Mikoyan-Gurevich MiG-8 Utka

Mikoyan-Gurevich MiG-8 Utka


Fiche descriptive

Appareil : Mikoyan-Gurevich MiG-8 Utka
Constructeur : Mikoyan A. & Gurevich G.
Désignation : MiG-8
Nom / Surnom : Utka
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1945
Pays d'origine : U.R.S.S.
Catégorie : Avions expérimentaux
Rôle et missions : Avion expérimental, avion de servitude.

Histoire

Mikoyan-Gurevich MiG-8 Utka :
Un prototype laid mais efficace.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques voulurent disposer de leurs propres chasseurs à réaction. S’ils disposaient de quelques appareils pris ça et là aux Allemands, les Soviétiques n’avaient en réalité qu’une trop faible expérience en cette matière pour pouvoir réellement peser face à une Amérique de plus en plus omniprésente. Il fallait donc réagir, et vite. Pour cela Moscou chargea deux de ses principaux bureaux d’étude, Mikoyan-Gurevich et Yakovlev, de réaliser des avions de ce type. Ni l’un ni l’autre n’avait d’expérience réelle en la matière. Si le second se lança directement dans l’aventure, le premier décida de prendre un peu de recul et de travailler à partir de zéro mais avec une rigueur extrême. Pour cela les ingénieurs de MiG décidèrent de construire un banc d’essais volant destiné à valider les différentes possibilités qui s’offraient à eux. Il fut désigné MiG-8 dans la nomenclature de l’avionneur.

En observant, ou plutôt en espionnant, ce qui se passait à l’Ouest, les équipes de MiG décidèrent de travailler sur plusieurs concepts industriels différents. Le premier concernait le « plan canard », un jeu d’ailettes stabilisatrices installées à l’avant de l’appareil et destiné à améliorer les qualités de l’avion en matière de roulis, d’équilibre à l’atterrissage, de distance d’atterrissage et de décollage, et de stabilité en altitude sans le soufflage généré par le pas de l’hélice sur l’avant de l’avion. N’ayant pas les moyens de faire de son banc d’essais un jet, les gens de MiG décidèrent de l’équiper d’un moteur à piston à hélice propulsive. Le choix se porta sur un Shvetsov M11 taré à seulement 100 chevaux.

Le profil de l’aile fut lui aussi un motif important dans le développement du MiG-8. En effet, après avoir observé le développement aux Etats-Unis du prototype North American XP-86, futur Sabre de la Guerre de Corée, les équipes d’ingénieurs et de designers étaient convaincues que la solution était là. Le MiG-8 fut donc doté d’une aile en flèche accentuée, montée en position haute sur le fuselage de l’avion et relié à lui par des haubans. En raison de la présence de l’hélice à l’arrière de l’appareil, il fut décidé de monter deux petites dérives en guise d’empennage sur les ailes. Pour couronner le tout, et finir de donner au MiG-8, un air vraiment étrange, l’avion fut doté d’un train d’atterrissage tricycle fixe. Si le cockpit était prévu pour un seul pilote, sa cabine pouvait emporter trois passagers. Le MiG-8 était construit avec un mélange de bois et de métal. Il réalisa son premier vol en décembre 1945.

Dès les premiers vols, le MiG-8 s’avéra être un avion très stable, agréable à piloter, fin, racé malgré sa faible motorisation, et surtout une véritable mine d’information pour les ingénieurs de Mikoyan-Gurevitch. Il permit d’étudier le profil laminaire des plans canard et des ailes en flèche grâce à la technique dite des fils de laine. Rapidement, les enseignements de son utilisation furent tirés et le bureau d’étude pu vraiment développer son nouveau chasseur qui allait devenir un des musts de la Guerre Froide : le MiG-15 Fagot.

Aux vues des excellents résultats du MiG-8, le bureau d’études proposa son avion à la compagnie Aeroflot qui déclina l’offre mais également pour des missions de liaison et d’observation à l’AVMF (aéronavale soviétique) et à l’Aviation du Front. Toutes deux rejetèrent également ce curieux monomoteur, principalement pour des raisons dogmatiques. En effet, si le principe d’avion d’observation était bien ancré en Occident avec des avions comme le Piper L-18 ou le Cessna L-19 Bird Dog, il en était tout autrement en URSS. Le MiG-8 continua ses vols d’essais durant quelques années, permettant ainsi aux ingénieurs soviétiques de mieux comprendre les principes des ADAC (Avions à Décollages et Atterrissages Courts) qui allaient servir aux équipes de l’avionneur Antonov pendant plus de quarante ans. Le seul et unique MiG-8 vola jusqu’au début des années 60, remplissant notamment des missions de liaison et de transport de personnalité pour le compte du bureau d’étude.

Le nom d’Utka, donné officieusement par des ingénieurs soviétiques en 1945, provient de la traduction en langue russe du mot qui désigne le canard. Le MiG-8 Utka n’a semble t’il jamais été codé dans la nomenclature de l’OTAN. Aujourd’hui, le prototype MiG-8 appartient au musée de Tushino mais n’est pas exposé.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Mikoyan-Gurevich MiG-8
Envergure : 9.50 m
Longueur : 7.00 m
Hauteur : 2.48 m
Motorisation : 1 moteur en étoile à hélice propulsive Shvetsov M11
Puissance totale : 1 x 100 ch.
Armement : aucun
Charge utile : trois passagers
Poids en charge : 1250 kg
Vitesse max. : 215 km/h à 1550 m
Plafond pratique : 5200 m
Distance max. : 500 Km
Equipage : 1
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Mikoyan-Gurevich MiG-8 Utka

Profil Couleur

Profil couleur du Mikoyan-Gurevich MiG-8 Utka

Vidéo

L'appareil expérimental Mikoyan & Gurevich MiG-8

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.