Supermarine Seafire

Supermarine Seafire


Fiche descriptive

Appareil : Supermarine Seafire
Constructeur : Supermarine Aviation Works Ltd.
Désignation :
Nom / Surnom : Seafire
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1942
Pays d'origine : Royaume-Uni
Catégorie : Chasseurs de la guerre 39-45
Rôle et missions : Chasseur embarqué

Histoire

Supermarine Seafire :
bien plus que la version embarquée du Spitfire

C’est au lendemain de la Bataille d’Angleterre, que la Fleet Air Arm commença à vraiment s’intéresser à une version navale du fameux chasseur Supermarine Spitfire. Finalement, un Spitfire Mk-VB fut prélevé sur les stocks de la Royal Air Force et doté d’une crosse d’appontage pour des opérations à bord du porte-avions HMS Illustrious. Désigné Seafire Mk-IA, il mena ses essais entre novembre et décembre 1941, dans un secret quasi total afin de ne pas éveiller l’attention d’une Allemagne nazie dénuée de toute aviation navale. Les essais furent si concluant que rapidement la Royal Navy obtint de l’Air Ministry qu’un lot de 140 Spitfire Mk-V soit transformé en Seafire Mk-IB par l’adjonction d’une crosse et d’un train d’atterrissage renforcé. La verrière fut elle aussi revue et corrigé.

A la différence du Hawker Sea Hurricane, alors principal intercepteur et chasseur de supériorité aérienne de la marine britannique, le Seafire ne fut jamais adapté aux CAM-Ships, ces navires de guerre et/ou de commerce dotés d’une catapulte pneumatique et d’une grue pour l’emploi d’un chasseur de défense rapprochée. De ce fait le Seafire était véritablement un chasseur embarqué.

Mais c’est vraiment à partir du Seafire Mk-IIC que Supermarine entra de plein pied dans la construction de chasseurs embarqués. En effet ceux ci, aux nombres de 372, n’étaient pas des Spitfire modifiés mais bel et bien des appareils conçus comme nouveaux depuis le début. Quelques uns furent plus tard transformés par Westland en Seafire LR-IIC de reconnaissance armé par l’ajout d’un appareil photo et d’une caméra. Ces appareils remplissaient principalement des missions de jour. Lorsque la guerre prit fin en 1945, plus de 2 000 Seafire, d’une douzaine de sous versions différentes, avaient été assemblés et livrés à la Fleet Air Arm.

Parmi les hauts faits d’arme de ces chasseurs Seafire, figurent la couverture aérienne du Débarquement de Provence en août 1944 où les appareils des Squadrons 807, 809, et 879, tous trois embarqués sur le porte-avions d’escorte HMS Khedive combattirent les Focke-Wulf Fw 190 de la Luftwaffe présents dans la région. Si les combats furent âpres, ils tournèrent néanmoins rapidement à l’avantage des Alliés.

Par ailleurs, dès juillet de la même année, les Seafire des Squadrons 808 et 885 réalisaient des missions d’interception de la chasse allemande de jours, mais aussi parfois de nuit. Bien qu’aucun Seafire n’a été doté de radar embarqué. Entre la fin 1944 et mai 1945, les Seafire Mk-15 menèrent de nombreuses missions depuis leurs porte-avions ou depuis des bases à terre contre les batteries de missiles balistiques V2. En effet ces armes représentaient des menaces importantes pour le territoire britannique.

Au lendemain de la fin des hostilités, le Seafire commença peu à peu à laisser place aux Hawker Sea Fury, plus modernes et mieux motorisés. Toutefois le retrait du service du Sea Hurricane offrit au Seafire le rôle de second chasseur embarqué de la Royal Navy et un nombre important de ces avions furent envoyés en extrême orient, et notamment à Singapour et Hong-Kong où la Couronne avaient d’importants besoins en matière de défense. En outre, dans ces territoires passés un temps sous domination nippone, le Royaume Uni avait besoin de redorer son blason de puissance coloniale. Les Seafire volaient souvent aux côtés de Spitfire mais aussi de De Havilland Mosquito de la RAF.

Finalement, les Seafire volèrent dans la Fleet Air Arm jusqu’en 1954, époque à laquelle ne subsistaient que les appareils au standard Mk-47 à moteurs Rolls & Royce Griffon Mk-85 à double hélice contrarotative. Ces derniers Seafire britanniques laissèrent la place en unité à des jets de combat Supermarine Attacker FB Mk-2.

Si pendant la Seconde Guerre Mondiale le Seafire ne fut pas exporté, il en fut autrement par la suite. En effet, la France qui avait obtenu des Alliés la fourniture du porte-avions britannique HMS Colossus, entre temps rebaptisé Arromanche, du nom de la célèbre plage du Débarquement de Normandie, eut la possibilité d’acquérir gratuitement 48 Seafire Mk-III affectés dès mars 1946 aux Flottille 1F et 12F. Ils furent suivis en janvier 1948 d’un second lot de 65 Seafire Mk-III destinés aux Escadrilles 1S, 2S, 3S, 4S, 11S, et 54S. Plusieurs de ces unités furent envoyés en Indochine aux côtés des appareils de l’Armée de l’Air.

En juin 1949, la Marine Nationale eut l’autorisation de mettre en ligne un lot de quinze Seafire Mk-15 bien plus modernes et mieux armés. Pourtant, ni les Seafire Mk-III, ni les Mk-15 ne réussirent à séduire les responsables de la Royale qui considérait ce chasseur comme trop fragile pour les opérations françaises. C’est la raison pour laquelle le dernier Seafire français fut réformé en novembre 1951, laissant définitivement la place à de vieux Grumman F6F Hellcat. Quoi qu’il en soit, le Seafire fut en France le premier avion de chasse embarqué au lendemain de la Libération. On peut donc le considérer comme le lointain ancêtre direct du Dassault Super Etendard ou du Dassault Rafale M.

Appareil au départ un peu bâtard, le Seafire se révéla rapidement être un très bon chasseur, bien qu’il fut éclipsé par l’aura de son « grand frère » terrestre. Mais à l’instar de nombreux autres chasseurs conçus pendant la Seconde Guerre Mondiale, cet avion devint rapidement obsolète. Comme peut en attester l’expérience française en la matière.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Supermarine Seafire Mk-III
Envergure : 11.18 m
Longueur : 9.14 m
Hauteur : 3.40 m
Motorisation : 1 moteur en ligne Rolls & Royce Merlin Mk-55
Puissance totale : 1 x 1470 ch.
Armement : 2 canons de 20mm
4 mitrailleuses de 7.7mm
une bombe de 227 kg
Charge utile :
Poids en charge : 3221 kg
Vitesse max. : 565 km/h à 3750 m
Plafond pratique : 10300 m
Distance max. : 750 Km (sans réservoirs externes)
Equipage : 1
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Supermarine  Seafire

Profil Couleur

Profil couleur du Supermarine  Seafire

Vidéo

Appontage d'un Supermarine Seafire

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.