Les autorités fédérales américaines craignent que la situation ne dégénère en catastrophe naturelle d’une ampleur encore rarement égalée. Le gouverneur de Hawaï a décidé ce vendredi 4 mai 2018 de placer les éléments de la garde nationale au plus haut niveau d’alerte afin de soutenir l’action de la défense civile suite à la nouvel éruption du volcan Kilauea. Son réveil a en outre été précédé et suivi de séisme jusqu’à une magnitude de 6.9.

En première ligne ce sont donc les hélicoptères de transport Boeing-Vertol CH-47F Chinook et Sikorsky UH-60M Blackhawk que la garde nationale de Hawaï a déployé afin d’aider à l’évacuation des populations civiles. D’ores et déjà près de 2000 riverains du volcan ont été mis en sécurité loin du cratère principale et des nouvelles failles d’où coulent continuellement des tonnes de lave. Dans le même temps les hélicoptères assurent des rotations au profit de la défense civile mais aussi des sismologues et vulcanologues qui étudient au plus près cette éruption.

Pour mémoire le Kilauea est actuellement un des volcans les plus actifs de la planète. Il était en sommeil depuis seulement quatre ans. Lors de sa dernière mesure, en sommeil, il culminait à 1246 mètres d’altitude. Sa superficie représente un peu plus de 13% de celle de l’île de Hawaï.
Ses éruptions ont la particularité d’être de deux types différentes : soit sous la forme d’un lac de lave qui se répand soit sous celle de fontaine qui font jaillir le magma à plusieurs mètres de hauteur. Dans les deux cas le résultat est à la fois très spectaculaire mais aussi proprement dévastateur pour les infrastructures humaines se trouvant en contrebas.

Or voler en condition volcanique n’est pas évident pour les pilotes d’hélicoptères, et encore moins pour leurs machines. L’air est en effet emplie de gaz et de fumées particulièrement toxiques. Des résidus de cendres s’immiscent un peu partout entre les turbines et les filtres, faisant souvent craindre des accidents. C’est pourquoi malgré cet état d’alerte les Blackhawk et Chinook ne prennent les airs que lorsque cela est vraiment strictement requis.

Dans le même temps la garde nationale hawaïenne arme quelques Sikorsky HH-60M Blackhawk, la version de recherches-sauvetages au combat utilisés ici comme hélicoptères sanitaires. Ces appareils peuvent également être engagé comme machines d’évacuation par hélitreuillage si cela s’avérait nécessaire.

Pour permettre la bonne tenue des opérations aériennes aux abords du volcan, et entre autres les évacuations de populations civiles, une DZ a été aménagé à quelque kilomètres du Kilauea. Pour autant l’activité aéroportuaire à Hilo Internationale Airport, la principale plateforme de l’île, a été fortement réduite. Les avions de ligne n’ont plus le droit de survoler une partie de l’est et du sud de l’île. Les deux avions de ligne ATR-42-500 de la compagnie Ohana réalisant les vols régionaux vers l’aéroport de Kahului n’ont plus le droit de quitter le tarmac de Hilo, seuls ceux se rendant à Honolulu la capitale d’état peuvent encore décoller. Idem des vols longs-courriers réalisés par United Airlines.
L’île de Hawaï est proprement coupé du reste du monde par cette éruption.

Les nombreux scientifiques présents dans l’archipel ne prévoient pas de retour à la normale avant plusieurs jours voire plusieurs semaines. Cependant rien de comparable avec la pagaille causée dans le ciel en mars 2010 par l’entrée en éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull. À Hawaï le trafic aérien n’est pas aussi dense qu’au-dessus de l’Atlantique nord.

Photos © US Department of Defense.

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