L’affaire est prise très au sérieux outre-Atlantique. Un récent rapport conjoint de l’Office of Naval Research et du NCIS met en lumière un grave défaut de fonctionnement sur l’équipement d’oxygénation des pilotes de McDonnell Douglas T-45 Goshawk pouvant entraîner en plein vol des malaises et donc la mort. Le constructeur Boeing a reçu l’ordre du Pentagone de remédier à cela. Même si aucun accident mortel n’a été pour l’instant directement lié à ce défaut plusieurs incidents majeurs depuis presque quatre ans lui sont désormais imputés.

Le système pointé du doigt par les agents fédéraux du NCIS autant que par les ingénieurs et chercheurs de l’ONR s’appelle OBOGS, pour Onboard Oxygen Generation System. Il permet de prélever l’air autour du réacteur et de le rendre respirable par le ou les pilotes de T-45C Goshawk. Or plusieurs points démontrent de véritables dangers pour la santé humaine, trois risques en particulier existent : l’hypocapnie et l’hypercapnie qui sont respectivement la diminution et l’augmentation de la pression partielle de dioxyde de carbone dans le sang. Le troisième est l’hypoxémie qui implique une diminution rapide de l’oxygène dans le sang.
Bien connus notamment des plongeurs ces trois syndromes peuvent s’avérer particulièrement dangereux et conduire à des symptômes allant de la désorientation légère à la syncope. Et on le sait cette dernière à bord d’un jet d’entraînement est bien souvent synonyme de crash.

Des essais aériens ont été menés par l’ONR avec l’assistance du squadron VX-23 de l’US Navy, chargé des tests en continue sur l’ensemble des jets de combat et d’entrainement de l’aéronavale américaine. Cette unité met en œuvre quatre T-45C Goshawk.

Au moins six incidents majeurs ont été relevé depuis fin 2014 dont celui d’un jeune élève pilote qui s’était éjecté peu après une tentative d’atterrissage avortée au printemps 2015. la récupération de l’épave de l’avion dans le Pacifique n’avait pas immédiatement permis d’élucider le mystère mais une seconde étude accompagnée de tests médicaux et d’un entretien avec le pilote en question ont permis de démontrer la responsabilité de l’OBOGS.

Boeing a donc reçu l’ordre de l’US Department of Defense de moderniser ce système et surtout de le rendre fonctionnel. Pour mémoire il est installé sur cet avion d’entraînement depuis son entrée en service à partir de 1991. Cependant conscient que l’avionneur n’est pas seul responsable de la dégradation de la situation le Pentagone lui a octroyé une enveloppe d’un peu plus de douze millions de dollars US.
L’objectif est actuellement que les avions soient modernisés entre cet été et l’été prochain au plus tard.

En attendant l’US Navy remédie à la crise comme elle le peut. S’il lui est impossible de clouer au sol tous ses jets d’entraînement comme elle l’avait fait l’an dernier, quand le problème de l’OBOGS avait été suspecté mais non prouvé, il semble que seuls les plus récents avions puissent désormais décoller avec à leur bord un appareillage d’oxygénation de secours…  portatif. On n’en sait pas plus, ces données étant classifiées aux États-Unis.
Ça ressemble tout de même beaucoup à du bricolage !

C’est donc forcément avec une certaine appréhension qu’élèves et moniteurs monteront jusqu’en août 2019 dans le cockpit de leurs T-45C Goshawk.
Affaire donc à suivre.

1 COMMENTAIRE

  1. Je pense que la navy aurait dû prendre le lookheed plutôt que cet avatar navalise du hawk britannique… Pourtant MC donnell était excellent pour les avions embarqués !!!

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