Sikorsky SH-60 Seahawk

Sikorsky SH-60 Seahawk


Fiche descriptive

Appareil : Sikorsky SH-60 Seahawk
Constructeur : Sikorsky Aircraft
Désignation : SH-60
Nom / Surnom : Seahawk
Code allié / OTAN :
Variante : HH-60, Jayhawk, Bluehawk, Ocean
Mise en service : 1984
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère naval multimission

Histoire

Sikorsky SH-60 Seahawk :
le Blackhawk des mers

A l’aube des années 70, l’US Navy comprit qu’elle devait totalement revoir sa conception de la lutte anti-sous-marine par hélicoptère, cette mission devenant prioritaire aux vues des avancés technologiques réalisées par les ingénieurs soviétiques en matière de submersibles. En effet, les hélicoptères américains de lutte ASM étaient alors de gros et lourds Sea King, des machines plus adaptés aux missions de SAR (Search And Rescue, recherche et sauvetage) qu’aux opérations réellement offensives, et surtout trop volumineux pour opérer correctement depuis le pont des navires de surface de la Flotte. Cependant les amiraux américains avaient commencé à répondre à la question dès le milieu des années 60 avec le Kaman SH-2, un appareil qui se révéla par contre un peu trop léger pour les missions demandant une certaine endurance, et qui ne pouvait pas emporter de système de détection particulièrement sophistiqués. C’est ainsi qu’en 1974, le Department of Defence (DoD) lança le programme LAMPS III (Light Airborn Multi Purpose System, système polyvalent léger aéroporté) autour de l’équipementier IBM-Federal Systems. Il ne restait plus qu’a trouvé l’hélicoptère.

Plusieurs constructeurs se mirent sur les rangs : Bell, Boeing, et Sikorsky. Le premier proposait une version améliorée et remotorisée de son célèbre UH-1H Huey, tandis que les deux autres présentaient des versions dérivées respectivement du YUH-61 et du YUH-60, deux machines rattachées au programme UTTAS. Après quelques hésitations entre les machines de Bell et Sikorsky, ce fut finalement ce dernier qui fut choisi en 1977, notamment grâce à sa communauté de pièces et de systèmes avec l’UH-60 Blackhawk, alors nouvel hélicoptère d’assaut américain. Le nouvel hélicoptère reçu la désignation constructeur de S-70B et la désignation DoD de YSH-60B. Il effectua son premier vol le 12 décembre 1979.

Extérieurement le SH-60B peut aisément être considéré comme une version navale du Blackhawk, mais la comparaison se limite à sa seule esthétique. En effet, le Seahawk, son nom de baptême, est une machine profondément nouvelle, disposant de matériels électroniques top-niveau, et d’une avionique embarquée des plus performantes. Cependant toute médaille ayant son revers, le Seahawk était considéré lors de sa sortie comme une machine excessivement chère. En effet son avionique de combat tournait alors principalement autours du radar AN/APS-124 disposé en intrados de l’appareil, du système de liaison encrypté AN/ARQ-44, d’un sonar à immersion AN/AQS-13, et enfin d’un système de renseignement Sigint-Comint AN/ALQ-142. Tous ces équipements faisaient du Seahawk un des hélicoptères les mieux équipés au monde en matière d’électronique. Il pouvait ainsi détecter plus aisément n’importe quel navire ennemi que toute autre voilure tournante. Cependant les marchés à l’exportation échouaient à d’autres appareils, Agusta-Bell AB-212 et Westland Lynx en tête. L’armement principal de l’appareil était alors la torpille Mark-46.

A partir de 1983, l’US Navy commença à recevoir une version largement amélioré, désignée SH-60F, et dotée d’un système FLIR AN/AAS-44 et d’un détecteur d’anomalie magnétique. Cette nouvelle version fut testé également pour l’emport du missile air surface AGM-84 Harpoon. Néanmoins cette combinaison n’eut aucun succès. Cette année là, peut être grâce à ses succès dans les Falkland, le missile français AM-39 Exocet fut également testé, sans plus de succès. La taille relativement réduite du Seahawk interdisant l’utilisation de missiles antinavire. Pour quelques années encore toutefois. En effet au milieu des années 90, l’US Navy réussit à valider l’utilisation du missile AGM-119 Penguin. Quelques temps plus tard, le missile antichar AGM-114 Hellfire fut même adopté pour des attaques contre les petites embarcations type Zodiac ou contre les petits voiliers.

A partir de 1988, la Navy chercha à acquérir un nouvel hélicoptère de CSAR (Combat Search And Rescue, Resco dans la nomenclature française) afin de prendre le relais de ses vieux HH-1K, des Huey datant des opérations en Asie du sud-est. Evidemment dans un souci de communauté de systèmes le Pentagone se tourna vers Sikorsky afin que l’hélicoptériste adapte le Seahawk aux missions CSAR. C’est ainsi que furent immédiatement commandés 24 HH-60H sous la désignation d’Ocean-Hawk. Cette machine n’était ni plus ni moins qu’un SH-60B vidé de son avionique et de ses systèmes ASM, et sur lequel on avait gréé une mitrailleuse de 7.62mm en sabord, un treuil, et des points d’accrochage pour corde lisse et élingue. Par la suite la commande fut doublée.

Mais la Navy n’est pas le seul service officiel aux Etats-Unis à s’être dotés d’une version navale du S-70. L’US Coast Guard a en 1991, en effet, commencé à recevoir le premier de ses 42 HH-60J Jayhawk de SAR lointaine. Ces appareils servent au sein de la plus part des districts sur l’Atlantique, le Golfe du Mexique mais surtout dans le Pacifique. A la différence des HH-65A, version américanisée du Dauphin français, les HH-60J de l’USCG sont principalement basés à terre et remplissent des missions longues durées. Ils emportent la plus part du temps deux réservoirs auxiliaires de carburant de 870 litres.L’avionique du HH-60J est très différente de celle des autres versions de sauvetage du S-70, faisant de cette machine un des meilleurs hélicoptères au monde dans sa catégorie. Le nez de l’appareil recèle un radar à effet doppler AN/APS-217, mais l’appareil embarque également un GPS différentiel, un FLIR AN/AAQ-15, et un cockpit compatible avec les JVN.

Quelques Jayhawk du 7th CGD participent également à des opérations jugées « plus offensives » dans le cadre des missions de lutte contre les cartels de la drogue dans le Golfe du Mexique. Leur rayon d’action permet à ces appareils de transporter correctement d’éventuels commandos ou membres des forces de police. Dans la région les hélicoptères des Coast Guard opèrent fréquemment en compagnie d’appareils colombiens, français ou hollandais.

Malgré son prix particulièrement prohibitif, le Seahawk a rencontré un certain succès à l’exportation, dans un marché toutefois verrouillé par les Européens, grâce à des commandes en provenances notamment d’Australie (S-70B-2) ou du Japon (SH-60J) pour ne citer qu’eux. La plupart des pays export utilisent leurs Seahawk pour des missions de lutte ASM mais Taiwan a doté ses hélicoptères de la capacité de tirer le missile antinavire italien Sistel Marte, ce pays étant d’ailleurs un des rares à utiliser une version de CSAR navalisée sous la désignation de S-70C Bluehawk.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Sikorsky SH-60B Seahawk
Envergure : 16.36 m (Diamètre du rotor principal)
Longueur : 15.24 m
Hauteur : 5.18 m
Motorisation : 2 turbomoteurs General Electric T700-GE-401C
Puissance totale : 2 x 1980 ch.
Armement : 3 torpilles Mk 46
ou 4 missiles AGM-114 Hellfireou 1 missile AGM-119 Penguin
Charge utile :
Poids en charge : 9927 kg
Vitesse max. : 270 km/h
Plafond pratique : 3580 m
Distance max. : 834 Km
Equipage : 3 ou 4
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Sikorsky SH-60 Seahawk

Profil Couleur

Profil couleur du Sikorsky SH-60 Seahawk

Vidéo

SH-60 se posant sur le pont d'un destroyer

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.