Kamov Ka-10 ‘Hat’

Kamov Ka-10 ‘Hat’


Fiche descriptive

Appareil : Kamov Ka-10 ‘Hat’
Constructeur : Kamov N. I.
Désignation : Ka-10
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN : Hat
Variante :
Mise en service : 1954
Pays d'origine : U.R.S.S.
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère léger de surveillance et d'observation.

Histoire

Kamov Ka-10 ‘Hat’ :
Aux origines d'une belle lignée d'hélicoptères militaires

Aux yeux de toutes celles et tous ceux qui se passionnent pour l’aviation le nom de Kamov reste intimement lié aux hélicoptères dotés d’un double rotor coaxial contrarotatif. Cette architecture est tellement devenu le symbole de ce constructeur que lorsqu’il se hasarda à revenir vers une plus classique ce ne fut pas toujours avec le succès escompté. Le premier hélicoptère conçu selon cette technique par l’hélicoptériste soviétique était un appareil des plus simples et même s’il ne fut produit qu’à seize machines de série il marqua l’histoire aéronautique : le Kamov Ka-10, alias Hat dans la nomenclature de l’OTAN.

Après avoir travaillé dans le courant des années 1925-1932 sur divers projets d’autogires expérimentaux dont le Kaskr-1, premier représentant du genre conçu et réalisé en URSS, l’ingénieur Nikolaï Kamov s’intéressa au principe des hélicoptères. Il se concentra notamment sur les travaux de deux ingénieurs de son temps : le Français René Dorand et l’Italien Raoul Pescara-Pateras. Tous deux avaient développé depuis 1921 divers avant-projets relatifs à des hélicoptères sustentés et propulsés par un ingénieux système de double rotor coaxial contrarotatif.

À l’automne 1936 Kamov se rendit même en France afin d’assister à certains essais du Gyroplane Laboratoire, un hélicoptère expérimental conçu par René Dorand et Louis Breguet. Machine très imposante le Gyroplane Laboratoire impressionna l’ingénieur soviétique. Dès son retour il commença à travailler sur divers avant-projets allant dans ce sens. Dans le même temps le Kremlin le chargea ainsi que son collègue Ivan Bratukhin de permettre à l’Union Soviétique de rattraper son retard technologique dans le domaine des hélicoptères. Les deux ingénieurs avaient des vues diamétralement opposées et cela se ressentit dans leurs développements futurs.

Entre 1938 et la fin de la Seconde Guerre mondiale Kamov tâtonna sur pas mal de prototypes différents avant de finalement proposés son Ka-8 qui reprenait les grands traits de l’architecture des hélicoptères à double rotor coaxial contrarotatif. Ce monoplace doté d’un petit moteur de 45 chevaux qui vola en 1947 ne dépassa pas le stade du prototype mais posa les bases de la future lignée des hélicoptères du constructeur.

Cependant le ministère soviétique de la défense passa commande pour le prototype d’une future version de série améliorée et adaptée à des missions d’observation et d’entraînement. Celui-ci fut désigné Ka-10 dans la nomenclature soviétique. Par rapport au Ka-8 celui-ci possédait un moteur de 55 chevaux, même s’il demeurait monoplace.

Le prototype du Kamov Ka-10 vola en septembre 1949 soit un an après le Mil Mi-1, le premier hélicoptère soviétique construit en série. Les essais se déroulèrent dans le plus grand secret jusqu’au 1er mai 1950 où il fut décidé que l’hélicoptère allait participer au défilé aérien au-dessus de Moscou. On rapporta bien des années plus tard que Joseph Staline ne fut pas du tout impressionné par ce petit hélicoptère d’allure si fragile. Cette présentation publique permit à la toute jeune OTAN de le découvrir et de lui attribuer le nom de code de Hat.

Quelques semaines plus tard le troisième Kamov Ka-10, un hélicoptère de présérie, réalisa le premier appontage d’un hélicoptère soviétique à bord d’un navire de guerre. Sans le savoir il préfigurait le futur de l’aéronavale soviétique. Bien que rudimentaire le petit hélicoptère Kamov fut finalement commandé en série à hauteur de douze exemplaires de la version Ka-10M par les Pogranichnyye Voiska CCCP, les gardes-frontières de l’URSS. Les premiers entrèrent en service en février 1954.

Livrés avec des boudins de flottaison, permettant ainsi aux hélicoptères d’amerrir sans danger, ces Kamov Ka-10M posèrent les premiers jalons de la surveillance des fleuves et du littoral soviétique par hélicoptère, une activité qui allait s’intensifier au fur et à mesure de l’évolution de la guerre froide. Un ingénieux système d’adjonction d’alcool dans le réservoir de carburant de l’hélicoptère permettait aux Ka-10M de prendre les airs même lorsque les températures extérieures chutaient au-dessous de -25°C. Une capacité alors totalement inconnue des hélicoptéristes américains et européens de l’ouest.

Même s’ils ne demeurèrent pas en première ligne très longtemps, étant retirés du service en 1959 au profit du Kamov Ka-15 plus moderne les douze Ka-10M permirent de défricher le domaine de vol des hélicoptères à double-rotor coaxial contrarotatif. Ils sont donc les ancêtres directs du très réussi chasseur de sous-marins Ka-25 ou encore de l’ultramoderne hélicoptère de combat Ka-52. De nos jours, un Kamov Ka-10 de présérie est préservé à Moscou.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Kamov Ka-10M Hat
Envergure : 6.12 m diamètre de chaque rotor contrarotatif.
Longueur : 3.70 m
Hauteur : 2.50 m
Motorisation : 1 moteur à pistons Ivchenko AI-4V
Puissance totale : 1 x 55 ch.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 376 kg
Vitesse max. : 115 km/h à 850 m
Plafond pratique : 1050 m
Distance max. : 125 Km à charge maximale.
Equipage : 1
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Kamov Ka-10 ‘Hat’

Profil Couleur

Profil couleur du Kamov Ka-10 ‘Hat’

Vidéo

Utilisation du Kamov Ka-10 par la marine soviétique

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.