C’est un chiffre véritablement hallucinant. Ce mardi 13 mars 2018 l’avionneur de Seattle a annoncé la livraison prochaine et la sortie d’usine du 10 000ème exemplaire de son biréacteur de ligne court-moyen courrier 737, un avion conçu rappelons-le au milieu des années 1960. Un avion qui se vend très bien auprès des compagnies aériennes mais également des clients militaires.

Car c’est là la force du Boeing 737 : sa polyvalence. Non content d’être un transporteur de passagers hors norme le «petit» de la famille est aussi un véritable couteau suisse pour les militaires. Il sait presque tout faire. Du soutien logistique et transport de personnalités avec le C-40 Clipper à la patrouille maritime et la lutte anti-sous-marine avec le P-8 Poseidon en passant par l’entraînement avancé avec le T-43 Gator ou encore le contrôle radar aéroporté avec l’E-7 Wedgetail le Boeing 737 est parfaitement taillé pour les forces aériennes et aéronavales.
Ce que son actuel principal concurrent, l’Airbus A320, n’a jamais su faire !

Depuis février 1968 et son entrée en service commercial (sous les couleurs ouest-allemandes de la Lufthansa) le Boeing 737 a aussi réussi à effacer la quasi totalité de ses concurrents : BAC 111, Douglas DC-9, Hawker-Siddeley Trident, ou encore Sud Aviation Caravelle dans les premiers temps de son exploitation commerciale. Puis quelques années plus tard Dassault Mercure, McDonnell Douglas MD-80, et jusqu’à récemment le Boeing 717 ou même le Tupolev Tu-204 pourtant conçu comme une alternative soviétique au Boeing 757 plus grand.
Le cas des avions soviétiques est édifiant. Dès l’effondrement de l’URSS et la fin du communisme absolu les compagnies désormais russes se sont engouffrées dans les catalogues des constructeurs occidentaux. Et tout naturellement le Boeing 737 était en bonne place dans les commandes.

Malgré des tentatives brésiliennes, canadiennes, ou chinoises de contester cela , aujourd’hui ce segment commercial est tenu par deux avions seulement : l’Airbus A320 et le Boeing 737. Et quand on sait qu’il s’agit là du marché civil le plus juteux, devant les longs-courriers, on comprend mieux la guerre acharnée qui existe entre Toulouse et Seattle.

Il est à noter que le 5000ème Boeing 737 fut livré en 2006. Autrement dit le constructeur a fait aussi bien au cours des douze dernières années qu’en quarante-neuf ans ! Pas mal.
Il faut dire que jamais l’avionneur n’a cessé de moderniser son avion, passant des Boeing 737-100 et 737-200 de 1968 aux 737 MAX actuels.

Ce 10000ème Boeing 737 est un exemplaire de la série MAX 8 et a été livré à la compagnie américaine Southwest, spécialisée dans les vols intérieurs à bas coût ! Un transporteur qui utilise le biréacteur de Seattle depuis 1971 et l’introduction des premiers 737-200.

Par comparaison il faut savoir que fin décembre 2017 Airbus livrait le 8000ème exemplaire de la famille A320, un avion qui commença sa carrière commerciale en avril 1988 soit vingt ans après le Boeing 737. Le 10000ème A320 devrait donc lui aussi ne pas tarder à pointer le bout de son nez. Belle bataille commerciale en tout cas !

Photo © Keypublishing.

1 COMMENTAIRE

  1. Nous sommes a la 4eme génération de 737. Celle de 1968, les 737 classic (années 80), les 737 next generation (années 90), et aujourd’hui le 737 max.
    Entre les sites d’assemblages de Toulouse, Hambourg, Mobile et Tianjin ce sont environ 60 exemplaires de la famille A320 qui sont assemblés tout les mois. En gardant cette cadence nous aurons atteint le 10 000 eme exemplaire d’ici 3 ans.

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