Dassault Milan

Dassault Milan


Fiche descriptive

Appareil : Dassault Milan
Constructeur : Avions Marcel Dassault
Désignation :
Nom / Surnom : Milan
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1968
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions expérimentaux
Rôle et missions : Prototype de chasseur

Histoire

Dassault Milan :
le prototype du chasseur moustachu

Au cours des années 60, le Mirage III était un des meilleurs chasseurs du monde dans sa catégorie. Volant alors sous les couleurs d’une demi-douzaine de pays dont l’Australie, la France, et Israël, cet appareil jouissait d’une excellente réputation. Aussi lorsque la Suisse demanda à Dassault de le modifier pour en faire un avion adapté à ses besoins, l’avionneur hexagonal ne se fit pas prier. Ses recherches débouchèrent sur la mise au point d’un prototype particulièrement intéressant, mais malheureusement demeuré sans suite : le Milan.

En fait, la Troupe d’Aviation Suisse disposait alors, et encore aujourd’hui, d’un vaste réseau de hangars et de stocks d’armes dans les montagnes, et à l’instar de la Suède, utilisait les routes prioritaires et les autoroutes pour faire décoller ses chasseurs. C’est pourquoi il était primordial pour les Helvètes que leurs avions de combat puissent disposer de véritables capacités ADAC, c’est à dire de décollage et d’atterrissage courts. Le gouvernement suisse confia les recherches à Dassault mais également à la FFA (la Fabrique Fédérale d’Avions) à Emmen.

Les ingénieurs de la FFA travaillaient alors sur des petits plans horizontaux d’une envergure d’environ 80cm. Ceux-ci ressemblaient étrangement à des plans canards, si ce n’est qu’ils disposaient d’une flèche inversée. Selon les études sur maquette et en soufflerie, ils avaient la possibilité de réduire la vitesse d’approche d’environ 45km/h, et donc de gagner 300 mètres sur la course d’atterrissage. La FFA fournit donc ces plans qui furent baptisés « moustaches » chez Dassault, qui les testa sur deux avions : le Mirage IIIA n°9 et le Mirage 5J n°2.

En vol, ils donnèrent satisfaction aux pilotes d’essais français, si bien qu’un troisième et un quatrième avion furent essayés en configurations moustachues. Il s’agissait de deux Mirage IIIR de reconnaissance appartenant au Centre d’Essais en Vol. Ces avions furent surnommés Astérix par les aviateurs français, car leurs moustaches rappelaient étrangement celle du célèbre petit gaulois irréductible de Goscinny et Uderzo. A la différence des deux premiers avions qui en furent dotés les deux Astérix possédaient des moustaches rétractables, notamment lors des vols à haute vitesse.

Début 1968, Dassault lança la production du premier prototype à destination de la Suisse. L’avion se présentait sous la forme d’un Mirage IIIE fortement modifié. En effet, outre les moustaches conçues par FFA, il disposait d’une partie de l’avionique et de l’électronique de bord du Mirage F.1A, ainsi que d’un calculateur de bombardement, d’un HUD, d’un radar à effets Doppler Decca, et d’un système de désignation de tir laser Thomson-CSF le rendant apte au tir du missile américain AGM-65 Maverick. Par ailleurs les dimensions de l’avion avaient été légèrement modifiées. C’est dans cette configuration que le pilote d’essais « maison » de Dassault, Jean Marie Saget, fit voler pour la première fois l’avion le 27 septembre 1968.

Parce que ses moustaches rappelaient celle du rapace éponyme, l’avion fut nommé Milan. Les essais se déroulèrent à Melun-Villaroche sous la double houlette de Dassault et de la Troupe d’Aviation Suisse. Lors de ces essais en vol, il s’avéra rapidement que le réacteur Atar 9C d’origine était un peu faible, et les pilotes helvètes exigèrent qu’il soit remplacé par un Atar 9K50 plus performant. De ce fait il fallut modifier l’avion et une seconde machine fut donc assemblée.

Désignée Milan S-01, celui ci était plus un avion de présérie qu’un véritable prototype et c’est ainsi que l’avion fut testé. En effet outre sa motorisation, les changements concernaient son équipement et notamment son armement. C’est ainsi que l’avion vola en mai 1970 entre les mains du pilote français Guy Mitaux-Maurouard. En plus des classiques canons DEFA de 30mm, l’avion pouvait emporter deux missiles AIM-9B Sidewinder d’origine américaine, ainsi que divers types de bombes. Toutefois il ne tira jamais aucun Maverick initialement prévu.

Bien qu’efficace le Milan ne semblait pas satisfaire pleinement les Suisses, et ils le firent savoir publiquement. A cette époque l’avionneur américain LTV (Ling-Temco-Vought) cherchait à exporter l’avion d’attaque embarqué A-7 Corsair II, et décida de le proposer à la Troupe d’Aviation Suisse. En effet si celle ci ne disposait pas de porte-avions, ses règles d’utilisation des avions de combat s’en rapprochaient. Pourtant, le Corsair II ne répondit jamais vraiment aux attentes suisses.

En 1974, la Suisse décida de rompre le contrat du Milan, et s’orienta vers le Mirage IIIS plus classique. Finalement, ces chasseurs n’eurent les réelles capacités du Milan qu’à partir de 1984 lorsque Dassault les modifia en profondeur en leur fixant des plans canards et des aigrettes.

Le Milan vola encore jusqu’au début des années 80 pour divers essais et tests aériens d’armement au sein de la flotte du CEV. Puis il fut envoyé au rencard chez Dassault Aviation. Aujourd’hui, il semble que cet avion soit en cours de restauration.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Dassault Milan S-01
Envergure : 8.22 m
Longueur : 15.60 m
Hauteur : 4.50 m
Motorisation : 1 turboréacteur SNECMA Atar 9K50
Puissance totale : 7200 kgp. avec post-combustion
Armement : 2 canons de 30mm
2 missiles air-air AIM-9B Sidewinder
Charge utile :
Poids en charge : 14000 kg
Vitesse max. : 2200 km/h à 9800 m
Plafond pratique : 18000 m
Distance max. : 1800 Km
Equipage : 1
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Dassault Milan

Profil Couleur

Profil couleur du Dassault Milan

Vidéo

Évaluation du Milan par la Suisse

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.