Le remplacement à venir des Tornado IDS en service dans la Luftwaffe est un programme qui enflamme plus d’un avionneur. Pourtant ce n’est pas tout à fait le seul. Depuis Berlin, et le salon ILA 2018, Boeing a proposé en effet au Bundeswehr de fournir des avions de guerre électronique EA-18G Growler afin de prendre la succession des actuels Tornado ECR. Objectivement parlant l’avion américain est effectivement le seul véritable en capacité de permettre aux Allemands de maintenir leurs capacités dans ce domaine mais aussi dans la lutte contre les radars et défenses sol-air ennemies.

Bien entendu il ne serait nullement question que les Boeing EA-18G Growler servent comme avions embarqués, l’Allemagne n’ayant pas de porte-avions et n’ayant pas non plus dans l’objectif d’en mettre un quelconque en chantier. Du coup on pourrait alors se demander s’il est bien raisonnable pour l’avionneur de Seattle de proposer son biréacteurs à la Luftwaffe ? Et la réponse est oui sans aucune hésitation.
Car dans sa musette Boeing possède un parfait exemple d’une force aérienne utilisant son avion de manière terrestre : la Royal Australian Air Force qui met en œuvre l’avion depuis 2015 depuis ses bases aériennes.

Certainement la moins connue des trois versions du biréacteur de combat européen, le Tornado ECR (pour Electronic Combat & Reconnaissance) est une version à l’origine conçue exclusivement pour les besoins allemands. La Luftwaffe en a reçu trente-cinq exemplaires à partir du printemps 1990. En plus de la guerre électronique active et de la reconnaissance tactique ces biréacteurs peuvent emporter et tirer des missiles antiradar AGM-88 Harm de facture américaine. Ça tombe bien ce type très particulier de munitions se retrouve dans l’arsenal de l’EA-18G Growler.
Il est à noter qu’au cours des années 1990 l’Aeronautica Militare a également fait le pari du Tornado ECR, qu’elle devra elle-aussi bientôt remplacer.

Il est intéressant de voir que la proposition de Boeing s’inscrit dans un achat groupé avec le F/A-18E & F Super Hornet comme remplaçant du Tornado IDS mais pas uniquement. Si son chasseur multirôle venait à échouer en Allemagne le programme de l’EA-18G Growler continuerait, l’avionneur américain étant sûr qu’aucun avion actuel ne peut lui disputer ce contrat.
Pour autant il n’est pas prévu que le Bundeswehr remplace ses avions au même nombre. Contre trente-cinq Tornado ECR acquis dans les années 1990 elle ne prévoit l’achat que de vingt à vingt-cinq nouveaux appareils. Un contrat qui serait tout de même assez intéressant pour Boeing.

Photo © US Navy.

8 COMMENTAIRES

  1. C’est un choix logique et cohérent, depuis le retrait des F111 Raven de l’US Airforce et des EA6 B Intruder de la Navy, le seul avion occidental spécialisé dans la guerre électronique en production, est le Growler.
    Appareil connu et éprouvé, surtout que la Luftwaffe avec sa position géographique d’être en premier rideau en à besoin.

  2. Très intéressant cette proposition. Mais on en revient toujours à la même question: est-ce sérieux d’introduire maintenant encore un avion qui est censé opérer pendant 20-30 ans qui n’est pas furtif, en d’autres terme cet avion est déjà détectable à longue distance à l’heure actuelle.

  3. Je table plutôt sur une nouvelle version du typhoon 2, Il n’y a pas que les tornado ECR à remplacer, mais les IDS à l’horizon 2025.
    Surtout que ça relancerait la chaîne de production et réduirait les coût d’exploitation de la flotte actuelle.
    Les Anglais aussi remplace les Tornado par les typhoon 2 T3, peu-être qu’une nouvelle version pourra combler les besoins créer par les départs des Tornado.
    Le rafale possède déjà ces capacités depuis le standard F3 grâce à un pod.

  4. Refaire un avion complet, le système d’attaque, et surtout l’ensemble de contre mesure électronique pour une micro flotte, c’est un choix politique, pas un choix pertinent.
    C’est vrai qu’il y à aussi les IDS à remplacer.

  5. Concernant le Rafale, il dispose d’un gros avantage en plus de pouvoir prendre un pod, c’est le SPECTRA.
    Après la doctrine française est différente, pas d’avion spécialisé dans les missions SEAD, surtout depuis le retrait des missiles Martel, et par contre chaque avion peut assurer une bulle de brouillage autour de lui,
    C’est moins efficaces, mais plus polyvalent.

  6. Encore une fois, utiliser un avion marin pour des opérations uniquement terrestres, cas des F-4, A-4, F-18 dans certaines armées de l’air, c’est renoncer à quelques centaines de kg de charge utile équivalentes au surpoids des parties structurelles qui permettent à l’avion de supporter les contraintes des opérations sur PA.
    Après, et comme d’habitude ce sera le côté politique qui orientera le choix du remplacement du Tornado allemand

    • dans le cas du rafale 350kg de + pour la version marine , soit 3,5% Je trouve cela plutôt négligeable, d’autant que ce n’est pas proportionnellement convertible en charge utile. Le poids ne revêt plus la même criticité que d’antan.

  7. Les cellules et trains atterrissages sont allégés, car devant supporter moins de contraintes, cela permet avoir un avion moins cher et plus léger.

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