Peu de risques que l’on oublie de sitôt ce 14 juillet 2018, et notamment l’ouverture de son défilé aérien. Alors qu’elle se présentait à la verticale de la Grande Arche de la Défense et qu’elle s’apprêtait quelques secondes plus tard à entrer au-dessus des Champs-Élysées la Patrouille de France a connu un très léger souci technique. Un de ses pots à fumigène ne s’est pas déclenché correctement, au lieu de sortir bleue la fumée est apparue rouge. Pas de quoi fouetter un chat, si ce n’est que sur la toile les réactions se sont enchaînées obligeant même l’Armée de l’Air présenter des excuses sur les réseaux sociaux.

Plusieurs facteurs semblent pouvoir expliquer cette petite méprise. La première est que l’avion en question était Athos 9, l’Alpha Jet E tricolore de substitution en cas de souci. Une machine de réserve et donc un pilote pas forcément rompu à l’exercice du défilé parisien. Ensuite l’incident technique n’est évidemment pas à exclure. Toujours est-il que du sol le drapeau tricolore en a fait sourire plus d’un. Mais rien de plus, je peux en attester : j’y étais.

En fait c’est après l’incident que les réactions se sont multipliées : du français lambda aux passionnés d’aviation beaucoup ont commencé à monter la sauce en chantilly au point de perdre de vue l’essentiel : un incident mineur et totalement isolé… ou presque.

En effet au sol ce même samedi 14 juillet 2018 deux motards de la Garde Républicaine se sont télescopés devant la tribune présidentielle lors d’une animation d’ouverture. Ça peut faire beaucoup. Quoique. En fait les incidents, souvent mineurs, sont assez fréquent au milieu de ce ballet ultra millimétré qu’est le défilé du 14 juillet.
On se souvient de Jean-Michel Poulet qui se réceptionne mal à l’issu de son saut en parachute en 2012 devant la même tribune présidentielle et se blesse aux jambes. Il y a six ans sa chute avait ému les Français qui n’en avaient pas fait tout un plat pour autant.

Non là en cette année 2018 certain(e)s n’ont pas hésité sur les réseaux sociaux à en rajouter, allant même jusqu’à exiger des excuses publiques. Pourtant la citation le dit bien : «Errare humanum est, perseverare diabolicum». Comme quoi il y a des gens qui aiment polémiquer pour vraiment pas grand chose.

Photo © EPA.

10 COMMENTAIRES

  1. Et oui Arnaud, tu as raison quand tu dis pas de quoi en faire un plat, mais tu as aussi tord, ce genre d’incident ne doit pas arriver quand on représente la France, mais chacun à son échelle de valeurs, et chacun est libre d’en penser ce qu’il veut. Et le fait que l’armée de l’air s’excuse montre que pour elle cette « incident » n’est pas admissible.

    • Pas admissible ? Encore quelqu’un qui visiblement cherche des responsables à un fait qui à bien plus causer de rires que de moqueries Mais bon comme vous le dites, chacun ses échelles de valeurs. Perso je persiste à penser que les donneurs de leçons en font juste beaucoup trop d’un simple incident mineur.

  2. C’est toujours pareil. Certains ne retiennent que le négatif. Ces pilotes nous font vibrer sur des centaines de shows aériens, et certains coincés des neurones ne retiendront que cet incident. Je pense que la PAF ne doit retenir que ceux que cela à fait sourire et marrer (ce qui fut mon cas), et ceux qui se réjouissent de leurs ballets aériens. Nul n’est infaillible, Et cela prouve qu’ils sont humains. Et Bravo à la PAF.

    • Oui c’est sûr quand je fais une connerie au boulot mon patron se marre avec moi. Non là la PAF s’est senti gêné de cette bêtise pendant un événement important et s’est donc excusé de son plein gré. Donc bravo à eux. L’erreur est humaine. Plus besoin d’aller plus loin.

  3. Oui bon bin c’est sûr qu’on a l’air un peu idiots (surtout vis-à-vis des invités du défilé, Singapour et Japon) et y a probablement un lampiste qui va être de corvée de chiottes pour un moment… Mais à part ça, pas de quoi en faire un plat.

  4. Merci aux motards de la Gendarmerie Nationale d’avoir fait diversion…ou éventuellement d’avoir prouvé qu’à 80km/h on n’était moins stable en 2-roues… Blague à part, on pourrait faire dans le constructif et profiter de cette anecdote pour parfaire sa connaissance aéro… Si quelqu’un pouvait m’expliquer le fonctionnement des fumigènes, je lui en saurai gré… Les avions sont-ils chargés des 3 couleurs? Seulement le remplaçant (Athos 9 si je ne me trompe)? Le pilote aurait donc un sélecteur? Le présentateur officiel de la PAF au sol aurait-il pu demander la coupure du fumigène dès qu’il aurait constaté l’erreur? Merci à vous

    • Un pod fumigène est aménagé dans une structure ventrale à la place du pod canon. Il contient deux réservoirs de 50 litres. Un qui contient de l’huile et donne un panache blanc. L’autre contient les colorants rouge et bleu. Deux canalisations conduisent le mélange colorant et huile jusqu’à la sortie de la tuyère du réacteur gauche dont le flux chaud donne le panache couleur choisi par le pilote.

  5. Le choix de la couleur du fumigène se fait au sol.
    Il aurait fallu que les deux externes n’utilisent pas leurs fumi, c’était le plus simple pour éviterles polémiques dérisoires.

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