Messerschmitt Me 261

Messerschmitt Me 261


Fiche descriptive

Appareil : Messerschmitt Me 261
Constructeur : Messerschmitt GmbH
Désignation : Me 261
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : Adolfine
Mise en service : 1941
Pays d'origine : Allemagne (IIIe Reich)
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Reconnaissance à longue distance

Histoire

Messerschmitt Me 261 :
l'espion lointain du IIIème Reich

En prévision du transport de la flamme olympique entre l’Allemagne et le Japon, où devait se tenir en 1940 les Olympiades d’été de Tokyo, le Führer chargea le RLM de faire concevoir et assembler un avion capable de rallier sans escale les deux capitales. Ernst Udet, alors à sa tête, chargea son ami Willy Messerschmitt de cette mission.

Pour l’industriel allemand, le tout était surtout de développer une combinaison entre un appareil fiable et robuste d’un côté et une motorisation permettant de franchir les 20 000 km sans faire de pause. A une époque où le ravitaillement en vol n’en était qu’à ses balbutiements, cela relevait de la gageure. Sans que l’avion ne reçoive de désignation officielle, il fut baptisé « Adolfine », en hommage au dictateur. Messerschmitt accepta et ne tarda pas à proposer quelque chose.

En effet, à la même époque il travaillait, en concurrence avec Focke-Wulf et Junkers, à la réalisation d’un avion de reconnaissance maritime et stratégique à très long rayon d’action. D’ailleurs ce projet avait reçut la désignation de P.1062 dans la nomenclature du constructeur. Assez original pour l’époque le P.1062 se présentait comme une version largement agrandie du chasseur bimoteur Bf 110 alors en cours de développement pour le compte de la Luftwaffe. Il possédait une motorisation assez originale : quatre moteurs en lignes couplés deux par deux et offrant ainsi plus de 5000 chevaux de puissance à l’appareil.

Au début de l’été 1939, alors que l’état-major planifiait déjà les invasions de la Pologne, puis de la Belgique et de la France, les responsables politiques et stratégiques nazis commencèrent à comprendre que le conflit qui s’en suivrait annulerait tout espoir de J.O. au Japon pour l’année 1940. C’est la raison pour laquelle ils firent comprendre à Messerschmitt que les travaux de l’Adolfine et du P.1062 ne représentaient désormais plus que les ébauches d’un seul et même avion. La mission de transport de la flamme olympique fut abandonnée au profit de l’avion de reconnaissance. De P.1062, il devint Me 261.

Cet avion se présentait sous la forme d’un monoplan à aile médiane bimoteur multiplace construit en métal et bois. Disposant d’un train d’atterrissage à large voie escamotable et d’un empennage double dérive le Me 261 n’emportait aucun armement. Ses membres d’équipages prenaient place dans un cockpit largement vitré en ce qui concernait le pilote et son copilote, tandis que l’ingénieur de vol, le navigateur, et l’opérateur radio s’installaient à l’avant du fuselage. Destiné à des missions très longues, le Me 261 possédait un habitacle assez confortable, notamment par rapport aux bombardiers et chasseurs. Mais le secret de l’avion résidait dans sa propulsion. Celle ci était en effet assurée par quatre moteurs Daimler Benz DB-601 couplés, et donnant ainsi naissances à des DB-606. Chacun de ces derniers fournissant 2 700 chevaux de puissance à l’appareil. Outre le cockpit, tout l’espace de l’avion était dédié à l’emport du carburant et des appareils photos. Le premier prototype du Me 261 réalisa son vol inaugural le 23 décembre 1940.

Bien que jugé largement satisfaisant le Me 261 fut commandé à deux prototypes supplémentaires par Udet avant que celui ci ne lance la production en série de la machine. D’autant que lors des essais en vol le DB-606 montra quelques caprices, notamment à basse altitude ou lors de certaines ressources. De ce fait le RLM proposa, avec l’aide de Daimler-Benz, de monter des DB-610 turbocompressés développant chacun 2 900 chevaux. Ceux ci étaient en réalité là encore des moteurs couplés, en l’occurrence des DB-605. A ce moment là, le Messerschmitt Me 261 était sans nul doute l’avion militaire disposant du plus long rayon d’action au monde.

Pour d’obscures raisons politiques le RLM ne passa commande d’aucun Me 261 de série et la Luftwaffe dût se contenter de ses trois seuls prototypes. Malgré cela, le gros bimoteur de Messerschmitt remplit de nombreuses missions. Au début de l’année 1944, Hitler eut même l’idée de lancer un de ces appareils dans une mission de reconnaissance stratégique au-dessus de New York et Washington. Sans être une nécessité militaire, cette solution fut vite abandonnée. En effet l’Allemagne nazie n’avait plus les moyens à l’époque d’envisager un débarquement de ses troupes sur la côte est des Etats-Unis, pas plus qu’un bombardement massif. Et aucune de ses armes les plus évolués, pas même la fusée V2, ne pouvait frapper la capitale fédérale américaine. Pourtant le Me 261 avait la possibilité de survoler l’Amérique pendant une heure environ et de revenir tranquillement à sa base, si ce vol était lancé depuis la France occupée.

Fin 1944, la base de Lechfeld, où stationnaient de nombreux chasseurs allemands mais également deux des trois Me 261, fut la cible d’un intense bombardement de la part de la Royal Air Force. Le premier et le deuxième Me 261 furent endommagés à cette occasion. Trop lourdement touchés pour être réparables sur place, ils furent ferraillés. Le troisième avion fut transporté dans la banlieue de Munich, où Willy Messerschmitt possédait une usine, afin d’être amélioré. Après ces travaux, il vola encore quelques temps avant de finir sa carrière sur le bord de la piste de cette même usine. Lorsque les troupes américaines se rendirent maîtres de l’endroit, aucun ne savait quel était cet avion.

Même si aucune preuve n’en atteste formellement il semble bien qu’au moins deux des Me 261, vraisemblablement le deuxième et le troisième prototype, aient survolés au moins une fois la côte est des Etats-Unis à partir de bases situées près de Bordeaux. Quoi qu’il en soit, avec une autonomie de patrouille de cinq heures à 1 800km de toutes bases, le bimoteur allemand figure bien parmi les avions les plus surprenants de toute la Seconde Guerre Mondiale. Appareil désarmé afin d’augmenter son rayon d’action et son emport en matériel de reconnaissance le Me 261 préfigurait déjà les avions espions de la Guerre Froide.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Messerschmitt Me-261 (3ème prototype)
Envergure : 26.86 m
Longueur : 16.68 m
Hauteur : 4.71 m
Motorisation : 2 moteurs en V inversé Daimler-Benz DB-610AB
Puissance totale : 2 x 2900 ch.
Armement : aucun
Charge utile : -
Poids en charge : 7000 kg
Vitesse max. : 620 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 8250 m
Distance max. : 11050 Km
Equipage : 5
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Profil Couleur

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Vidéo

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Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

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