Antonov An-30 ‘Clank’

Antonov An-30 ‘Clank’


Fiche descriptive

Appareil : Antonov An-30 ‘Clank’
Constructeur : Antonov Design Bureau
Désignation : An-30
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN : Clank
Variante : An-30M Meteo
Mise en service : 1975
Pays d'origine : U.R.S.S.
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Observation, reconnaissance météo.

Histoire

Antonov An-30 ‘Clank’ :
L'avion qui bluffa l'OTAN

Devant la multiplication des aéronefs, armements, et matériels militaires de tous genre en provenance d’Union Soviétique, l’OTAN décida rapidement de créer une nomenclature nominale afin de désigner les dits matériels par des surnoms, voire parfois des sobriquets en rapport avec leur mission première. De cette manière dès que les services de renseignement américain repéraient de l’autre côté du Rideau de Fer un nouvel engin aérien, il se voyait rapidement désigner par un de ces surnoms. Malgré le sérieux qui caractérisait cette fonction au sein de l’administration de l’OTAN, il arriva parfois qu’un avion soit affublé d’un nom de code n’ayant absolument rien à voir avec la fonction exacte de l’appareil, donnant donc de fausses indications aux éventuels pilotes de chasses occidentaux à même un jour d’intercepter le dit appareil. L’un des exemples les plus frappant demeure sans conteste l’avion de surveillance aérienne, de reconnaissance, et de cartographie aérienne Antonov An-30, codé Clank par l’OTAN, et donc très longtemps considéré comme un simple avion de transport.

L’Antonov An-30 tire ses origines, comme beaucoup d’appareils de ce constructeur, du très polyvalent et très robuste biturbopropulseur de transport An-24. Au départ, au début des années 70, il s’agissait pour l’Union Soviétique de disposer d’un appareil de cartographie pouvant servir aussi bien au sein de la Frontovaya Aviatsiya (FA, l’Aviation du Front) qu’au sein de l’aviation civile soviétique, la fameuse Aeroflot. L’appareil devait donc avoir tous les attributs d’un avion civil, mais disposer des matériels militaires les plus pointus du moment. Le nouvel avion était alors appelé à remplacer les derniers Lisunov Li-2 d’observation militaires, la version soviétique du Dakota, et les quelques Illyushin Il-12 de cartographie de l’Aeroflot.

Les ingénieurs d’Antonov décidèrent donc de prendre comme base un An-24T, et de modifier profondément l’avant du fuselage, afin de dessiner un nouveau nez à l’avion. Le cockpit notamment fut surélevé par rapport à l’avion de transport, et il fut décidé d’accroitre les capacité de propulsion des turbopropulseurs de l’appareil pour permettre des vols dans les régions montagneuses, et au-dessus de la Sibérie. En outre le nez était largement vitré afin d’installer soit un observateur avec appareils photo portable, soit une batterie de caméra et de senseurs pour l’observation. Deux petites quilles de stabilisation furent également rajoutées à l’arrière de l’appareil afin de compenser le surpoids de l’avant lors des phases de décollage et d’atterrissage de l’avion. Le nouvel appareil fut donc désigner An-30 par le bureau d’étude Antonov.

L’An-30 effectua son premier vol en octobre 1974 et fut présenté au public lors du traditionnel défilé des forces soviétiques du 1er mai. Mais l’avion était déjà connu des services occidentaux qui l’avaient photographié quelques jours seulement après son premier vol. Devant la forme général de l’appareil, mais également parce que Antonov ne réalisait depuis longtemps quasiment que des avions de transport, la CIA déclara à l’OTAN que l’An-30 était un avion de transport moyen, et l’organisation militaire lui attribua le nom de code de Clank. L’erreur ne fut jamais corrigé.

Rapidement les An-30 entrèrent en service au sein de la FA et d’Aeroflot, et se mirent à sillonner les cieux de l’empire communiste afin d’augmenter les possibilités des cartographes soviétiques. L’OTAN ne s’intéressa guère aux mouvement de ce nouvel avion de transport, en outre construit en très petite quantité eut égard aux cadences de constructions des autres appareils soviétiques.

Moscou exporta même des An-30 vers certains de ces plus fidèles états satellites. C’est ainsi que la Bulgarie, la RDA, la Roumanie, et la Tchécoslovaquie reçurent chacun entre deux et cinq An-30.

Au début des années 80 le Vietnam acquis également une demi-douzaine de Clank, faisant de ce pays communiste le deuxième plus gros utilisateur après l’URSS de l’An-30.

L’An-30 commenca à sortir de l’anonymat juste après la « bavure » soviétique du vol Korean Airlines, abattu par la chasse soviétique au-dessus de la Russie Orientale en 1983. En effet trois An-30 participèrent aux missions de recherche des débris de l’avion, et ce malgré l’omniprésence des caméras de télévisions américaines et internationales. L’OTAN comprit alors son erreur dans l’analyse première de l’avion. Par la suite plusieurs An-30 furent envoyés par Moscou en Afghanistan afin de surveiller les mouvements de troupes des Moudjahiddines, et l’un d’entre eux fut même offert à l’aviation militaire afghane qui l’utilisa principalement pour des missions de … transport. Un An-30 soviétique fut d’ailleurs perdu en 1985, descendu par un missile sol-air, vraisemblablement un Stinger d’origine américaine. C’est là le seul Clank jamais perdu en mission.

En 1992 la Russie, les Etats-Unis, l’Union Européenne, l’Australie, et plusieurs pays européens ex-communistes se réunirent à Helsinki afin de signer le traité dit « Open Skies » (cieux ouverts en français) afin de contrôler la non prolifération des armes nucléaires dans ces pays, mais également l’application de divers accords commerciaux, humanitaires, agricoles, et industriels. La Russie, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, et l’Australie appuyèrent ce traité par la mise en oeuvre d’avions de reconnaissance et d’observations spécialement affectés à des survols dans le cadre d’Open Skies.

La toute jeune Russie post-soviétique proposa alors l’An-30 comme appareils pour ses forces armées. C’est ainsi que des Clank militaires russes ont survolé les territoires américains, britanniques, français, ou italiens en toute légalité sans risquer le moindre souci avec la chasse de ces états. Deux An-30 ont même été basés sur le sol américain à Luke-AFB dans l’Arizona afin de surveiller la non-prolifération nucléaire américaine et la destruction de matériels militaires stratégiques tels les Boeing B-52 de Davis-Monthan-AFB.

En 1993 est apparu une nouvelle version du Clank, l’An-30M (pour Meteo) construit à une petite dizaine d’exemplaires, principalement pour un utilisateur privé russe et pour l’aviation militaire de ce pays. L’An-30M se caractérise par la possibilité de vaporiser du CO2 dans l’atmosphère afin de provoquer des pluies ou des chutes de neige, ou bien encore de récolter des poussières atmosphériques à haute altitude, notamment après des essais nucléaires. Un An-30M fut d’ailleurs utilisé par la Russie après les essais nucléaires français du Pacifique en 1995 / 1996. En 2003 quelques jours avant le très médiatique vol de deux Mirage IV de l’Armée de l’Air au-dessus du territoire irakien, vol qui fut réalisé sur demande de l’ONU, le Président russe Vladimir Poutine proposa d’affréter un An-30 pour ce type d’opérations.

Actuellement la plus part des An-30 sont encore en service en Russie. Cependant les An-30 est-allemands n’ont pas été prit en compte par la Luftwaffe, à l’inverse des MiG-29 et L-410, et ont été revendu à des utilisateurs privés en Russie et en Chine. Un total de 123 Antonov An-30, toutes versions confondues, ont été assemblés.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Antonov An-30 'Clank'
Envergure : 29.20 m
Longueur : 24.26 m
Hauteur : 8.32 m
Motorisation : 2 turbopropulseurs Ivchenko AI-24T
Puissance totale : 2 x 2803 ch.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 23155 kg
Vitesse max. : 540 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 8300 m
Distance max. : 2600 Km à charge maximale
Equipage : 7
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Antonov An-30 ‘Clank’

Profil Couleur

Profil couleur du Antonov An-30 ‘Clank’

Vidéo

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.