FMA I.Ae. 33 Pulqui II

FMA I.Ae. 33 Pulqui II


Fiche descriptive

Appareil : FMA I.Ae. 33 Pulqui II
Constructeur : Fabrica Militar de Aviones
Désignation : I.Ae. 33
Nom / Surnom : Pulqui II
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1950
Pays d'origine : Argentine
Catégorie : Avions expérimentaux
Rôle et missions : Prototype d'avion de combat à réaction

Histoire

FMA I.Ae. 33 Pulqui II :
le rêve brisé de l'Argentine de Perón

Le Pulqui I permit à l’Argentine de joindre, en 1947, le cercle restreint des pays ayant alors développé et fait voler un avion à réaction. Toutefois, des appareils de deuxième génération, tel le MiG 15 et le F-86 Sabre, s’envolaient la même année. Par ailleurs, la Fuerza Aérea Argentina alignait ses premiers Gloster Meteor commandés à 100 exemplaires en 1946. Conséquemment, l’Instituto Aerotecnico mit fin au développement du Pulqui I voué à l’impasse et se concentra sur la conception du I.Ae.33 Pulqui II.

L’année 1947 fut également marquée par l’arrivée de Kurt Tank à l’Instituto Aerotecnico. Déjà renommée pour la conception du redoutable Focke-Wulf 190, l’équipe qu’il dirigeait avait commencé dès 1944 à développer un avion de chasse à réaction de deuxième génération pour la Luftwaffe, soit le Ta 183 Huckebein. Des vitesses de l’ordre de 960 km/h étaient anticipées pour ce nouveau chasseur doté d’ailes en flèche et dont le premier vol était prévu pour mai/juin 1945. Aucun exemplaire du Ta 183 ne fut toutefois terminé car, en avril 1945, les troupes britanniques capturaient les usines Focke-Wulf.

Kurt Tank était donc tout désigné pour la conception du Pulqui II. Avec l’aide du gouvernement argentin, il recruta une soixantaine de scientifiques, techniciens et pilotes d’essais de son ancienne équipe. Fort de cette expertise et des connaissances acquises avec le Huckebein, Kurt Tank se mit rapidement au travail. Démuni de moteurs, le premier prototype du Pulqui II permit de valider le comportement aérodynamique du nouvel avion. Kurt Tank, qui était également un brillant pilote, participa aux vols d’essais de ce «planeur» en 1948 et 1949, ainsi qu’à l’essai des prototypes suivants.

Le premier vol motorisé du Pulqui II s’effectua en juin 1950 avec le lieutenant Edmundo Osvaldo Weiss aux commandes. Avec un poste de pilotage pressurisé et muni d’ailes en flèche de 50°, le Pulqui II était à la fine pointe de la technologie. Toutefois, tout comme le MiG 15 également inspiré du Ta 183, ce prototype du Pulqui II souffrait d’instabilité à la limite de son domaine de vol, ce qui fut partiellement corrigé avec le deuxième prototype. Le manque d’autonomie de l’appareil posait également problème. Lors d’une démonstration de la force militaire et économique de l’Argentine, le Pulqui II fit un vol à Buenos Aires en février 1951 devant une immense foule et le président Juan Domingo Perón entouré de dignitaires étrangers et attachés militaires invités pour l’occasion. Au-delà de cette manifestation de fierté nationale, cette démonstration visait à intéresser d’éventuels clients étrangers pour le Pulqui II.

La Fuerza Aérea Argentina passa la commande d’une douzaine d’appareils de pré-production et mis sur pied une équipe constituée de ses meilleurs pilotes afin de participer aux vols de qualification. Habitués à piloter des Gloster Meteor qui nécessitaient une certaine force physique, ceux-ci durent s’adapter au Pulqui II qui, comme tous les appareils conçus par Kurt Tank, se pilotait du bout des doigts. D’ailleurs, le capitaine Vedania Mannuwal se tua en 1951 aux commandes d’un Pulqui II lorsque l’appareil perdit une aile, suite à des manœuvres trop brusques.

Le troisième prototype du Pulqui II, complété à la fin de 1951, incorporait diverses améliorations notamment à l’égard de la stabilité et de la solidité de l’appareil. Otto Behrens, ancien pilote d’essais chez Focke-Wulf, constata que ce prototype avait toutefois encore tendance à décrocher aux angles élevés d’attaque. D’ailleurs, il perdit la vie en octobre 1952 aux commandes de cet appareil, lors d’un entraînement précédant un vol de démonstration qu’il devait effectuer quelques jours plus tard devant le président Perón.

Les problèmes de décrochage du Pulqui II furent définitivement solutionnés avec le quatrième prototype terminé en 1953. Des réservoirs de plus grande capacité dans les ailes permirent de porter à plus de 3000 km l’autonomie de l’appareil. C’était également le premier prototype muni des quatre canons Hispano-Suiza HS.404 de 20 mm prévus pour les appareils de série. Avec cette nouvelle version, qui affichait dorénavant des performances équivalentes et même supérieures à certains égards au MiG 15 et au F-86 Sabre, le Pulqui II attira l’attention de clients potentiels, dont l’Égypte prête à passer la commande d’appareils de série.

Toutefois, une grave crise économique frappa l’Argentine en 1953, ce qui provoqua un ralentissement des programmes d’armement. Par ailleurs, suite à des interventions politiques, la Fábrica Militar de Aviones avait investi beaucoup d’efforts dans la mise en place de lignes de montage d’automobiles, au détriment de la mise en production du Pulqui II. La FMA ne pouvait donc répondre rapidement à des commandes d’appareils de série. Finalement, la Revolución Libertadora menée par le général Eduardo Lonardi, força à l’exil le président Perón déchu, ce qui commença à sonner le glas pour le Pulqui II. En réaction aux difficultés financières et aux tracasseries des nouveaux dirigeants, Kurt Tank quitta l’Argentine. Tentant sans succès de retourner en Allemagne, il immigra en Inde où il dirigea le développement du premier avion à réaction construit en Asie, l’HF-24 Marut. Quelques membres de son ancienne équipe se joignirent à lui, alors que d’autres immigrèrent aux États-Unis et vers d’autres pays.

Tentant de raviver l’intérêt de la classe politique pour le Pulqui II, un vol aller-retour de 1600 km entre Córdoba, siège de la FMA, et Buenos Aires fut organisé par la Fuerza Aérea Argentina en 1956. Sans réservoirs externes, l’appareil vola à une vitesse moyenne de 900 km/h et fit également une démonstration de sa puissance de tir. Le système d’alimentation en oxygène du pilote fit toutefois défaut au retour et celui-ci, demi-conscient, endommagea lourdement l’appareil à l’atterrissage.

Voulant se doter d’appareils plus modernes, la Fuerza Aérea Argentina envisagea alors l’acquisition d’une quarantaine de Sabre Mk6 chez Canadair. Éprouvant de sérieuses difficultés budgétaires, le gouvernement argentin fut toutefois incapable de financer cet achat. Suite à cet échec, la Fábrica Militar de Aviones entreprît la construction d’un cinquième prototype désigné Pulqui IIe. Il ne fut toutefois complété qu’en 1959. Entre-temps, la Fuerza Aérea Argentina avait acquis, à rabais, une trentaine de F-86 Sabre usagés des États-Unis.

Le cinquième et dernier prototype du Pulqui II n’effectua qu’une douzaine de vols en 1959 et 1960. Dépassé par des appareils plus récents, le Pulqui II ne suscitait guère plus d’intérêt chez les dirigeants argentins, trop contents d’enterrer ce symbole du péronisme. Aux côtés de l’unique Pulqui I, c’est cet appareil que l’on peut aujourd’hui admirer au Museo Nacional de Aeronáutica de Argentina. Qualifié de «rêve brisé», le Pulqui II marqua non seulement la fin de la période d’or de l’aéronautique argentine, mais aussi d’une vision de grandeur de l’Argentine qui atteignit son paroxysme sous le régime du président Perón.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : FMA I.Ae. 33 Pulqui IIe
Envergure : 10.60 m
Longueur : 11.70 m
Hauteur : 3.50 m
Motorisation : 1 turboréacteur Rolls-Royce Nene II
Puissance totale : 1 x 2300 kgp.
Armement : 4 canons de 20mm
Charge utile :
Poids en charge : 5550 kg
Vitesse max. : 1080 km/h
Plafond pratique : 15000 m
Distance max. : 3090 Km
Equipage : 1
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du FMA I.Ae. 33 Pulqui II

Profil Couleur

Profil couleur du FMA I.Ae. 33 Pulqui II

Vidéo

Histoire du Pulqui II

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Fils d’un militaire de l’armée de l’air canadienne (il est tombé dedans quand il était petit…) et biologiste qui adore voler en avion de brousse, ce rédacteur du Québec apprécie partager sa passion de l'aéronautique avec la fraternité francophone d’Avions Légendaires.