Voila une information qui risque bien de calmer celles et ceux qui continuent encore de penser que Britanniques et Français ne travailleront plus ensemble après la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Ce mercredi 30 mai 2018 la Direction Générale de l’Armement a annoncé avoir réalisé le deuxième tir réel d’un missile anti-navire léger (ou ANL) également connu outre-Manche sous le nom de Sea Venom. Cette munition développée conjointement par nos deux nations doit pouvoir être tirée aussi bien par des hélicoptères embarqués que par des drones de combat. Sa charge explosive de trente kilos lui permet de frapper toutes cibles navales du petit patrouilleur jusqu’à des navires de guerre de type avisos ou corvettes.

La raison d’être de ce missile, conçu par l’armurier européen MBDA, est de remplacer à terme les missiles AS15TT et Sea Skua de factures respectivement françaises et britanniques. Des armes qui se sont bien vendues à l’export mais sans réussir cependant à réellement convaincre ni la Marine Nationale ni la Royal Navy. Cette dernière a occasionnellement utilisé ses Sea Skua (notamment aux Malouines contre la marine argentine) tandis que la Royale rejetait le missile français après son expérimentation.
D’où l’idée du développement d’une munition commune.

Si son annonce a été faite récemment ce second tir remonte pourtant au 18 avril 2018. Le missile anti-navire léger était gréé sur l’Aérospatiale SA.365F Dauphin 2 porteur de l’immatriculation civile F-ZAGG et appartenant à la Direction Générale de l’Armement. C’est la deuxième fois que cet hélicoptère tirait un missile ANL, ayant réalisé le premier essai validé il y a presque un an le 21 juin 2017. Quelques semaines auparavant c’était un Westland Lynx HMA Mk-8, un modèle désormais retiré du service, qui avait réalisé le premier largage d’un Sea Shadow inerte et sans propulseur.

Dans un avenir plus ou moins proche, aux alentours de l’horizon 2022-2023 ce missile devrait entrer en service à bord des AgustaWestland Wildcat HMA Mk-2 britanniques et des Eurocopter AS.565SA Panther français. Par la suite il devrait pouvoir être emporter par les Airbus Helicopters H160M du programme HIL. À cette occasion notre aéronavale retrouvera une capacité anti-navire héliportée qu’elle avait perdu 1994 et le retrait du service du missile AS.12 alors monté sur Westland Lynx.

En 2015 les Britanniques ont été les premiers à aborder le fait que dans le futur leurs missiles Sea Shadow pourraient également être emporté par des UCAV, c’est à dire des drones de combat. Il n’est donc pas inconcevable qu’un ou deux de ces missiles soient un jour montés sous les ailes d’un General Atomics MQ-9 Reaper, un modèle d’avion sans pilote en service dans chacun des deux pays. Rappelons que l’Armée de l’Air doit très prochainement armer les siens !
Le développement de ce nouveau système d’arme est donc à suivre de très près.

Photos © DGA.

3 COMMENTAIRES

    • Comme l’a dit Roland, il ne s’agit pas là d’une question politique, c’est avant tout une coopération de groupes d’armement qui a reçu des financements, est déjà bien avancé, et lesdits groupes n’en ont cure du Brexit.
      Car sinon le programme EF2000 serait en péril avec la perte d’un membre sur quatre, MBDA perdrait les 37% de BaE, Airbus péricliterait, j’en passe !
      Oui le paysage économique et politique sera secoué, mais les industries aéronautiques européennes civile et militaire ainsi que les programmes en cours -et à venir- y survivront 😉 .

      Ce missile est une bonne nouvelle, il comblera un trou capacitaire pour notre Marine.
      Mais à quand un missile antiradar européen sacrebleu ?! LE trou capacitaire MAJEUR de tous ceux qui n’ont pas fait le choix de l’AGM88 HARM américain… dont nous faisons partie.

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