Junkers Ju 290

Junkers Ju 290


Fiche descriptive

Appareil : Junkers Ju 290
Constructeur : Junkers Flugzeug Motorenwerke AG
Désignation : Ju 290
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1943
Pays d'origine : Allemagne (IIIe Reich)
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Avion de reconnaissance maritime lointaine

Histoire

Junkers Ju 290 :
un redoutable avion de reconnaissance maritime

Durant la Seconde Guerre Mondiale, la Luftwaffe essayaient de repérer les convois et escadres tout en pourchassant les submersibles américains et britanniques qui s’approchaient des côtes allemandes et françaises. L’un des avions les plus impressionnants utilisés par les Allemands pour ce genre d’opérations fut le quadrimoteur Junkers Ju-290.

En effet, les doctrines d’emploi des Alliés et de la Luftwaffe étaient diamétralement opposées. Les premiers utilisaient principalement des hydravions à coques ainsi que quelques bimoteurs légers, tandis que les seconds faisaient principalement usages de lourds quadrimoteurs et d’hydravions à coques mais plus légers que leurs homologues américains ou britanniques. Le principal avion allemand de ce type fut bien sûr le Focke-Wulf Fw-200 Condor, le fameux fléau de l’Atlantique. Toutefois au fur et à mesure que la guerre avançait ces machines semblaient de plus en plus fragiles par rapport aux chasseurs alliés et à la DCA. C’est la raison pour laquelle le RLM rechercha rapidement un nouvel avion de reconnaissance maritime lointaine. Afin de réduire les coûts, on décida que le nouvel appareil devrait être construit à partir d’un aéronef existant déjà.

Les responsables de la Luftwaffe décidèrent de demander à Junkers de travailler sur le projet en transformant un avion de ligne et de transport militaire Ju-90. Un exemplaire désigné Ju-90V8 fut prélevé et rapidement transformé en avion d’arme. Il se présentait sous la forme d’un monoplan à aile basse multiplace quadrimoteur. La propulsion était assurée par des moteurs en étoile BMW 801D de 14 cylindres développant une puissance unitaire de 1 700 chevaux. Disposant d’un train d’atterrissage renforcé pour les opérations à partir de terrain peu préparés. L’empennage double de l’avion était de très grande taille.

Afin de protéger au mieux l’avion contre les chasseurs ennemis, il fut décidé de l’armer de six canons de 20mm en tourelle dorsale avant et arrière, en gondole ventrale tirant vers l’avant, en position arrière, et en sabord arrière. En outre une mitrailleuse lourde de 13mm fut montée dans la gondole ventrale destinée à tirer vers l’arrière. A la différence du Fw-200, le nouvel avion ne disposait pas d’une charge de bombes. Il fut équipé d’un radar de recherche FuG-200 Hohentwiel disposant d’un rayon d’action de cent kilomètres. Ancien avion de transport le Ju-90V8 disposait encore de ses hublots rectangulaires et d’une double porte sur l’arrière. Il effectua son premier vol en août 1942.

Les exemplaires de série furent désignés Ju-290. Mais les trois premiers Ju-290 furent construits sans armement et rapidement affectés au pont aérien sur Stalingrad afin de ravitailler en armement la Luftwaffe. Il fallut donc attendre le mois d’avril 1943 pour voir arriver les premiers quadrimoteurs Junkers de reconnaissance maritime. Toutefois ces avions ne furent déclarés opérationnels que cinq mois plus tard. A cette époque, les Ju-290 patrouillaient principalement en Atlantique Nord et en Manche. Basés à Mont-de-Marsan, en France occupée, il leur arrivait aussi parfois de s’aventurer en mer d’Irlande. En décembre 1943, à l’occasion d’une de ces dernières missions, particulièrement périlleuse, du fait de la présence de nombreux chasseurs de la RAF, un Ju-290A-5 fut pris à partie par des chasseurs De Havilland Mosquito. Il fut lourdement endommagé, mais réussit toutefois à regagner le territoire français, prouvant ainsi la robustesse et la fiabilité de sa cellule et de ses moteurs. Aucun blessé grave n’était à déplorer parmi les neuf membres d’équipage.

Outre les trois avions initialement construits pour le pont aérien de Stalingrad, trois autres Ju-290 furent modifiés pour des vols longue durée entre Odessa, alors occupée, et le Japon impériale. Il s’agissait alors de survoler, à très haute altitude, hors de portée des chasseurs soviétiques, des champs de bataille et territoires hostiles afin de transporter des matériaux et équipements spécifiques. Ces trois avions réalisèrent une centaine de vols aller et retour sans jamais être inquiétés par les avions alliés.

En mai 1944, six Ju-290A-7 de patrouille maritime et de lutte antinavire furent mis en service. Ils se différenciaient des Ju-290A-5 par leur capacité d’emport du missile Henschel Hs-293 et par leur radar FX-1400 Fritz X de guidage. A la différence des Heinkel He-111 qui emportaient un missile de ce type, les Ju-290A-7 pouvaient être armés de quatre missiles de ce type, mais en général n’en possédaient que deux.

Junkers étudia une version Ju-290B de bombardement à long rayon d’action, pour des missions de frappe contre le territoire américain. Ce type d’avion n’entrait pas dans le programme des Amerikabombers. Mais aucun avion de ce type ne fut réellement construit. En effet, la mise au point de la soute à armement était particulièrement ardue, et une charge sur point externe aurait été trop faible compte tenu de la taille de l’avion et de sa consommation en carburant. D’autres sous-versions furent étudiées mais jamais réalisées. Il s’agissait d’avions de recherche et de sauvetage, de lutte contre les mines, de transport de haute personnalités, et même de brouillage antiradar. Le Ju-290 a toutefois servit de base au gigantesque Ju-390 Mammouth hexamoteur.

Au total, la production du Ju-290 n’a jamais excédé la quarantaine d’exemplaires, toutes versions confondues. Sa réputation n’a certes jamais été celle du Fw-200, mais il n’en est pas moins demeuré un des plus gros avions de combat de la Seconde Guerre Mondiale. Sa solidité et sa fiabilité étaient telles qu’après guerre l’avionneur tchécoslovaque Letov tenta de le proposer aux Soviétiques sous la dénomination de L-290 Orel, mais sans succès. En effet ceux ci disposaient alors du tout nouveau Tupolev Tu-4, la copie locale du Boeing B-29 américain. Par la suite Letov tenta d’imposer cet avion auprès des Israéliens, mais là aussi sans succès. Finalement le seul et unique Orel fut ferraillé en 1956.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Junkers Ju-290A-5
Envergure : 42.00 m
Longueur : 28.64 m
Hauteur : 6.83 m
Motorisation : 4 moteurs en étoile BMW 801D
Puissance totale : 4 x 1700 ch.
Armement : 6 canons de 20mm et une mitrailleuse de 13mm
Charge utile :
Poids en charge : 44970 kg
Vitesse max. : 440 km/h à 5800 m
Plafond pratique : 6000 m
Distance max. : 6150 Km (en patrouille)
Equipage : 9
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Junkers Ju 290

Profil Couleur

Profil couleur du Junkers Ju 290

Vidéo

Junkers Ju 290 en vol

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

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