C’est une mission discrète mais ô combien nécessaire au maintien en conditions des personnels de l’aéronavale espagnole. Ce mardi 1er mai 2018 le porte-aéronefs Juan Carlos I a appareillé en direction des eaux du Golfe, puis de l’océan indien, afin de participer à une série de missions et d’exercices avec à son bord plusieurs avions de combat et hélicoptères. Pourtant leur engagement dans la guerre contre les dernières poches de Daech n’est pas à l’ordre du jour.

Le Juan Carlos I, actuellement navire amiral de flotte espagnol, est en fait un bâtiment d’assaut amphibie comparable en taille et en missions avec les navires américains de classe Wasp ou français de classe Mistral. Pour autant l’Armada Española l’utilise quasi exclusivement comme porte-aéronefs.
Pour cette mission le navire, basé habituellement à Rota dans le sud-ouest de l’Andalousie, embarque plusieurs aéronefs différents : quatre avions de combat McDonnell Douglas AV-8B Harrier II, deux hélicoptères de combat maritime Sikorsky SH-60B Seahawk, et deux hélicoptères de soutien opérationnel et de recherches-sauvetages en mer Sikorsky SH-3D Sea King. Un arsenal aéronavale qui peut paraître assez faible mais qui s’explique aussi par la mission secondaire de ce navire.

En effet le Juan Carlos I embarque également à son bord des hélicoptères du FAMET, en l’objet trois Boeing-Vertol CH-47D Chinook et deux Eurocopter AS.532UL Cougar. Ces cinq machines sont en fait en transit à bord du porte-aéronefs puisqu’ils rejoignent le nord de l’Irak non pas pour participer aux combat mais pour apporter un soutien au maintien de la paix (revenue) dans le pays. C’est la raison pour laquelle ces hélicoptères n’emporteront qu’un armement réduit.

Dans le Golfe les avions et hélicoptères de l’aéronavale espagnole pourront participer à des exercices, notamment avec l’US Navy. Par la suite ils prendront le chemin de l’océan indien où ils doivent réaliser une série d’exercices aéronavales, avec entre autre l’Indian Navy.

Ces missions permettent en fait surtout aux pilotes des AV-8B Harrier II de se maintenir en conditions opérationnelles, dans un contexte général où les manœuvres aéronavales d’envergure ont considérablement diminuées en Méditerranée occidentale. Cela est surtout du fait des missions de guerre menées de l’autre côté de cette mer, à proximité du Levant, contre Daech.
Au grand dam des pilotes de l’aéronavale espagnole cela fait de nombreux mois qu’ils n’ont pas participé à un exercice conjoint avec leurs collègues britanniques, français, ou encore italiens : les seuls à disposer de moyens comparables ou supérieurs aux leurs.
Le porte-aéronefs Juan Carlos I et ses huit aéronefs embarqués devraient revenir au port au début du mois de juillet.

Photo © ministère espagnol de la défense.

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