On pensait que la présence d’hélicoptères britanniques et espagnols serait la principale attraction de l’édition 2018 de la mission Jeanne d’Arc: il en est peut être tout autrement. À bord du bâtiment de projection et de commandement Dixmude est embarqué un drone de reconnaissance à décollages et atterrissages verticaux Camcopter S100. Cet hélicoptère sans pilote valide ici plusieurs de ses process d’engagement, et c’est peut-être bien là le principal dans le volet aéronautique de cette mission longue durée. Un engin que l’on dit parfaitement adapté aux opérations habituellement menées par les BPC de la Marine Nationale.

Le drone Camcopter S100, développé par l’entreprise autrichienne Schiebel, est employé par la Marine Nationale à bord du BPC Dixmude pour divers profils de missions : surveillance maritime à courte et moyenne portée, aide à l’entretien du navire par inspection de sa coque, soutien aux opérations militaires amphibies, ou encore surveillance des phases d’entraînement des pilotes d’hélicoptères embarqués.

Mais c’est bien entendu comme œil volant que cet engin tire toute sa force. Silencieux, pouvant opérer au-delà de 3000 mètres d’altitude, très manœuvrable et aisé d’entretien, le Camcopter S100 est indéniablement un outil de premier choix pour les marins de la Royale.
On le savait fait pour les opérations depuis les patrouilleurs de nouvelle génération mais avec des tests grandeur nature le drone autrichien semble démontrer sa parfaite adaptabilité à des bâtiments de guerre bien plus importants.

Pourtant si ce déploiement a de quoi satisfaire les amiraux français de Balard il pourrait fort bien causer du tort à l’industrie aéronautique hexagonale et plus particulièrement au consortium mené par Airbus Helicopters, Naval Group et Guimbal autour du futur drone VSR700. Le Camcopter pourrait bien déjouer ses plans et s’imposer comme le nouvel outil télé-piloté de reconnaissance aéroportée pour nos marins.

En attendant, loin de toutes ces considérations, les femmes et les hommes du BPC Dixmude patrouillent en Asie et valident l’emploi futur du drone autrichien. Juste pour souligner l’anachronisme de notre aéronavale, dans le même temps des Alouette III volent encore quotidiennement sous la cocarde au hameçon !

Photo © Marine Nationale

 

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