Junkers Ju 188

Junkers Ju 188


Fiche descriptive

Appareil : Junkers Ju 188
Constructeur : Junkers Flugzeug Motorenwerke AG
Désignation : Ju 188
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1943
Pays d'origine : Allemagne (IIIe Reich)
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier-torpilleur, avion de reconnaissance terrestre et maritime, chasseur à haute altitude, avion de soutien aux essais en vol.

Histoire

Junkers Ju 188 :
Le torpilleur de reconnaissance de la Luftwaffe

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Luftwaffe fut une des premières aviations à mettre en service des aéronefs militaires réellement polyvalents. Bien sûr, il n’était pas encore question d’avions de combat multirôles comme de nos jours mais ses machines n’étaient que très rarement conçues pour un seul et unique rôle. L’un des exemples les plus frappants de cette politique de conception d’avions « à tout faire » est certainement le méconnu bimoteur Junkers Ju 188, aussi bien avion de reconnaissance que bombardier-torpilleur, voire même chasseur évoluant à haute altitude.

Comme sa désignation l’indique le Junkers Ju 188 est directement dérivé du célèbre Ju 88. En fait, il s’inscrit dans une volonté de donner un successeur à ce dernier, qui prit d’abord la forme du programme Bomber B lancé par le RLM à la fin de l’année 1940. Les trois avions développés dans le cadre de ce cahier des charges n’avaient néanmoins pas réellement les caractéristiques pour répondre aux attentes allemandes. Si le Dornier Do 317 réussit le tour de force d’être produit en série, le Ju 288 ne dépassa pas le stade des vingt-deux avions de développement. Quant au très ambitieux Focke-Wulf Fw 191, lui ne fut construit qu’à trois prototypes. Le cas du Henschel Hs 130 fut différent, puisqu’il s’orienta directement vers le développement d’un avion uniquement destiné à la reconnaissance stratégique.

Il fallait donc en urgence trouver un successeur au Ju 88, la Luftwaffe en avait cruellement besoin en ce début d’automne 1942. L’invasion de l’URSS, suite au déclenchement de l’opération Barbarossa un peu plus d’un an plus tôt avait grandement attaqué les stocks de bombardiers moyens et d’avions de reconnaissance rapide de l’aviation allemande. En outre l’entrée en guerre des États-Unis fin 1941 avait totalement rebattu les cartes en Europe occidental et dans l’arc méditerranéen, les fournitures d’avions de chasse aux forces du Commonwealth britannique dans le cadre de la loi prêt-bail avait profondément boosté la Royal Air Force et ses alliés.

Pour y remédier Junkers décida de modifier le prototype Ju 88V-27 afin d’en faire un bombardier moyen de nouvelle génération. Celui-ci fut rapidement redésigné Ju 188V-1. Il préfigurait en fait les futurs Ju 188A et E de bombardement. Son premier vol intervint en janvier 1943.

Extérieurement le Ju 188 ressemblait fortement au Ju 88 mais avec généralement un cockpit agrandi largement vitré. Son train d’atterrissage classique escamotable fut amélioré et renforcé tandis que le fuselage et la voilure étaient agrandis, augmentant ainsi la capacité d’emport en carburant et donc le rayon d’action. Les différentes versions du Ju 188 étaient propulsées par deux moteurs en étoile, principalement des BMW 801D de 1700 chevaux et des Junkers Jumo 213 de 1770 chevaux. Dans les deux cas ces moteurs entraînaient des hélices métalliques à trois pales. Les premiers Ju 188 de série, des version « D » de reconnaissance tous-temps et « E » de bombardement et de torpillage entrèrent en service à partir de juin 1943.

Dans le même temps l’avionneur développa plusieurs autres versions, notamment de reconnaissance terrestre et maritime, de torpillage, et même en petites séries pour des missions de supériorité aérienne à haute altitude. Ces deux dernières sous-versions, désigné Ju 188S et Ju 188T furent pensées afin d’interdire les cieux allemands aux boxes de bombardiers américains et britanniques tels les Consolidated B-24 Liberator ou encore Handley-Page Halifax.

Mais indubitablement c’est en tant qu’avion de reconnaissance terrestre et bombardier-torpilleur que le Ju 188 rencontra le plus de succès. En tant qu’avion de reconnaissance terrestre il fut engagé aussi bien au-dessus de l’Angleterre et du Pays-de-Galles qu’au-dessus de l’Union Soviétique.

À l’époque de leur entrée en service les Junkers Ju 188 de la Luftwaffe se heurtaient déjà à une farouche chasse américaine et britannique au-dessus de l’Europe occidentale. Malgré cela les capacités du bimoteur allemand, en terme de vitesse et de manœuvrabilité entre autre, les mettaient souvent à l’abri des P-51 Mustang et des Spitfire alliés.

Au début de l’année 1944 il fut décidé de faire sous-traiter une partie de l’assemblage des Ju 188D, E, et K par la Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est en France occupée. Ceci fut en fait une grave erreur de jugement de la part du RLM. En effet les industries aéronautiques françaises étaient alors devenus des repères pour la Résistance. Plusieurs dizaines de pages de données confidentielles concernant le Ju 188 furent secrètement livrés aux agents britanniques du Special Operations Executive. Ainsi Londres connaissait alors les forces et les faiblesses du principal avion de reconnaissance tactique mais aussi principal torpilleur de la Luftwaffe.

Et les informations relayées par la Résistance confirmaient les craintes alliées. Le Junkers Ju 188 était certainement un des meilleurs avions allemands de son temps. Un temps considéré par les Britanniques comme équivalent à leur Bristol Beaufort il s’avéra en fait très supérieur à celui-ci. En fait le seul facteur qui rassura les agents du SOE concernait la lente cadence de production de l’avion.

Jamais exporté aux forces de l’Axe le Junker Ju 188 ne servit durant la Seconde Guerre mondiale dans les seuls rangs de la Luftwaffe. Au total ce sont un peu plus de 1150 exemplaires qui en furent produits dont environ 20% en France occupée.

Dans l’immédiat après-guerre l’Aeroplane and Armament Experimental Establishment utilisa deux bombardiers Ju 188A-2 dont les équipages avaient fait défection en janvier 1945. Ils volèrent au Royaume Uni jusqu’en 1947.

De son côté l’Armée de l’Air utilisa un temps une demi-douzaine de Ju 188E-1 pour des missions de bombardement moyen terrestre tandis que la Flottille 10S de la Marine Nationale reçut deux Ju 188D-2 de reconnaissance tous-temps et trois Ju 188E-2 de torpillage. Ces cinq bimoteurs furent utilisés comme plastrons volants pour des essais de motorisation et d’armement. Fin 1949, plus aucun de ces avions ne portaient la cocarde tricolore. Jamais l’Armée de l’Air n’engagea au combat ses bimoteurs allemands.

Avion beaucoup moins connu que le Ju 88 le Ju 188 est pourtant certainement une des machines les plus évoluées de sa catégorie. De nous jours un exemplaire est visible aux États-Unis, au National Air & Space Museum. La France de son côté n’a pas daigné bon de conserver une de ses formidables machines.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Junkers Ju 188E-2
Envergure : 22.00 m
Longueur : 14.95 m
Hauteur : 4.44 m
Motorisation : 2 moteur en étoile BMW 801D-2
Puissance totale : 2 x 1700 ch.
Armement : 1 canon MG151 de calibre 20mm tirant vers l'avant
2 mitrailleuses MG131 de calibre 13mm tirant l'une vers le haut et l'autre vers le bas
1 mitrailleuse MG81 de calibre 7.92mm dans le nez tirant vers l'avant
La charge de bombes pouvant atteindre 3000kg, dont une torpille de 1200kg.
Charge utile :
Poids en charge : 14510 kg
Vitesse max. : 500 km/h à 6000 m
Plafond pratique : 9350 m
Distance max. : 1950 Km avec charge offensive de 2200kg.
Equipage : 4
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Junkers Ju 188

Profil Couleur

Profil couleur du Junkers Ju 188

Vidéo

Junkers Ju 188 aux couleurs de la Luftwaffe en vol

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

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