignement israéliens c’est de là que serait parti le drone iranien. C’est la seconde fois en moins d’un an que Heyl Ha’Avir bombarde cette région, réputée abriter plusieurs points de grand intérêt pour le renseignement iranien.

Selon l’état-major israélien douze cibles majeures ont été détruites par les munitions de précisions tirées depuis les F-16I Sufa. Huit seraient des positions militaires syriennes jugées dangereuses pour la sécurité de l’état hébreu et quatre des centres iraniens de communications et d’analyses.

Tout aurait pu se dérouler comme sur des roulettes si la DCA syrienne ne s’en était pas mêlée. Il semble que plusieurs dizaines de missiles sol-air ont été tiré contre les avions israéliens, tandis que les canons des ZSU-23/4 et ZSU-57/2 crachaient leurs obus. C’est peu avant la frontière israélo-syrienne sur le plateau du Golan qu’un F-16I Sufa semble avoir été atteint. Ses deux membres d’équipage ont alors déclenché leurs sièges éjectables et sont retombés en territoire israéliens. Vivants mais souffrants pour l’un d’entre-eux de graves blessures aux jambes ils ont été pris en charge par les services de secours et conduits vers un hôpital militaire de la région.
L’avion, ou plutôt ce qu’il en reste, est retombé lui-aussi en Israël.

Immédiatement les autorités iraniennes et syriennes ont (légitimement) hurlé leur désapprobation auprès de l’ONU parlant d’une grave violation de souveraineté. Malgré la perte de ce chasseur-bombardier l’opération est considérée par l’état-major de Heyl Ha’Avir comme un succès. Pour autant Tel-Aviv a décidé de relever le niveau d’alerte de ses forces terrestres et aériennes basées sur le plateau du Golan.

Photo © Heyl Ha’Avir

21 COMMENTAIRES

  1. Ouff ça commence à sentir mauvais !! Je crains le pire à moyen terme dans la région,c’est que l’Iran à une vraie aviation . Pour Israël la livraison de f35 va être urgente , d’ailleurs je pense que leur baptême du feu ( aux f35) se fera sous cocarde de l’état hébreu. Enfin j’espère me tromper .

    • C’est effectivement probable hélas, en espérant pour les Israéliens que le F-35 ne souffre pas d’un de ses (nombreux) dysfonctionnements… Les solutions éprouvées du type F-15/F-16 paraissent plus sures ?
      « Vraie aviation iranienne » : certes, mais des MiG-29 ou Mirage F.1 (ex-irakiens) des années 80, sans parler des F-4D des années 70, ne semblent pas vraiment faire le poids face à l’aviation israélienne…
      On comprend qu’Israël ne puisse laisser une menace iranienne à ses portes. L’inconnue pour nos amis israéliens est plutôt la menace SAM à base de S-300 (ou S-400 ?) autrement plus dangereuse.

    • En fait il semblerait que l’Iran veuille jouer la carte de la désescalade dans cette affaire. Préférant la diplomatie à la force brute la république islamique se place du coup beaucoup plus comme une grande puissance que l’état hébreu. Après entre ces deux pays beaucoup passent par les faux-semblants et les jeux de dupes !

      • Ils ont pas que des MiG-29! Ils ont aussi les derniers avions russes…

        Et en plus, il a été prouvé lors de dogfights simulés que le f-35 n’a strictement aucune chance en dogfight, mais sont bons uniquement en tant que bombardier.

        En plus il est exactement comme le tigre, bijou de technologie mais complètement inutile au combat car toujours en panne.

        • Ah bon vous êtes sûr de ce que vous avancez concernant les pannes du Tigre et du F-35, mais aussi des « incapacités » du Lightning II en combat aérien eut égard au fait qu’il n’a jamais été engagé dans aucun dogfight ?

        • Hé non David, le Mig-29A est l’appareil le plus récent / moderne qu’aligne l’IRIAF à l’heure actuelle. Ils ont encore pas mal de vieux F-14A Tomcat et F-4D/E Phantom qui volent en cannibalisant les autres depuis l’embargo US, des F-5E et une poignée de Mirage F1, sans parler des J-7 (copie chinoise de Mig-21). Tous ces appareils ont 20 à 30 ans de retard au bas mot sur le parc israélien qui lui est continuellement modernisé. Sans parler de la formation des équipages.

          Sur le papier il y a certes du nombre dans les armées de l’air syrienne et iranienne, mais soyons clair : le temps des guerres des 6 jours / Kippour où elles faisaient jeu égal avec Tsahal car l’on se battait à courte portée au canon / missile IR (Fox2) est révolu. Aucun des appareils de ces forces aériennes arabes n’a de radar moderne ni de capacité Fox3.
          Bref, dans l’hypothèse -plus qu’improbable car l’Iran cherche la désescalade diplomatique- d’un combat aérien, les F15-16-35 israéliens guidés par AWACS pourraient tranquillement engager à l’AMRAAM leurs adversaires avant même que ceux-ci soient à portée de détection.
          Le très réel danger vient en réalité des SAM, là par contre oui, les cieux syriens / iraniens seraient disputés, si Israël devait mener d’autres incursions.

  2. La perte du F-16 est plus symbolique qu’autre chose car Israël a annihilé la défense anti-aérienne syrienne et probablement infligé de lourdes pertes à l’Iran et à la Syrie. Au vu des 12 objectifs visés Israël a mis en œuvre au moins 50 à 100 avions….

    • Non Israël n’a pas engagé cinquante ou cent avions, pas plus de dix ou douze. La particularité des F-16I Sufa est qu’ils sont capables de traiter plusieurs cibles à la fois. Ils sont parmi les Fighting Falcon les plus modernes actuellement dans le monde, devant même ceux de l’US Air Force.

      • Votre chiffre me parait extrêmement bas car les 12 cibles sont éloignées l’une de l’autre. Quoiqu’il en soit la perte d’un F-16 est tjr douloureuse mais à voir les réactions syriennes et iraniennes il semblerait qu’Israël ait eu des résultats probants.

  3. Mmmh… les iraniens envoient un drone d’observation et les israeliens les bombardent… A croire que les méchants ne sont toujours pas ceux que l’on croit….

  4. Toute incursion (que ce soit le drone ou après les Sufa) au-dessus d’un territoire souverain évoque une provocation, et induit -surtout dans cette région troublée- une réponse à minima de défense, et souvent avec Israël, de riposte.
    Dans le cas présent cela n’a pas tardé, mais la réponse virulente de la DCA syrienne a surpris. Il a même été question de vols commerciaux détournés au-dessus de la Méditerranées pour cause de nombreux missiles en l’air.

    Reste que malgré leurs pertes au sol vraisemblables (rien n’a filtré), les Syriens ont réussi un coup d’éclat pour leur propagande en abattant un appareil d’origine US de l’ennemi historique Hébreu (un coup double donc), et par la même, fait de la publicité aux systèmes sol-air de leurs alliés Russes, qui rappelons-le ont toujours été redoutés -et à juste titre- des aviateurs occidentaux depuis le début de la Guerre froide.

    En cas d’escalade, ce ne sont pas les aviations Syrienne ou Iranienne qui seraient à craindre pour les appareils Israéliens, ces dernières étant équipées d’appareils moins sophistiqués et de pilotes autrement moins formés et aguerris, mais bien les S-300 et 400.
    Et il faut ajouter que la présence de systèmes SAM russes opérés par les Russes eux-mêmes sur le territoire syrien (depuis leur base de Latakié) pose une autre inconnue dans l’équation, rendant le contexte encore plus épineux pour l’état hébreu.

  5. Comment peut on savoir si un avion est abattu par un S300 ou S400?C’est très difficile de le savoir ..donc dans ce contexte de flou ou d’incertitude toute menace doit être traitée de la même façon..les systèmes de défenses Russes doivent être bombardées autant que celles qui sont syriennes ou iraniennes….une menace est une menace ….il n’y a pas de menace à ménager sinon le conflit va s’éterniser comme celui du Vietnam

    • Mmh, il n’y a pas de réel « conflit » ouvert entre Israël et le duo Syrie / Iran, c’est un incident qui se greffe sur la situation déjà compliquée de la révolution syrienne et la campagne d’éradication de Daesh, mais sans réel rapport.
      En effet, Israël frappe sporadiquement -et assez impunément il faut le dire- depuis des années des cibles dans les pays limitrophes qui menacent sa sécurité selon ses portes-parole ; cet incident du drone d’origine iranienne et du raid revanchard qui a suivi n’est qu’un nouvel épisode du genre.

      Mais bombarder les batteries Russes ?!! Comme vous y allez 😉
      Alors je veux bien croire que Syriens et Russes utilisent les mêmes types de SAM et que cette tierce présence pose un souci tant diplomatique que tactique pour les Israéliens lorsqu’ils doivent mener des incursions de représailles, mais enfin les Russes sont « invités » des Syriens, et eux ne s’en sont jamais ouvertement pris à l’état Hébreu depuis le début de leur intervention sur place (seulement des rumeurs de tensions entre F15I et SU30), bref toute frappe contre Latakié serait prise comme une incompréhensible agression.
      Et insensée d’ailleurs, la Russie reste un géant qu’aucun état ne souhaite provoquer de la sorte, il suffit de voir comme Erdogan (dont la force aérienne est pourtant crédible et qui avait l’OTAN potentiellement en soutien) a calmé le jeu suite à l’affaire du SU24 abattu pour comprendre cela. De même, la Russie et les membres de la Coalition, USA en tête, ont systématiquement marché -enfin, volé- sur des œufs dans l’espace aérien syrien malgré les divergences politiques sur le choix des cibles et les tensions dues à la proximité de tous ces appareils.
      Sans parler de la condamnation unanime de la communauté internationale qui découlerait d’une telle action, cela réduirait le nombre de ses alliés et jetterait définitivement le discrédit sur Israël, qui n’a déjà pas grande popularité quant à ses actions militaires dans la région depuis des décennies.

      Bref pour d’innombrables raisons ce scénario me semble plus qu’improbable, et une vraie folie si vous voulez mon avis ;). Maintenant, il n’est pas impossible qu’un ou deux « conseillers » russes soient assis à une console radar syrienne, comme du temps du Vietnam, puisque vous y faites allusion.

  6. Dans l’article, il est question de plusieurs dizaines de missiles tirés contre les F16 Israéliens. Et beaucoup de monde parle de missiles S300 ou S400 russes. Ces missiles d’une talle respectable doivent coûter un bras, surtout le tout récent (et apparemment si efficace) S400.
    La Syrie et l’Iran ont-ils les moyens de riposter de la sorte.
    Ou alors existe-t-il d’autres armes plus anciennes qui auraient pu être utilisées?

  7. D’après certaines sources, la DCA Syrienne aurait utilisé un système S-200 mis à jour par les Russes. C’est le premier avion de haute technologie Israélien abattu depuis 1982…

  8. Merci pour l’info. Vu leur aspect, c’est plus logique. Ils ressemblent aux missiles Nike américains des années 70 ou 80 que d’ailleurs nous avons aussi eu en Belgique.

  9. De toute manière, quelle que soit la façon dont le Sufa a été abattu (aussi coûteuse soit-elle s’il s’agit de S3 ou 400, et n’oublions pas que de nombreux missiles ont été lancés), les retombées en terme de propagande pour le régime Syrien compenseront amplement.

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