C’est une renaissance à venir pour le célèbre constructeur spécialiste des avions de transport. Antonov vient de signer un contrat d’alliance avec Aviall, branche du géant Boeing, permettant ainsi de tourner définitivement le dos aux équipementiers russes. Ce que certains voient comme une mesure de rétorsion suite aux très mauvaises relations diplomatiques entre Kiev et Moscou est avant tout une assurance sur l’avenir. Désormais l’avionneur ukrainien va pouvoir relancer la production de quatre de ses modèles les plus récents.

L’accord passé la semaine dernière entre Ukrainiens et Américains permet donc à Antonov de relancer l’assemblage de ses avions de lignes régionaux / courts-courriers An-148/An-158 et de son nouveau cargo militaire An-178. Des avions essentiels au développement économiques du constructeur et au retour de la croissance en Ukraine.

Boeing, via Aviall, va donc fournir divers équipements tels l’avionique, les câblages électriques, mais également des équipements de sécurité et une partie des aménagement intérieurs. Autant dire que désormais les avions ukrainiens seront beaucoup plus aux normes occidentales et donc, pourquoi pas, aptes à se retrouver sur les marchés européens et nord-américains ? Seul l’avenir proche nous le dira.

Seule ombre au tableau l’interdiction formelle de la part du gouvernement fédéral américain qu’Aviall travaille également sur le programme d’avion de transport régional An-140. Cette machine, concurrente des ATR-42 européens et Dash 8 canadiens, est en effet réalisé conjointement avec l’avionneur iranien HESA. Or les relations américano-iraniennes n’étant pas particulièrement au beau fixe il est inenvisageable pour l’administration Trump qu’une entreprise américaine assiste l’industrie aéronautique des mollahs. Pour éviter de se retrouver en porte-à-faux Antonov et Aviall ont donc décidé d’exclure cet avion de leur accord !

À l’origine de cette entente, était la survie même d’Antonov. Jusque là l’avionneur restait beaucoup trop dépendant de l’industrie aéronautique russe. 60% de ses équipementiers venaient en effet de Russie. Or après l’annexion de la Crimée par Moscou et les affrontements avec les séparatistes du Donbass soutenus par l’autocratie de Poutine, il devenait quasi impossible pour le constructeur de poursuivre ses activités industrielles. Dès lors, ses responsables ont cherché des accords avec l’Union Européenne et les États-Unis qui les avaient ouvertement soutenus dans cette grave crise.

Désormais les dirigeants d’Antonov se tournent vers les motoristes occidentaux afin de terminer le travail. General Electric et Pratt & Whitney, mais également Safran, pourraient bien en tirer profit et fournir bientôt des turbopropulseurs et des réacteurs pour les avions développés et produits en Ukraine.
Un peu moins de trente ans après la fin de l’Union Soviétique, Antonov semble enfin voir le bout du tunnel.

Photo © Reuters

 

5 COMMENTAIRES

  1. Et là, on se dit: Airbus a fait un gros loupé ! Mais bon, l’ Ukraine depuis la « révolution » de 2014 est sous perf USA. Rien n’est gratuit….

  2. C’est clair que Airbus à rater une jolie occasion…

    La vraie question est est-ce Antonov à encore sa place sur le marché?
    Pour les avions militaires c’est mort, les pays soumis aux américains achèterons américains, les pays soumis aux russes achèterons russe et les pays ou zones souveraines (style Chine ou Europe) achèterons home-made.

    Pour les avions civiles, Airbus et Boeing écrasent le marché (encore plus depuis la double alliance Airbus-Bombardier et Boeing-Embraer).

    Ne plus dépendre des russes c’est bien, mais si c’est pour rien vendre (ou plutôt à personne…).

    • Antonov, c’est tout de même une version à réaction d’un modèle proche (en taille) de l’A400M, mais qui lui serait supérieur en performance pour un coût… Ukrainien.
      Le pays se tourne vers l’occident, et c’est un réservoir de main d’oeuvre à bas coût.

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