FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Sikorsky HO5S
Constructeur : Sikorsky Aircraft
Désignation : HO5S
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : S-52, YH-18, XH-39, Hummingbird.
Mise en service : 1950
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère de sauvetage, hélicoptère d'observation et de liaisons.

HISTOIRE

Sikorsky HO5S :
L'hélicoptère de sauvetage des Marines en Corée.”

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale apparurent la majorité des hélicoptéristes qui allaient produire les machines des quarante années à venir. Beaucoup s’essayèrent d’abord à la construction et la vente d’hélicoptères légers. La société d’Igor Sikorsky, qui avait eu un rôle de pionnier durant les hostilités, ne fit pas exception notamment au travers d’un petit quadriplace construit en petite série et utilisé par l’US Marines Corps et l’US Coast Guard : le HO5S.

C’est en novembre 1945 que les équipes de Sikorsky commencèrent à travailler sur le prototype d’un hélicoptère léger biplace destiné prioritairement à l’aviation civile. À cette époque là les modèles S-49 et S-51 commençaient à se déployer au sein des forces américaines. Cependant le constructeur n’arrivait pas à percer sur le marché commercial. C’est ainsi que furent lancé, sur fonds propres, l’étude et le développement du S-52.

En fait les ingénieurs de Sikorsky avaient décidé de réagir à l’apparition du premier hélicoptère destiné prioritairement aux civils, le Bell 47, dont le premier vol intervint en décembre 1945. Cet hélicoptère biplace semblait attirer la clientèle, notamment les compagnies aériennes. De ce fait l’esthétique générale du Sikorsky S-52 fut grandement inspirée par celle de ce nouvel appareil. Les travaux de développement ne durèrent que treize mois, et le 12 février 1947 le S-52 réalisait son premier vol.

Si on excepte le carénage du fuselage et de la poutre de queue les deux hélicoptères américains se ressemblaient en effet beaucoup. Cependant les équipes de Sikorsky avaient fait le pari, osé à cette époque, de ne pas avoir recours à des patins d’atterrissage mais à un train quadricycle fixe. Il était surtout le premier hélicoptère au monde doté de pales de rotor intégralement métallique, et ce y compris pour le rotor anti-couple. En vol le prototype démontra de bonnes qualités mais une tendance aux vibrations à l’atterrissage, bien supérieures à celles connues jusque là sur d’autres machines.

En janvier 1948 vola le Sikorsky S-52-1, premier appareil de présérie destiné aux présentations publiques. Dans le même temps les équipes de Sikorsky espéraient placer leur nouvel aéronef entre les mains des militaires. Des démarches furent entreprises en ce sens et l’US Army passa commande pour quatre appareils de présérie sous la désignation YH-18A. Strictement identiques aux S-52-1 ces appareils préfiguraient une version d’observation de l’hélicoptère.

Cependant les essais en vol démontrèrent que l’appareil était inférieur au Bell H-13 et l’US Army décida de ne pas pousser plus loin son intérêt pour le nouvel appareil de Sikorsky. Dans le même temps l’hélicoptériste s’était lancé dans le développement d’une version agrandie quadriplace désignée S-52-2. L’appareil fut de nouveau présenté à l’US Army qui le rejeta sans cette fois ci l’essayer.

En parallèle quelques S-52-1 se vendaient sur le marché civil américain, notamment pour des stations de radio qui allaient s’en servir pour une mission toute nouvelle : la surveillance du trafic routier et sa retransmission en temps réel. En effet le passager de cet hélicoptère jouissait d’un meilleur champ de vision que sur Bell 47.

Fin 1950 c’est l’US Navy qui s’intéressa à l’appareil et passa commande pour un exemplaire de présérie sous la désignation HO5S. La marine américaine recherchait en effet un hélicoptère de surveillance et d’observation pour la sécurité de ses installations navales. Cependant là encore ce fut un échec. Pourtant l’US Department of Navy passa bien une commande d’appareils de série à Sikorsky pour 78 exemplaires destinés à l’US Marines Corps.

Dans cette arme les Sikorsky HO5S-1 allaient devenir les premiers véritables hélicoptères d’observation du champ de bataille. Ils allaient, aux côtés des Bell H-13 de l’US Army immortalisés au cinéma et à la télé par MASH, poser les bases du secours aérien héliporté en zone de combat. Ce que l’on nomme aujourd’hui le Resco. Durant la guerre de Corée c’est au sein du Squadron VMO-6 que les HO5S sillonneront les cieux à la recherche des soldats blessés.

Durant ce conflit les Sikorsky HO5S vont également poser les bases, pour l’US Marines Corps, du contrôle aérien de l’avant qui connaîtra plus tard ses heures de gloire grâce au North American OV-10A Bronco.
La majorité de ces hélicoptères resta en Corée jusqu’à la fin des hostilités à l’été 1953. Ils rentrèrent aux États-Unis pour être retirés du service.

Mais l’US Marines Corps ne fut pas le seul utilisateur de cet hélicoptère. En septembre 1952 huit exemplaires de série furent livrés à l’US Coast Guard sous la désignation de Sikorsky HO5S-1G. Extérieurement ils ne se singularisaient que par le montage d’un treuil mécanique amovible sur le côté droit du fuselage. L’intérieur de la cabine avait été repensé pour permettre l’accueil d’un blessé ou d’un noyé et du plongeur en plus du pilote et du mécanicien de bord. Cependant les problèmes de turbulences, connues depuis le prototype, limitèrent grandement l’utilisation opérationnelle de ces voilures tournantes. En fait les HO5S-1G ne prenaient réellement les airs que par beau temps et mer calme, c’est à dire pas forcément lorsque la garde côtière américaine aurait eu le plus besoin d’eux.

De ce fait la carrière de ces hélicoptères de sauvetage fut relativement courte, puisque le dernier quitta le service actif en avril 1954. Avec le retrait des Sikorsky HO5S-1G c’était la fin de l’aventure de ce surprenant petit appareil. La production en série s’arrêta elle aussi en 1954 après la sortie du 93ème et dernier exemplaire.

En 1954 toujours deux des quatre YH-18A furent transformés, à la demande de l’US Army, en hélicoptères mus par une turbine Continental XT51-T-3 d’une puissance de 400 chevaux afin de participer à des essais visant à la dotation d’un futur hélicoptère de liaisons et de transport léger. Désigné XH-39 il ne dépassa pas le stade des vols d’essais et fut battu, à plate couture, par un appareil lui réellement novateur : le Bell XH-40. Ce dernier n’était rien de moins que le prototype du futur HU-1A Iroquois.

On aurait pu croire que l’histoire de cet hélicoptère passablement raté allait s’arrêter là, mais non il n’en fut rien. Au début des années 1990 la société Vertical Aviation, spécialisée dans la vente de plans d’hélicoptères de construction amateur, fit l’acquisition des droits d’exploitation commerciale du Sikorsky S-52-2. L’idée était d’en proposer une version rajeunie sous la désignation de Hummingbird. L’ironie veut qu’en fait la production amateur de cet hélicoptère a été plus du double de celle de Sikorsky, et qu’elle se poursuit toujours en 2016.

Le Sikorsky HO5S est probablement un des rares véritables plantages de son constructeur, qui ne réussit jamais à rattraper Bell sur les marchés concurrentiels. Un exemplaire aux couleurs de l’US Marines Corps est actuellement préservé et exposé au Steven F. Udvar-Hazy Center, la branche aéronautique de la Smithsonian Institut, à Chantilly en Virginie.

PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Sikorsky HO5S-1G
Envergure : 10.05 m diamètre du rotor principal.
Longueur : 8.36 m
Hauteur : 2.65 m
Motorisation : 1 moteur Franklin O425-1
Puissance totale : 1 x 245 ch.
Armement : aucun
Charge utile : Un blessé et un plongeur-sauveteur.
Poids en charge : 1225 kg
Vitesse max. : 175 km/h au niveau de la mer.
Plafond pratique : 4725 m
Distance max. : 550 Km à charge maximale.
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Sikorsky HO5S

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Sikorsky HO5S


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VIDÉO

Démonstration d'un Vertical Hummingbird.
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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.