I.A.I. Nesher / Dagger

I.A.I. Nesher / Dagger


Fiche descriptive

Appareil : I.A.I. Nesher / Dagger
Constructeur : Israël Aircraft Industries
Désignation :
Nom / Surnom : Nesher
Code allié / OTAN :
Variante : Dagger
Mise en service : 1972
Pays d'origine : Israël
Catégorie : Chasseurs des années 60-80
Rôle et missions : Chasseur-bombardier, intercepteur.

Histoire

I.A.I. Nesher / Dagger :
Beaucoup plus qu'une copie israélienne de Mirage 5

Dès sa création l’état d’Israël a cherché à obtenir un semblant d’indépendance industrielle en matière d’aéronautique. Cela passa d’abord par divers études de drones d’observation et de reconnaissance comme le Tadiran Mastiff puis par le développement d’avions plus complexes à l’image du biturbopropulseur Arava conçu et réalisé par l’avionneur IAI. Ce dernier se lança à la même époque dans le développement du tout premier chasseur à réaction israélien : le Nesher, connu également à l’exportation sous son patronyme de Dagger.

En avril 1967 l’état-major de Heyl Ha’Avir décida de commander à l’avionneur français Dassault un lot de cinquante exemplaires de son tout dernier chasseur-bombardier, le Mirage 5. Cette version directement dérivée du Mirage III avaient en fait été pensée dans les bureaux d’études de Saint-Cloud afin de satisfaire les besoins de l’état hébreu. Les futurs avions reçurent la désignation de Mirage 5J.

Cependant cette commande n’aboutit jamais, non pas que les autorités de Tel-Aviv aient révisé leur commande, mais la France refusa de livrer ces jets. En fait c’est le Président de la République lui-même, alors Charles de Gaulle, qui plaça Israël sous embargo militaire global suite à un raid aérien mené fin décembre 1968 contre l’aéroport international de Beyrouth. De ce fait les Mirage 5J furent finalement versés à l’Armée de l’Air où ils devinrent des Mirage 5F. Pourtant les Israéliens ne comptaient pas en rester là.

Grâce au concours d’ingénieurs de la société Dassault mais aussi (et surtout) au puissant maillage de renseignement du Mossad les ingénieurs d’IAI purent obtenir les plans complets et certains éléments usinés du Mirage 5J et de son réacteur Atar 9C. Ainsi leurs usines purent (re)construirent à l’identique l’avion qui fut baptisé Nesher, c’est à dire en français le Vautour.

Malgré les maigres protestations françaises le développement du chasseur-bombardier se fit assez rapidement et le prototype réalisa son premier vol le 6 mai 1971. Il s’agissait alors du premier jet de combat construit en Israël. Une commande fut immédiatement passée pour soixante exemplaires de série, cinquante monoplaces Nesher S et dix biplaces Nesher T. Les premiers d’entre-eux entrèrent en service début 1972.

En fait il s’avéra rapidement que ces avions n’étaient plus aussi adaptés que prévus aux attentes israéliennes, d’autant que le réacteur Atac 9C avait montré ses limites. Surtout depuis l’annonce de l’embargo français sur les matériels militaires un nouveau pays avait fait son apparition dans l’escarcelle israélienne : les États-Unis.
Mais aussi l’avionneur IAI travaillait sur une autre version propre du Mirage 5, bien plus moderne et évolué, le tout nouveau Kfir qui venait de faire son premier vol.

Ceci n’empêcha pas Heyl Ha’Avir d’engager en octobre 1973 ses Nesher S dans des missions de représailles après les attaques égyptiennes et syriennes de la guerre du Kippour. Armés de bombes lisses et de paniers à roquettes ils furent principalement utilisés pour attaquer les colonnes de chars et de véhicules des armées de ces deux pays. Si durant ce conflit deux Nesher furent abattus par les avions de chasse des pays de la Ligue Arabe ils surent également descendre des avions ennemis dont au moins un chasseur-bombardier Hawker Hunter irakien ainsi qu’un bimoteur de transport Ilyushin Il-14 et un avion d’attaque Sukhoi Su-7 égyptiens. Les Nesher emportaient en effet des missiles air-air courte portée Shafrir Python de conception indigène.

À l’été 1977 l’aviation israélienne décida de commencer le retrait du service de ses premiers Nesher T, puis deux mois plus tard les Nesher S. En fait ces avions étaient devenus obsolètes avec l’apparition du Kfir et l’arrivée des McDonnell F-4E Phantom II bien plus puissants. L’intégralité de ces monoréacteurs fut ainsi stockée dans le désert. Pas pour longtemps en fait.

Dès la fin de l’année 1977 la Fuerza Aérea Argentina se proposa de racheter vingt-deux exemplaires du Nesher S et quatre exemplaires du Nesher T. Elle recherchait alors un avion de combat capable d’assurer la suprématie argentine sur le continent face à la montée en puissance du Brésil. Les premiers exemplaires entrèrent en service en 1978. Deux ans plus tard un second lot de treize Nesher S fut acquis. Dans ce pays les avions furent rebaptisés Dagger A pour les monoplaces et Dagger B pour les biplaces. Dagger en français se traduit par Poignard.

Lorsque l’aviation argentine attaqua l’archipel britannique des Malouines en 1982 les trente-cinq IAI Dagger étaient parmi les avions de combat les plus modernes dans ce pays, avec les Super Étendard de l’aéronavale. Pourtant ils furent peu employés au combat, se limitant seulement à escorter les vagues d’attaques et les avions de transport, notamment le tristement célèbre bombardement au napalm du 28 mai 1982, réalisé par des avions d’entraînement Beechcraft T-34C Turbo Mentor. Si les Dagger n’emportaient pas cette arme si destructrice ils y sont toujours intimement liés trente-cinq ans plus tard. Le bilan de l’engagement argentin des Dagger fut d’ailleurs assez lourd, puisque onze furent abattus : neuf par des avions de combat BAe Sea Harrier de la Fleet Air Arm tirant au canon et avec leurs missiles AIM-9B Sidewinder, et deux par la DCA britannique.

En 1985 la Fuerza Aérea Argentina sollicita l’aide de la France pour moderniser ses Dagger et les monter au standard espéré de Finger, mais cela ne se fit jamais. Un peu à la manière de Charles de Gaulle avec les Mirage 5J c’est cette fois ci François Mitterrand qui refusa ce marché, tenant bien plus aux relations avec Londres. En effet les Britanniques voyaient d’un mauvais œil une éventuelle remise à niveau de la flotte de Dagger argentins. La paix entre les deux pays était encore très ténue.

Finalement la Fuerza Aérea Argentina maintint encore sa flotte de Dagger en service durant trente ans, les derniers quittant le service actif au début de l’année 2015. Ils ne furent pas remplacés.

Certaines sources font état également de la fourniture en 1984 de cinq Nesher biplaces par Israël à l’Afrique du sud dans le cadre du programme Cheetah, sans pour autant que cela ne se vérifie réellement. Ce type d’information est donc à prendre avec circonspection.

Avion mal connue le IAI Nesher, et sa version d’export le Dagger, permirent à l’avionneur IAI de se familiariser dans la construction d’avions à réaction, à défaut de peaufiner sa conception. Extérieurement il est quasi impossible de différencier le Nesher du Mirage 5.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : IAI Nesher S
Envergure : 8.22 m
Longueur : 15.65 m
Hauteur : 4.25 m
Motorisation : 1 réacteur SNECMA Atar 9C
Puissance totale : 6000 kgp. avec post-combustion.
Armement : 2 canons de calibre 30mm
4000kg de charge externe (missiles air-air, bombes lisses, roquettes en paniers)
Charge utile :
Poids en charge : 13500 kg
Vitesse max. : 2350 km/h à 9000 m
Plafond pratique : 17000 m
Distance max. : 1300 Km avec charge offensive de 1700kg et deux réservoirs externes.
Equipage : 1
[...] Passez dans le comparateur...

Plan 3 vues

Plan 3 vues du I.A.I. Nesher / Dagger

Profil Couleur

Profil couleur du I.A.I. Nesher / Dagger

Vidéo

Décollage de deux Dagger argentins

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.