Utiliser un avion comme support publicitaire, à priori l’idée n’est pas mauvaise. Dans la réalité des faits c’est une toute autre histoire. C’est l’amère expérience qu’ont fait à la fois le transporteur suisse Ju-Air et le fabricant de chocolat Milka au travers d’une campagne qui dura pendant l’année 1996. Retour sur une expérience malheureuse mais ô combien riche en enseignements !

Tout commence quinze ans plus tôt en 1981 lorsque la force aérienne suisse retira du service ses trois derniers Junkers Ju 52/3 encore en service actif. Des avions qui volaient alors pour elle depuis 1939. Au lieu de rejoindre un musée, ou pis les mâchoires d’acier d’une machine de ferrailleur, les avions en questions sont repris par une compagnie aérienne formée spécialement pour les accueillir : Ju-Air.
Ce transporteur privé suisse réalise avec ces trimoteurs des vols commerciaux à la demande mais aussi des vols promotionnels. Il faut dire clairement que pouvoir s’asseoir dans un avion aussi légendaire que la Tante Ju, ça peut en faire rêver plus d’un !

Or en 1996 un partenariat est signé entre la compagnie aérienne et le fabricant de chocolat suisse Milka afin de réaliser durant toute la saison des meetings aériens, des vols promotionnels. Et franchement les mécanos de Ju-Air n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Ils ont totalement repeint le Junkers Ju 52/3 immatriculé HB-HOS avec le célèbre violet du chocolatier, sans oublier d’y apposer sa fameuse vache.

Sauf que durant la saison des meetings aériens 1996 le Ju 52/3 Milka ne va pas réussir à toucher ses cibles commerciales. Si les enfants furent bien charmés par l’avion il en est tout autrement des passionnés d’aviation et des curieux présents sur les tarmacs de Suisse, d’Allemagne, ou encore de France. Beaucoup étaient déçus car on annonçait un trimoteur Junkers et on voyait arriver un panneau publicitaire volant.
Je dis cela en connaissance de cause, je l’ai vu cet été là sur l’aéroport de Bâle-Mulhouse.

Et l’avion faisait pas mal parler de lui. Point de réseaux sociaux à l’époque mais déjà des chats qui abordaient le thème de l’aviation (sur Lycos pour celles et ceux qui s’en souviennent) et sur lesquels on n’hésitait pas à dire ce que l’on pensait de cet avion. La déception des aérophiles provenait surtout du fait qu’ils voulaient voir un Ju 52/3 aux couleurs de la Luftwaffe ou pourquoi pas de l’aviation suisse mais surement pas peint de la manière à ressembler à une grosse plaquette de chocolat au lait en tôle ondulée.

D’ailleurs rétrospectivement on peut largement se dire que ce procès d’intention fait à l’avion était totalement disproportionné. Quand on y regarde de plus près ce trimoteur avait vraiment un charme fou et clairement les mécaniciens de la compagnie aérienne s’étaient surpassés. Mais dans cette époque de retour en force des warbirds le coup de pub de Milka s’est transformé en coup d’épée dans l’eau. Et c’est bien dommage.


Pourtant cette mésaventure ne fut pas la seule cette année là. Pour celles et ceux qui s’en souviennent n’oublions pas le Concorde F-BTSD d’Air France repeint la même année aux couleurs du soda Pepsi. Une campagne publicitaire là encore bien ratée.

Reste que ce Junkers Ju 52/3 Milka fut une belle tentative malheureusement très infructueuse malgré un bel engagement humain et quelques dizaines de litres de peinture !

Photos © San Diego Air & Space Museum

2 COMMENTAIRES

    • A titre très personnel je trouve de toutes manières que tout ce qui touche au sponsoring de Red Bull dans l’aviation est grossier !

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