Les retards de livraisons, ça l’aviation militaire américaine connait bien avec ses F-35A Lightning II ! Mais visiblement ils ne concernent pas uniquement Lockheed-Martin mais également Boeing. L’avionneur de Seattle vient de sévèrement se faire rabrouer par Matt Denovan, sous-secrétaire à la défense des États-Unis en charge de l’US Air Force, qui a lui lancé un ultimatum visant à ce que le constructeur respecte son calendrier de livraisons des ravitailleurs en vol KC-46 Pegasus. Pour la petite histoire les premiers exemplaires de série auraient dû être arrivés sur les bases de l’USAF l’été dernier !

Car le programme du Boeing KC-46 Pegasus, directement dérivé de l’avion de ligne à succès 767, est au moins aussi prioritaire pour l’US Air Force que celui du F-35A Lightning II, voire même plus aux yeux de certains. Il faut dire que ces ravitailleurs biréacteurs de nouvelle génération devront totalement remplacer les «vieux» Boeing KC-135 Stratotanker datant de la guerre froide et usés jusqu’à la corde. Tellement d’ailleurs que l’aviation américaine a actuellement recours massivement à ses McDonnell Douglas KC-10 Extender pourtant pas conçus au départ pour des opérations aussi régulières, mais théoriquement réservés aux missions stratégiques et/ou extérieures.

Boeing de son côté assume pleinement les retards non pas dus au développement de l’avion mais bien à son usinage. Du coup cela entraîne beaucoup de questions autour de la capacité du constructeur au sujet d’une technique qu’il avait pourtant initiée à grande échelle au début de la guerre froide avec un avion comme le KB-29 et son grand frère KB-50. Cependant il semble bien que ce savoir-faire a été perdu avec les années. Et c’est bien dommage pour l’US Air Force qui pâtit de ces retards.

KC-46 Pegasus de présérie ravitaillant un A-10 Thunderbolt II lors d’essais.

Ce qui tranche avec ces retards ce sont les essais de validations du KC-46 Pegasus avec l’ensemble des avions de l’arsenal de l’US Air Force mais aussi de l’US Navy et de l’US Marines Corps susceptibles de recevoir un jour du carburant en vol depuis le biréacteur de ravitaillement en vol. Ils se passent particulièrement bien, le nouvel avion en ayant réussi la totalité.

Photos © US Air Force.

10 COMMENTAIRES

  1. A noter que le KC-46 est bien plus qu’un ravitailleur. Défense électronique, « noeud de communication », ravitaillement USN et USAF, cargo,

    • J’ai un peu de mal à comprendre ce que vous appelez nœud de communication et défense électronique dans le cas du Boeing KC-46 Pegasus ?

      • Il participe à la transmission ou au relais des données tactiques via la liaison 16, Possiblement, il peut servir de relais de données à un pack de F-35 en front line, le tanker redistribuant les infos vers d’autres appareils à l’arrière…
        Sur les fonctions de guerre électronique, il embarque des équipement de guerre électronique défensifs : détection radar, contre mesures IR …
        Les A330 MRTT français feront de même, voire plus (recueil de et pré traitement des données de missions reco par un officier de renseignement à bord.)

        • Permettez-moi d’avoir des doutes sur ces missions secondaires, j’attendrais à l’usage pour éventuellement les lever !

      • Pour l’instant Denovan ne les a pas clairement explicité mais ce type d’ultimatum est suffisamment rare pour que Boeing le prenne très au sérieux et tente au maximum de rectifier le tir. Pour les pénalités on les verra sûrement venir en temps voulu !

    • Il s’agirait plus de menaces que d’un ultimatum (même au sens figuré) D’où la confusion dans la compréhension.
      En effet les sanctions, en cas de non respect, ne sont pas précisées dans cet article.
      Un ultimatum, utilisé au sens figuré, sous entends une rupture sèche de coopération voir même une opposition pure et dure en cas de non respect des conditions. Je vois mal l’USAF cesser tout relation avec Boeing.
      Peut qu’il aurait-il fallu expliciter les leviers de pressions disponible pour les US.
      Cordialement

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