FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Fuji T1F Hatsutaka
Constructeur : Fuji Heavy Industries Ltd.
Désignation : T1F
Nom / Surnom : Hatsutaka
Code allié / OTAN :
Variante : T-1
Mise en service : 1960
Pays d'origine : Japon
Catégorie : Avions d'entraînement
Rôle et missions : Avion d'entraînement intermédiaire et avancé, soutien aux essais en vol.

HISTOIRE

Fuji T1F Hatsutaka :
Le premier véritable avion à réaction japonais”

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale l’industrie aéronautique nippone est totalement ravagée. Démantelée par l’administration alliée elle ne pourra se relever que plusieurs années plus tard. Même si avec l’aide nazie les ingénieurs japonais ont en leur temps mis au point les prototypes Kikka et Shusui il faudra attendre une grosse dizaine d’années pour voir enfin voler le premier véritable jet de facture locale : l’avion d’entraînement monoréacteur Fuji T1F Hatsutaka.

Le 1er juillet 1954 le Japon jusque là totalement démilitarisé par les forces alliées après sa défaite d’août 1945 retrouve une force aérienne, la Kōkū Jieitai aussi connue sous la désignation anglophone de Japan Air Self-Defense Force. Son équipement est alors 100% en provenance des industriels américains mais au Japon une volonté de s’en émanciper au maximum existe et le gouvernement ne doit pas la nier. C’est pourquoi il se lance dans plusieurs programmes de développement d’avions voire d’hélicoptères pour les besoins militaires.

Parmi ceux-ci l’un des plus ambitieux concerne un avion d’entraînement intermédiaire et avancé à réaction. C’est le constructeur Fuji, jusque là uniquement connu pour son avion d’entraînement primaire LM-1 Nikko dérivé du Beechcraft T-34A Mentor américain, qui est sélectionné. Avec plusieurs anciens ingénieurs de feu l’avionneur Nakajima dans ses rangs Fuji est alors considéré comme l’avionneur le plus en pointe pour mener à bien cette tâche.
Le futur avion reçoit alors la désignation de T1F, pour Trainer number 1 Fuji, et le patronyme de Hatsutaka du nom d’un oiseau mythique japonais.

Pourtant les dirigeants de Fuji se heurtent rapidement à un mur. Aucun de ces ingénieurs n’a de l’expérience dans la conception d’avions contemporains. C’est pourquoi ils vont aller les chercher là où ils se trouvent alors : de l’autre côté du Pacifique, aux États-Unis. Plusieurs ingénieurs sont débauchés de chez Boeing mais surtout North American Aviation. Et le résultat va vite s’en ressentir, d’abord dans l’architecture général du Fuji T1F.

Dans le même temps les dirigeants nippons exigent que le nouvel avion soit motorisé par un réacteur de conception locale, le JO-1 justement développé par Fuji. Cependant celui-ci connait des retards très important, en raison en partie du fait que son développement est repris par le consortium Ishikiwajima-Harima. De ce fait l’avionneur et l’état-major de la Kōkū Jieitai prennent la décision de se tourner vers l’Occident et plus particulièrement le Royaume-Uni. C’est en effet le motoriste britannique Bristol Siddley qui va fournir son réacteur Orpheus Mk-805 d’une poussée à sec de 1814 kilogrammes.

Extérieurement le Fuji T1F Hatsutaka est clairement inspiré par le North American TF-86F, la version d’entraînement avancée et de transformation opérationnel du célèbre Sabre de chasse. Pour autant l’avion japonais est légèrement plus gros et plus lourd.
Son premier vol intervient le 19 janvier 1958.
Rapidement une première commande pour quarante-six exemplaires de série identiques au prototype est passée. Désignés T1F1 par le constructeur il reçoivent celle de T-1A au sein de la Kōkū Jieitai. Comme le prototype les avions de série volent avec le réacteur britannique d’origine car la mise au point du JO-1, entre temps devenu J-3, ne donne pas encore pleinement satisfaction.

En 1961 enfin le réacteur japonais est prêt et Fuji le propose sur son désormais T1F2 à la force aérienne nippone. Vingt exemplaires sont immédiatement commandés et entre en service à la fin de la même année sous la désignation de T-1B. Dans le même temps Fuji propose le T1F3, en fait un T1F1 remotorisé afin de donner naissance à un T1F2.
Un prototype est assemblé et seuls quatre avions sont construits, ils ne serviront qu’au soutien opérationnels lors des phases de vols d’essais sous la désignation militaire de T-1C.

Malgré un réel attachement de la part des jeunes pilotes japonais mais également de leurs instructeurs le Fuji T1F Hatsutaka ne sera jamais le principal jet d’entraînement intermédiaire et avancé du pays entre 1960 son entrée en service et son retrait du service trente-neuf ans plus tard. Il sera toujours éclipsé par des avions jugés plus modernes que lui comme le Lockheed T-33 T.Bird américain ou par le suite le Mitsubishi T-2 supersonique japonais lui aussi.

Pourtant le Fuji T1F Hatsutaka est connu comme un avion ayant toujours su rendre des services remarquables, un jet d’entraînement réputé sûr et pardonnant beaucoup les erreurs de pilotage. Ironie du sort c’est la version à réacteur britannique qui connut le plus faible taux d’accident par rapport à celle volant sur le J-3 japonais.
Jamais exporté cet avion remplacé à la fin du vingtième siècle par le Kawasaki T-4 n’est aujourd’hui préservé que dans des musées nippons.

 

PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Fuji T1F1 Hatsutaka
Envergure : 10.50 m
Longueur : 12.12 m
Hauteur : 4.09 m
Motorisation : 1 turboréacteur Bristol Siddeley Orpheus Mk-805
Puissance totale : 1 x 1814 kgp. sans post-combustion
Armement : Une mitrailleuse M53 de calibre 12.7mm dans le nez et possibilité d'emporter jusqu'à 800kg de charges avec bombes lisses, paniers à roquettes, ou deux missiles air-air AIM-9 Sidewinder.
Charge utile :
Poids en charge : 5000 kg
Vitesse max. : 925 km/h à 6100 m
Plafond pratique : 14400 m
Distance max. : 1950 Km en convoyage.
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Fuji T1F Hatsutaka

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Fuji T1F Hatsutaka


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