Martin P6M Seamaster

Martin P6M Seamaster


Fiche descriptive

Appareil : Martin P6M Seamaster
Constructeur : Glenn L. Martin Company
Désignation : P6M
Nom / Surnom : Seamaster
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1955
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hydravions
Rôle et missions : Hydravion de bombardement stratégique

Histoire

Martin P6M Seamaster :
l'hydravion supplanté par le sous-marin

Au début des années 50, l’US Navy s’opposa à l’US Air Force dans la politique de dissuasion américaine. Les généraux américains estimaient alors que seule l’Air Force était capable de délivrer le feu nucléaire dans le cas de frappes tactiques ou stratégiques. Toutefois, la Navy disposait de quelques avions d’attaque et bombardiers embarqués susceptible d’emporter une bombe atomique. Mais celle-ci désirait également disposer de bombardiers lourds, afin de protéger les côtes américaines mais également de porter la guerre par-delà les frontières soviétiques. Dans la doctrine américaine de l’époque, ces frappes nucléaires navales devaient être faites par des hydravions à réactions très en profondeur. L’US Navy n’utilisa en tout et pour tout qu’un seul type d’hydravion de ce type, construit à très peu d’exemplaires : le Martin P6M Seamaster.

Le concept d’emploi originel du Seamaster prévoyait que les appareils soient regroupés à cinq ou six appareils en mer autour d’un navire de ravitaillement, qui servirait de base de repli. Les hydravions auraient alors pour missions de déjauger et de rejoindre rapidement leur cible en territoire ennemi afin de les frapper, que ce soit avec une charge nucléaire ou conventionnelle. Une fois la mission terminée, les hydravions reviendraient auprès du navire de ravitaillement, soit pour recharger en armement soit pour ravitailler leur appareil en carburant. Toutefois, les experts de l’US Navy ne se rendirent pas compte que leur projet était appelé à une rapide obsolescence, en particulier en raison du développement important des sous-marins à propulsion nucléaire capables eux aussi d’emporter l’arme atomique, sous la forme de missiles balistiques intercontinentaux.

Le Department of Navy (ministère américain de la marine) décida de choisir directement l’avionneur responsable de ce programme très ambitieux, et ce fut Martin. En effet, le constructeur était alors réputé pour la fiabilité de ses hydravions militaires, tel les P5M Marlin, mais également pour ses bombardiers réalisés durant la Seconde Guerre mondiale comme par exemple le B-26 Marauder. Les ingénieurs de Martin travaillèrent donc dans l’urgence et réalisèrent un appareil proprement surprenant. En effet, celui que l’avionneur avait décidé de baptiser Seamaster était non seulement un hydravion au potentiel fort, mais en outre un avion d’arme qui n’avait pas grand chose à envier aux aéronefs de l’US Air Force. Il fallu seulement quatre ans entre la signature du contrat et le premier vol de l’appareil qui eut lieu le 14 juillet 1955. Ce prototype fut désigné XP6M.

Il se présentait sous la forme d’un hydravion à coque monoplan à aile haute en flèche accentuée. Les quatre turboréacteurs étaient collés deux par deux sur l’extrados de chaque aile, très près du fuselage. Le XP6M disposait de deux flotteurs en bout d’aile. L’empennage de l’avion rappelait fortement celui du bombardier britannique Handley-Page Victor en V aplati. L’armement de l’avion se composait principalement de quatorze tonnes de bombes placés dans deux soutes de fuselage et de deux canons de 20mm installés en tourelle arrière. Ces canons avaient la particularité de pouvoir être reculés et rentrés dans le fuselage lors des phases d’amerrissage et de déjaugeage afin de protéger les affûts des embruns très corrosifs. L’appareil était servi par un équipage de quatre personnes : un pilote, un copilote faisant aussi office de radio, un navigateur, et un officier armement actionnant entre autre les canons automatisés. Le Seamaster était en outre prévu pour être ravitaillé en vol.

L’US Navy passa commande pour onze exemplaires de série, sous la dénomination de P6M-1. En effet en conservant cette désignation l’US Navy espérait leurrer les services de renseignement soviétiques sur la nature réelle du Seamaster. Ce que l’Amérique semblait fortement ignorer, c’est que l’URSS travaillait aussi sur un programme similaire, le Beriev Be-10, resté lui à l’état de prototype. Mais au fur et à mesure que les P6M-1 sortaient d’usine, les amiraux américains se rendaient compte que ces appareils étaient d’ores et déjà obsolètes. Les sous-marins avaient déjà pris le relais dans les frappes nucléaires.

C’est la raison pour laquelle les Seamaster furent tous livrés à partir du sixième au standard P6M-2, voué pour la lutte anti-sous-marine et anti-mine. Les autres appareils furent rétrofités à ce standard. Toutefois, le Seamaster était un aéronef onéreux à l’emploi et surtout complexe. C’est la raison pour laquelle cette machine ne resta pas longtemps en service. Le Department of Navy estimait que le P6M n’était destiné qu’aux seules et uniques missions de frappes nucléaires, et qu’il ne pouvait remplir aucune autre, c’est la raison pour laquelle l’hydravion quadriréacteur fut retiré du service en août 1959, soit seulement quatre ans après le premier vol du prototype.

Dernier hydravion militaire construit en série par Martin, le Seamaster est souvent considéré comme une des machines les plus ambitieuses de la Guerre Froide, mais surtout comme un appareil obsolète dès son entrée en service, alors même qu’il s’agissait d’un aéronef extrêmement perfectionné. Avec son look très rétro moderne, le P6M est un parfait exemple de ce qui se faisait de mieux dans les années 50 en matière d’aéronautique militaire. Au total, le Seamaster a été construit à douze exemplaires, prototype compris.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Martin P6M-1 Seamaster
Envergure : 31.37 m
Longueur : 40.84 m
Hauteur : 9.88 m
Motorisation : 4 turboréacteurs Pratt & Whitney J75-P-2
Puissance totale : 4 x 7934 ch.
Armement : 2 canons de 20mm
14000kg de charges conventionnelles ou nucléaires
Charge utile :
Poids en charge : 80200 kg
Vitesse max. : 1010 km/h à 6200 m
Plafond pratique : 12000 m
Distance max. : 3200 Km (à masse maxi sans ravitaillement)
Equipage : 4
[...] Passez dans le comparateur...

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Martin P6M Seamaster

Profil Couleur

Profil couleur du Martin P6M Seamaster

Vidéo

histoire du P-6M Seamaster

A voir également

0
L’Alekseyev A-90 Orlyonok est le second grand ekranoplan russe. Conçu vers la fin des années 60 par le bureau d’étude de Nijni-Novgorod, il utilise...

0
Dans le souci constant d'associer l'hydravion au sous-marin, la Marine Impériale tenta de concrétiser un curieux concept : le croiseur accompagnant une flottille de...

0
L'insularité du Japon a toujours représenté un enjeu majeur dans ses engagements militaires et c'est la raison pour laquelle ce pays s'est doté dès...
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.