La technique est finalement assez rare mais toujours aussi audacieuse et spectaculaire. Ce dimanche 1er juillet 2018 le très médiatisé braqueur de banques Redoine Faïd s’est évadé de l’enceinte de la prison francilienne de Réau en Seine-et-Marne à l’aide d’un hélicoptère. Deux (ou peut-être trois) de ses complices avaient auparavant découpés certains éléments de la maison d’arrêt. L’aéronef utilisé était l’Alouette II numéro 1003, immatriculé en France F-GIJE.

Ce que l’on sait avec précision pour l’instant c’est que ce dangereux malfaiteur se trouvait au parloir avec un membre de sa famille. C’est à ce moment là que deux hommes équipés de disqueuses et visiblement lourdement armés ont réussi à pénétrer en hélicoptère dans l’enceinte de la maison d’arrêt. Ils se sont posés dans la cour d’honneur, la seule zone dépourvue de filets de protection puisque théoriquement inaccessible aux détenus. Là ce mini-commando a réussi à traverser plusieurs grilles et murs de l’édifice avant de rejoindre le braqueur et de l’exfiltrer vers l’Alouette II qui a immédiatement décollé.

Quelques minutes de vol plus tard, l’hélicoptère monoturbine se posait sur la commune de Gonesse dans le Val d’Oise à quelques dizaines de kilomètres de la prison. Après avoir relâché le pilote qu’ils avaient pris en otage les malfaiteurs ont tenté d’incendier l’Alouette II. Une manœuvre utilisée par les gangsters afin de masquer leurs traces aux femmes et aux hommes de la police scientifique. Néanmoins seule la cabine de l’hélicoptère a été noircie.
Une fois dans la nature Faïd et ses complices se sont évaporés en voiture.

Les forces de l’ordre ont déployé un très important dispositif policier afin de retrouver au plus vite les malfaiteurs. Des signalements ont été fait aux effectifs de la police aux frontières et aux forces des pays voisins. Dans le même temps l’enquête semble progresser.

Des hommes de la PJ inspectent l’Alouette II incriminée.

Cependant cette évasion pose de nouveau la question des survols d’aéronefs au-dessus des maison d’arrêt. Déjà à l’été dernier un drone réussissait à franchir les filets anti-hélicoptères et à se poser dans la maison d’arrêt de Valence. Ce n’est pas la première fois qu’en France un dangereux détenu s’échappe ainsi, déjà en 1986 le braqueur Michel Vaujour prenait la poudre d’escampette depuis la maison d’arrêt parisienne de la Santé à l’aide d’un hélicoptère. Sa cavale allait durer plusieurs semaines.
L’évasion héliportée est quasiment une spécialité française. Depuis les quarante dernières années notre pays a le triste record d’être celui qui en a connu le plus loin devant les autres pays et notamment les États-Unis où la population carcérale est pourtant dix-sept fois plus nombreuse.

Photos © Agence France Presse.

5 COMMENTAIRES

  1. bonjour
    l’alouette n’est pas un hélicoptère comme les autres , et la 1003 n’est pas une alouette comme les autres. Des informations que j’ai trouvé, elle est une des 10 premiers alouette produite et la troisièmement de série. Cela en fait la plus vielle alouette en service, assurément le plus vielle hélicoptère a turbine du monde et peut être le plus vielle hélicoptère encore en vol dans le monde. Entré en service en 1956 ou 1957, elle a passé des années dans les forces au sein de la tout jeune ALAT, avant de rentré dans la vie civile et se faire admiré dans de nombreux meeting. Les fabuleuse équipe qui entretien cette superbe machine lui on même offrir un vol transatlantique en passent par les îles feroe, l’Islande et le Groenland pour prouvez une fois de plus que cette belle mono turbine est increvable. Donc cette évasion n’est qu’une peripésie de plus d’une histoire bien chargé. Car oui il y a une bonne nouvelle, grâce a l’intervention rapide des services de police qui on contenu l’incendie a la cabine, elle est réparable =D
    on peut que souhaite bon courage au équipe qui vont devoir surmonté le traumatisme des événements d’hier et ramener a la vie cette hélico unique au monde.

    • Non mais simplement Gaëtan et moi sommes bénévoles et parfois nous avons une vie sociale. D’où mon absence du site durant ces derniers jours.

  2. Le personnel pénitentiaire de Réau avait, semble-t-il, signalé le manque de filets dans la cour d’honneur depuis un moment. Il est incroyable qu’un établissement ouvert depuis seulement 7 ans présente de telles failles ( la cour d’honneur, véritable héliport, n’est pas à la vue des miradors, seul endroit où les surveillants sont armés ( HK G36 ) dans une M.A. ). Je passe sur les vidéos prises et postées par les détenus…. On est plus à un détail près.

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